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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La lutte contre la haine

9 mars 2026


Honorables sénateurs, il y a quelques semaines, mon collègue qui siège généralement juste devant moi, le sénateur Tony Ince, de la Nouvelle-Écosse, a placé une épinglette du Mois de l’histoire des Noirs sur mon veston. Le même jour, l’écran de mon téléphone a été assailli par le compte de médias sociaux du président américain. Il affichait une photo de Barack et Michelle Obama ressemblant à des singes.

Face à ce genre de pornographie politique, je choisis de ne pas haïr ceux qui déshumanisent et d’aimer ceux qui sont déshumanisés. Je choisis d’aimer les sénateurs Ince et Burey, membres du Groupe des sénateurs canadiens, ainsi que la sénatrice Gerba, membre du Groupe progressiste du Sénat, avec qui j’ai l’honneur de siéger au Comité des affaires étrangères.

Ce n’est pas par altruisme que je refuse de haïr ceux qui déshumanisent pour plutôt aimer ceux qui sont déshumanisés : je le fais pour mon propre bien. Mes voisins savent que je suis l’enfant de survivants de l’Holocauste, et ils m’ont entendu dire, à plusieurs reprises, que même si je ne suis jamais allé à Auschwitz, Auschwitz a toujours été en moi. Bien avant que mes grands-parents ne montent dans un wagon à bestiaux à destination de l’enfer, les films de propagande nazie — la pornographie nazie — dépeignaient les Juifs comme de la vermine. La déshumanisation des Juifs a facilité le développement d’un enthousiasme pour leur extermination.

À l’époque où j’animais une tribune radiophonique nationale aux États-Unis, Joshua, un homme qui venait de la Géorgie, a appelé pour me dire que les Noirs américains ne pourraient jamais être de véritables Américains. Je lui ai demandé s’il m’aimait et il m’a répondu : « Oui, j’écoute votre émission tous les jours, du début à la fin, pendant trois heures. Je vous aime, Chuck. » J’ai lui ai alors dit :

Je vous aime aussi. Merci de votre fidélité. Je vous aime tellement que désormais, chaque fois que vous m’écouterez à la radio, je veux que vous pensiez à moi comme si j’étais Noir. Considérez-moi comme un homme noir, Joshua.

Des années plus tard, au Canada, je disais aux gens qui m’écoutaient d’un bout à l’autre du pays que s’ils détestaient les Noirs, ils devaient me voir comme un Noir. S’ils détestaient les Autochtones, ils devaient me voir comme un Autochtone. Il en allait de même pour les gais, les Palestiniens, les juifs, les musulmans, les sikhs et les hindous. Je disais à mes auditeurs que s’ils détestaient les femmes, ils devaient me voir comme une femme.

Il y a 22 ans, une femme juive ressentait de vives douleurs à la poitrine, et le chirurgien chargé de son cas était musulman. Sa meilleure amie lui a dit : « Tu ne peux pas remettre ton cœur entre les mains d’un musulman. » La femme juive a répondu, comme l’aurait fait Barack Obama, en disant : « Oui, je le peux. » Cette femme, c’était ma mère. Le Dr Mohamed lui a sauvé la vie. Je pense à lui avec gratitude chaque jour où j’ai la chance de siéger à un comité aux côtés du Dr Mohamed Ravalia, le sénateur Ravalia.

Il y a trois jours, à Chicago, ont eu lieu les funérailles de Jesse Jackson, mieux connu pour ses paroles : « Je suis quelqu’un. Je suis peut-être pauvre, mais je suis quelqu’un. » Ces mots m’ont touché il y a quarante ans et, de nouveau, il y a quatre jours. Je suis quelqu’un. Je ne suis pas de la vermine, mes voisins ne sont pas des singes et je ne peux pas aimer le Canada sans aimer tous les Canadiens, lesquels sont représentés par toutes les personnes réunies dans cette enceinte et qui, Dieu merci, ont profondément à cœur les principes d’égalité et de dignité humaine. Merci. Meegwetch.

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