Aller au contenu

DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La fête de la République italienne—Le Mois du patrimoine italien

4 juin 2025


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner la fête de la République italienne et le Mois du patrimoine italien en rendant hommage au premier Canadien d’origine italienne à être nommé à cette auguste Chambre.

Il y a une cinquantaine d’années, dans la vénérable enceinte du Sénat du Canada, s’élevait une nouvelle voix qui raisonnait avec passion, avec gratitude et avec un dévouement inébranlable à l’égard de cette riche mosaïque qui constituait la société canadienne. La nomination, par le premier ministre Pierre Elliot Trudeau, du sénateur Peter Bosa à cette auguste Chambre était un jalon important qui soulignait une contribution exceptionnelle au discours sur l’unité nationale.

Dans son premier discours au Sénat, le sénateur Bosa a exprimé avec éloquence et dignité une vision qui célébrait à la fois la diversité et l’identité commune du Canada. Son discours s’inspirait de son expérience en tant qu’immigrant.

Arrivé au Canada en 1948 en provenance du Frioul, en Italie, il a fait part de sa fascination pour la façon dont des personnes de diverses origines arrivaient à coexister dans l’harmonie et à surmonter les querelles historiques qui les avaient divisés en Europe. Dans cette optique, il a présenté le Canada non seulement comme un pays, mais comme un organisme vivant nourri par la multitude de cultures qui contribuaient à son dynamisme.

Ses observations sur son apprentissage de l’anglais avec l’aide d’un Écossais à la base aérienne d’Aviano, dans le Nord de l’Italie, ont montré comment son expérience était intimement liée à l’identité canadienne. Le parcours du sénateur Bosa était typique de celui de nombreux nouveaux arrivants ayant développé un sentiment d’appartenance à l’égard de notre grand pays.

Le sénateur Bosa était mon ami. J’ai suivi ses traces ainsi que celles d’un autre grand sénateur d’origine italienne, le sénateur Consiglio Di Nino. Ces deux hommes étaient aux antipodes de l’échiquier politique, mais ils partageaient un parcours de bonté et un respect mutuel. J’ai eu l’honneur de servir à leurs côtés pendant les années initiales de Villa Charities, qui est aujourd’hui la plus grande association d’organismes de bienfaisance italiens.

Le sénateur Bosa a toujours parlé du rôle crucial du multiculturalisme, une politique qu’il considérait comme essentielle pour favoriser l’unité dans une société pluraliste. Selon lui, le multiculturalisme ne devait pas être perçu comme une source de division, mais plutôt comme un moyen d’enrichir le paysage culturel du Canada. Soulignant que le multiculturalisme était au service de tous les Canadiens, il a exhorté tout un chacun à souscrire à cette identité commune qui transcende les origines ethniques individuelles. Pour lui, le multiculturalisme n’était pas une simple politique; c’était un principe fondamental qui conférait à chacun dignité et appartenance, et qui renforçait son engagement envers l’avenir du Canada.

Les idées du sénateur Bosa m’ont tout particulièrement interpellé; elles faisaient souvent ressortir l’importance de reconnaître toutes les contributions culturelles comme faisant partie intégrante de l’identité collective canadienne. Il insistait toujours sur la nécessité de l’inclusion, affirmant que la compréhension et l’acceptation des différentes origines mènent à une nation plus forte et plus unie. Son appel au respect et à l’appréciation de chaque culture n’était pas seulement un plaidoyer pour la tolérance, mais une vision pour le progrès collectif dans un monde souvent en proie à la division et aux conflits. Le sénateur Bosa défendait un Canada où les différences n’étaient pas seulement tolérées, mais chéries.

C’était il y a 50 ans, mesdames et messieurs. Le mois de juin étant le Mois du patrimoine italien, je suis honoré d’avoir l’occasion de rendre hommage à l’héritage du sénateur Peter Bosa.

Grazie. Merci. Meegwetch.

Haut de page