L’industrie de la pêche au Nouveau-Brunswick
Déclarations de sénateurs
14 juin 2018
L’honorable Sénateur René Cormier :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage aux travailleuses et aux travailleurs du secteur de la pêche de la péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.
Comme nous le savons, à la suite de la confirmation de la présence de baleines noires dans les eaux de l’Atlantique Nord, le gouvernement fédéral a dû prendre la difficile décision de fermer temporairement certaines zones de pêche. Le lundi 11 juin, le ministère des Pêches et des Océans a transmis un avis de fermeture temporaire de 10 zones de pêche en raison de la présence de trois baleines noires au large, à l’est de l’île de Miscou, dans la péninsule acadienne.
Selon une étude publiée en mars 2010 par l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, on estime que, à elle seule, l’industrie du homard aurait une incidence de 53 millions de dollars sur le produit intérieur brut du comté de Gloucester, de 264,9 millions de dollars sur celui du Nouveau-Brunswick, et de 691,6 millions de dollars sur celui du Canada.
De plus, selon l’Union des pêcheurs des Maritimes, la fermeture de ces zones de pêche va faire perdre environ 3 millions de dollars par jour à l’ensemble de l’industrie.
Honorables collègues, vous comprenez donc que cette situation crée beaucoup d’incertitude financière dans une région déjà fragile sur le plan économique. Les commerçants, les entrepreneurs et les citoyens sont inquiets, et cela est compréhensible.
Aujourd’hui, je pense surtout aux travailleurs et travailleuses d’usine. Je pense à ces femmes et à ces hommes qui travaillent souvent dans des conditions difficiles, qui se retrouvent en situation de précarité en raison du fameux « trou noir », et qui dépendent de cette industrie pour assurer le bien-être de leurs familles.
Normalement, les employés d’usine peuvent travailler des semaines de 50, 60, et même 70 heures pendant la saison de la pêche. Ce sont les revenus que génèrent ces longues heures de travail et les prestations d’assurance-emploi qu’ils reçoivent pendant l’hiver qui leur permettent de faire vivre leur famille.
Toutefois, cette année, les employés d’usine ont eu de la difficulté à travailler même 30 heures par semaine. Ainsi, même s’ils ont droit à une exemption et qu’ils sont admissibles à l’assurance-emploi, ils seront grandement touchés par la perte du revenu lié à la baisse du nombre d’heures travaillées.
Cette situation est d’autant plus difficile pour cette catégorie de travailleurs qui œuvrent souvent dans des conditions dommageables pour leur santé.
Comme le relatait le journaliste Jean-Marc Doiron, dans l’édition du 8 mars 2016 du quotidien l’Acadie Nouvelle, et je cite :
Avec les mains et les pieds mouillés, les travailleurs œuvrent sur un plancher de ciment pendant au moins 10 heures par jour durant la saison de pointe, y compris les samedis et les dimanches.
Arthrite, rhumatismes, problèmes de dos et de jambes... Voilà à quoi peuvent s’attendre les employés d’usines de transformation de fruits de mer à la fin d’une longue carrière dans le domaine.
La majorité des employés canadiens des usines de transformation seraient âgés de plus de 50 ans, et ce sont souvent des femmes qui occupent ces postes.
En plus de ces conditions de travail difficiles, les travailleuses et travailleurs d’usine de la péninsule acadienne doivent aujourd’hui faire face à beaucoup d’incertitude en ce qui concerne leur emploi et leur capacité de cumuler suffisamment de semaines pour obtenir de l’assurance-emploi.
Merci d’appuyer les travailleurs et travailleuses de la péninsule acadienne.