DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador
2 décembre 2025
Honorables sénateurs, j’ai le privilège de prendre la parole aujourd’hui pour saluer et féliciter le gouvernement du Nunatsiavut à l’occasion du vingtième anniversaire de l’Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador. Ce traité moderne demeure l’une des réalisations les plus importantes dans l’histoire des droits des Autochtones au Canada et un accomplissement remarquable pour les Inuit du Labrador.
Pendant des milliers d’années, les Inuit du Labrador ont vécu des terres et des eaux du Nord du Labrador, dont ils ont pris soin et dont ils ont tiré leur prospérité. La colonisation a entraîné de profonds bouleversements, notamment les réinstallations forcées des années 1950, qui ont arraché des familles à leur milieu et causé des dommages durables. C’est à cause de ces injustices que les Inuit du Labrador se sont organisés et ont entamé un combat résolu et de longue haleine pour faire reconnaître leurs droits.
Après des décennies d’efforts, l’association des Inuit du Labrador en est arrivée à un accord définitif avec Terre-Neuve-et-Labrador et le Canada. Le traité a été signé à Nain le 22 janvier 2005 et est entré en vigueur le 1er décembre, créant le gouvernement du Nunatsiavut. Il a confirmé le droit à la propriété des Inuit sur leurs terres, leurs droits de récolte et leur responsabilité commune dans la gestion de la région connue sous le nom de Nunatsiavut, ce qui signifie « notre belle terre ».
Cet anniversaire est un hommage aux dirigeants et aux membres des communautés qui ont été porteurs de cette vision pendant des générations. Les traités modernes comme celui-ci ne sont pas symboliques. Ce sont des engagements constitutionnels qui définissent nos relations, guident nos responsabilités et représentent la réconciliation par l’action.
Cependant, les anniversaires nous rappellent également le travail qu’il reste à faire.
Vingt ans plus tard, les Inuit du Labrador continuent de vivre dans certaines des pires conditions de logement du pays. La défenseure fédérale du logement a signalé que de nombreuses habitations ne disposent pas d’eau potable ni d’installations sanitaires, sont envahies par la moisissure et sont surpeuplées. En fait, 78 % d’entre elles nécessitent des réparations importantes. Ces conditions sont dues à l’inaction prolongée des gouvernements fédéral et provincial.
Les Inuit du Labrador doivent également faire face au prix plus élevé qu’ailleurs de la nourriture et du carburant, à des infrastructures aéroportuaires inadéquates et à des menaces environnementales comme le déclin de la harde de caribous. Parallèlement, le Nunatsiavut doit lutter contre des groupes illégitimes qui revendiquent faussement une identité autochtone, détournant ainsi des ressources qui devraient servir aux gouvernements autochtones reconnus. Cette situation nuit à l’intégrité des relations fondées sur les traités du Canada et constitue un obstacle sérieux à la réconciliation.
Comme l’a dit le président Johannes Lampe :
Depuis des millénaires, les Inuit du Labrador prospèrent grâce aux liens profonds qu’ils entretiennent entre eux, ainsi qu’avec la terre, la mer et les animaux. Ces relations ont façonné notre identité et renforcé notre sens de la communauté, nous rendant dynamiques, ingénieux, déterminés et fiers.
Nous croyons en la sagesse de nos aînés et en la créativité de nos jeunes. Nous chérissons notre culture, notre langue et nos traditions uniques, et la transmission de nos histoires entre nous et avec le monde entier est une source de force.
Ces mots touchent le cœur du Nunatsiavut et témoignent de la promesse durable de ce traité. Ils rendent hommage aux relations profondes qui ont soutenu les Inuit du Labrador depuis des temps immémoriaux et véhiculent la résilience, la vision et l’espoir qui guideront les générations futures.
En ce vingtième anniversaire, puisse cette célébration rendre hommage à tous ceux qui ont fait avancer ce traité, et puisse-t-elle également renforcer la détermination à le mettre pleinement en œuvre et à soutenir la croissance continue de l’autodétermination des Inuit pour les générations à venir. Quyanainni, mahsi, koana, merci.