Déclarations de sénateurs
Sandra Le Couteur
13 février 2018
L’honorable Sénateur René Cormier :
Honorables sénatrices et sénateurs, je profite de la présence à la tribune de l’artiste acadienne Sandra Le Couteur pour souligner la contribution exceptionnelle de cette artiste à la préservation, à la promotion et à l’animation de notre patrimoine culturel et, plus particulièrement, de notre patrimoine bâti.
La valeur de ce patrimoine bâti vient de ce qu’il nous rappelle la vie et l’histoire de ceux et celles qui ont bâti le Canada. Ses éléments constituent des lieux d’apprentissage pour tous les Canadiens, qu’ils soient jeunes ou vieux, nouvellement arrivés au pays ou établis de longue date. Ils constituent également une source de revenu touristique pour les collectivités et aident à préserver l’environnement en tirant profit des structures existantes.
Une petite île appelée Miscou se trouve à la bordure de la péninsule acadienne, sur la côte nord-est du Nouveau-Brunswick. Miscou est un mot mi’kmaq qui signifie « terre basse ou sol humide » et qui a été mentionné pour la première fois dans les comptes rendus des voyages de Samuel de Champlain remontant au XVIIe siècle.
Avec l’humour qu’on lui connaît, Mme Le Couteur, celle qu’on appelle affectueusement chez nous « la demoiselle du traversier », dira plutôt que Miscou signifie « l’endroit où les oiseaux virent de bord », car l’île est située au bout du continent.
Honorables collègues, c’est à cet endroit que se trouve le mythique phare de l’île Miscou.
Reconnu par le Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine, ce phare a été construit en 1856 à l’extrémité nord-est du Nouveau-Brunswick, qui donne sur la baie des Chaleurs.
Le phare de l’île Miscou a une valeur historique inégalée, notamment parce que la tour de bois a une forme octogonale tout à fait originale. Les touristes et les gens du coin peuvent aussi manger au restaurant ou profiter de l’aire de repos sur place.
Ce qu’ignorent les touristes et les citoyens de la région qui y viennent nombreux chaque été, c’est que ce phare a bien failli disparaître. Fermé pendant 10 ans, il a été sauvé grâce à des historiens passionnés et à des bénévoles dévoués, comme l’artiste Sandra Le Couteur, qui a redonné au phare sa lumière et sa voix. Grâce à son inlassable détermination, soutenue par son mari et gérant, Alyre Robichaud, et tout en poursuivant sa carrière musicale au sein de la francophonie et dans le monde, cette chanteuse, poète, comédienne et conteuse, une des voix les plus vibrantes de l’Acadie, a contribué à sauvegarder cet édifice.
D’ailleurs, elle anime aujourd’hui ce lieu qui fait partie intégrante du patrimoine bâti de l’Acadie, du Nouveau-Brunswick et du Canada. Le phare de Miscou est devenu grâce à elle un lieu de diffusion culturelle estival unique permettant aux Canadiens et Canadiennes de voir et d’entendre des artistes de l’Acadie et de la francophonie. Chaque été depuis maintenant 10 ans, sous la direction artistique de Mme Le Couteur, la série de spectacles « Voir Miscou et mourir » permet à des artistes acadiens et de la francophonie d’investir ce petit phare et d’y rencontrer un public local et touristique ravi et sous le charme de ce lieu unique, à proximité de l’océan Atlantique.
Merci, madame Le Couteur, de votre inestimable contribution à la préservation, à la promotion et à l’animation de ce lieu historique inspirant. Nous sommes heureux de vous avoir remis aujourd’hui la médaille du 150e anniversaire du Sénat afin de souligner votre inestimable contribution aux efforts en vue de garder vivante l’histoire de l’Acadie et du Canada. Je vous remercie.