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Déclaration de sénateurs

La bataille de Passchendaele

22 novembre 2017


L’honorable Sénateur René Cormier :

Honorables collègues, servir son pays comme on se dévoue à son amour ou à sa famille; donner le meilleur de soi-même aux femmes et aux hommes qui habitent ce territoire qui est le nôtre; faire le sacrifice ultime, donner sa vie ou perdre celle de son fils ou de sa fille, de son mari ou de son épouse, pour que ses compatriotes aient une vie meilleure, voilà les pensées qui m’habitent ces jours-ci dans cette enceinte.

Il y a une dizaine de jours, j’ai eu le privilège de représenter le Sénat du Canada aux activités commémoratives soulignant le 100e anniversaire de la bataille de Passchendaele, en Belgique.

En compagnie de collègues de l’autre endroit, de jeunes Canadiens, de soldats et d’anciens combattants, j’ai eu le grand honneur de poser le pied là où de nombreux Canadiens sont décédés pour la paix pendant la Grande Guerre.

Les soldats canadiens qui ont participé à la bataille de Passchendaele ont surmonté des difficultés inimaginables pour remporter la victoire sur ce champ de bataille brutal et boueux. Plus de 4 000 Canadiens et Canadiennes y sont morts et près de 12 000 autres y ont été blessés. Il faut beaucoup de courage, de compassion et d’amour pour servir ainsi son pays.

Aujourd’hui, je tiens à rendre hommage à Alex Decoteau, premier policier autochtone du Canada et soldat cri qui a participé à la Première Guerre mondiale, ainsi qu’à Mme Colleen Fitzpatrick, mère d’un soldat défunt nommée Mère de la Croix d’argent en 2016, qui était également avec nous en Belgique. Son fils, Darren, est décédé il y a quelques années en Afghanistan, et depuis elle transforme de manière remarquable cette tragédie en action positive pour sa communauté.

Il y a quelques jours à peine, nous perdions l'un de nos chers collègues, l’honorable Tobias C. Enverga, Jr. L'un de ses compagnons de voyage en Colombie a dit ce qui suit à son sujet, et je cite :

C’était une personne toujours souriante et qui mettait beaucoup d’efforts dans son travail. C’était un joyeux soldat qui travaillait dur dans les tranchées.

Pour lui, pour sa famille et pour tous ceux et celles qui ont le service public tatoué sur le cœur, je termine avec ces quelques vers du Canadien John McCrae, car l’art, en tout temps, est un formidable véhicule de mémoire et un baume pour le cœur et l’âme :

Au champ d’honneur les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix. Et dans l’espace
Les alouettes, devenues lasses,
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encore
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.

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