Aller au contenu

Le problème émergent des chutes de débris de satellites

Interpellation--Débat

24 mars 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour attirer l’attention du Sénat sur le problème émergent des chutes de débris de satellites au Canada, ainsi que sur les défis liés à la congestion orbitale, à la pollution spatiale et à la responsabilité associées aux satellites.

Il y a deux ans, en avril 2024, Barry Sawchuk, un producteur de céréales près d’Ituna, en Saskatchewan, à environ 165 kilomètres au nord-est de Regina, s’est rendu dans ses champs pour mesurer le taux d’humidité du sol.

Il y a trouvé un gros morceau de métal et de fibre de carbone pesant environ 40 kilos et mesurant près de deux mètres de haut. Au début, il ne comprenait pas d’où cela pouvait bien venir, jusqu’à ce que lui et sa famille parviennent à la conclusion improbable — mais juste — qu’il s’agissait de débris spatiaux, plus précisément du coffre d’une capsule Crew Dragon de SpaceX. Il semble que ce coffre ait été éjecté lors de la mission spatiale privée Axiom 3, qui était rentrée dans l’atmosphère au-dessus des Prairies canadiennes en février 2024. Le coffre était censé se désintégrer lors de sa rentrée dans l’atmosphère terrestre. Au lieu de cela, plusieurs morceaux de taille importante ont atterri sur la ferme de M. Sawchuk.

Par chance — et c’était un sacré coup de chance —, personne n’a été blessé, et aucun bien n’a été endommagé. Cependant, M. Sawchuk s’est retrouvé dans un vide juridique. Lorsqu’il a commencé à faire des appels, il s’est rendu compte que personne ne pouvait lui dire comment ces débris s’étaient retrouvés sur sa ferme, s’ils représentaient un risque ou ce qu’il était censé en faire. Il a fini par communiquer avec Mme Samantha Lawler, qui est éleveuse de chèvres et professeure d’astronomie à l’Université de Regina spécialisée en dynamique orbitale. Mme Lawler a appelé tous les ministères et organismes gouvernementaux auxquels elle pouvait penser, en vain.

Alors que la saison des semailles se poursuivait, cinq autres agriculteurs de la Saskatchewan ont trouvé huit morceaux de débris de SpaceX dispersés dans un rayon de 50 kilomètres. Enfin, des employés de SpaceX sont venus récupérer les morceaux de métal et de fibre de carbone sur la ferme de Barry Sawchuk, et l’entreprise lui a versé une somme modeste, dont l’homme a fait don pour la construction d’une nouvelle patinoire.

Le Centre des opérations spatiales du Canada est censé suivre tous les lancements et signaler les risques liés aux débris. Cependant, ce lancement n’a pas été signalé comme une source de risque. C’est uniquement grâce aux médias qu’Affaires mondiales Canada a appris l’existence du problème.

SpaceX était censée informer le gouvernement américain de l’incident, qui, à son tour, devait en informer le Canada, ce qui ne s’est pas produit non plus.

Une fois que le gouvernement a été informé de la chute de débris en Saskatchewan, il s’est acquitté de ses obligations internationales en signalant l’incident aux Nations unies et au département d’État américain. Selon Affaires mondiales, le département d’État a accusé réception de cet avis et l’ONU n’a pas répondu.

En août 2024, Travis Kennedy récoltait des lentilles dans un champ de la ferme familiale, située près de Hodgeville, en Saskatchewan, à environ trois heures d’Ituna, quand il a trouvé un autre type de débris spatial : un panneau d’ordinateur de la taille d’un ordinateur portable. C’était une partie de satellite Starlink qui aurait dû se désintégrer au moment de son entrée dans l’atmosphère. M. Kennedy a renvoyé cette pièce par la poste à l’entreprise d’Elon Musk et a reçu un chèque de 3 900 $ US en remerciement.

En septembre 2025, deux copains de Saskatoon, Cody Koloski et Justin Tan, ont vu des débris en flammes traverser le ciel nocturne de Saskatoon. Eh oui, c’était une fois de plus des déchets de Starlink, cette fois-ci un morceau de satellite en chute libre.

Pourquoi en Saskatchewan, vous direz-vous. Selon un article scientifique récemment publié par Ewan Wright, Aaron Boley et Michael Byers, chercheurs à l’Université de Colombie-Britannique, la majorité des débris spatiaux sont susceptibles de retomber dans les zones situées autour des 50 degrés de latitude nord ou sud, ce qui place une grande partie du Canada en plein dans la ligne de mire. Le Sud de la Saskatchewan se trouve sous l’une des bandes de satellites les plus denses. Ces universitaires estiment que, pour un cycle de retours dans l’atmosphère des satellites Starlink en orbite, la Saskatchewan en comptera probablement 11, tandis que le Canada dans son ensemble en comptera 110.

Il est également possible que nous trouvions simplement davantage de débris en Saskatchewan parce que c’est une région de prairies, de fermes et de ranchs sans relief, et que les débris ne sont pas masqués par les arbres.

Cela dit, un autre incident lié à des débris spatiaux Starlink s’est produit ce mois-ci juste au sud de Calgary. Des fragments qui semblaient provenir du satellite Starlink-1723 ont été aperçus traversant le ciel à toute vitesse.

Lancé en 2020, Starlink-1723 a été mis hors service en 2025 et était depuis lors en cours de désorbitation...

Son Honneur la Présidente [ + ]

Sénatrice Simons, je regrette d’être obligée de vous interrompre. Il est maintenant 16 heures.

Haut de page