Déclarations de sénateurs
Le décès de Kim Renders
4 décembre 2018
L’honorable Sénatrice Mary Coyle :
Chers collègues, les drapeaux du Canada ont été mis en berne le 17 juillet au Centre national des Arts à Ottawa et le 19 juillet à l’Université Queen’s pour honorer le décès d’une artiste canadienne légendaire, une brillante pionnière du théâtre canadien, une professeure bien-aimée, une adversaire infatigable et créative du patriarcat : Kim Renders.
Kim a été une amie à l’école secondaire et je me souviens de son talent tout à fait hors du commun. Elle était aimée et admirée par ses camarades de classe et moi. Sa performance dans la pièce Chamber Music — elle incarnait Jeanne d’Arc —, primée lors du Festival national d’art dramatique, laissait présager tout le talent de cette femme exceptionnellement inventive. Éternelle pionnière, Kim a fait partie, en 1979, des membres fondateurs du Nightwood Theatre, la plus ancienne troupe de théâtre professionnelle féministe au Canada. Scénariste, metteuse en scène, actrice, musicienne et conceptrice, Kim a travaillé à Toronto au Factory Theatre, au Tarragon Theatre, à la Canadian Stage Company, au Volcano Theatre, au Theatre Direct et au Nightwood Theatre.
Kim a porté à la fois le chapeau d’actrice et de metteuse en scène dans des théâtres partout à travers le pays, dont le Belfry Theatre à Victoria, le Royal Manitoba Theatre Centre, le Grand Theatre de London, le Grand Theatre de Kingston, l’Université de Guelph, l’Université de Waterloo, l’Université Queen’s et le LSPU Hall de St. John’s, à Terre-Neuve.
Son spectacle solo Motherhood, Madness and the Shape of the Universe, sur la maternité, la folie et la forme de l’univers, a été présenté un peu partout au Canada et en Grande-Bretagne, avant d’être adapté pour la radio de CBC. Kim Renders a été nommée membre honoraire de l’Association canadienne de la recherche théâtrale, et, en 1995, elle a reçu le prix Maggie Bassett, décerné par Theatre Ontario, pour son service distingué.
« Allez à cet endroit qui vous terrifie. Tenez-vous debout et respirez. Puis, faites tomber cette terreur, morceau par morceau. » Voilà ce que Kim Renders invitait ses chers étudiants à faire, leur lançant le défi, lorsqu’elle enseignait à l’Université Queen’s et à celles de Guelph et de Waterloo. Kim n’a jamais cessé d’abattre des obstacles, internes ou sociaux, que ce soit auprès des détenus dans un établissement correctionnel fédéral, ou d’artistes locaux et de groupes communautaires réunis par la compagnie de théâtre féministe et gaie Chipped Off Performance Collective, de Kingston.
Kim se décrivait elle-même comme une optimiste qu’on avait qualifiée par erreur de pessimiste. Elle était une militante passionnée. Sa détermination à améliorer le sort des autres était communicative. Tove Jansson a dit ceci :
Le théâtre est le type de maison le plus important au monde, parce que c’est là où on montre aux gens ce qu’ils pourraient être s’ils le souhaitent, et ce qu’ils aimeraient être s’ils osaient essayer, et ce qu’ils sont vraiment.
Kim comprenait le pouvoir du théâtre. Sa chère famille, ses amis stupéfaits, ses étudiants adorés et le milieu théâtral tout entier se souviendront de cette femme unique qui était une véritable force de la nature. Comme le dit la notice nécrologique, « On se souviendra de Kim Renders pour son art, sa fougue et pour l’influence qu’elle a eue sur tous ceux qui ont eu la chance de la connaître ». Je me réjouis d’avoir eu la chance d’être de ce nombre.