DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'accès à l'eau potable
14 avril 2026
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour aborder la question de la salubrité de l’eau potable dans les Territoires du Nord-Ouest.
En novembre 2025, l’administrateur en chef de la santé environnementale a avisé tous les résidants de Hay River, d’Enterprise, de la Première Nation Kátł’odeeche et de Kakisa de prendre des précautions lors de l’utilisation de leur eau. J’étais sur place au moment où l’avis de faire bouillir l’eau était en vigueur. On m’a dit que si je prenais une douche, je devais le faire rapidement et laisser une fenêtre ouverte. La température était inférieure à −20 degrés Celsius.
Cet incident a incité les autorités à examiner de plus près la salubrité de l’eau dans les Territoires du Nord-Ouest, ce qui a conduit à des conclusions alarmantes. J’ai commencé à m’informer sur les trihalométhanes, ou THM, un sous-produit chimique qui se forme lorsque le chlore utilisé pour désinfecter l’eau réagit avec des matières organiques naturelles. À Hay River, le taux moyen de THM au cours de l’année écoulée a dépassé la limite nationale de 100 microgrammes par litre. D’autres avis, notamment à Fort Liard, montrent qu’il ne s’agit pas de cas isolés, mais qu’ils s’inscrivent dans un contexte plus large de préoccupations liées à l’exposition aux produits chimiques.
De plus, Santé Canada a indiqué que des données sur la surveillance des THM sont disponibles dans toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception des Territoires du Nord-Ouest. Cela soulève des questions cruciales : comment pouvons-nous évaluer la sécurité lorsque les données sont incomplètes? Comment peut-on prétendre à la sécurité lorsqu’on ne la mesure pas de façon régulière?
Ces préoccupations sont renforcées par les récentes découvertes concernant le plomb. Des analyses effectuées récemment dans des écoles et des édifices publics de nombreuses collectivités des Territoires du Nord-Ouest — dont Yellowknife, Fort Smith, Aklavik, Tsiigehtchic, Behchokǫ̀ et Fort Simpson — ont révélé dans ces établissements des taux élevés de plomb qui, dans certains cas, atteignent jusqu’à 20 fois le taux maximal acceptable établi par Santé Canada, et les écoles de Fort Liard et Sachs Harbour ont été ajoutées à la liste hier.
Il y a aussi des risques microbiologiques. À Ulukhaktok, l’analyse de l’eau de source non traitée a permis de détecter des coliformes à un nombre le plus probable de 2 par 100 microgrammes le litre. Pour que le taux soit acceptable, Santé Canada exige des niveaux non détectables.
À Sachs Harbour, un avis de faire bouillir l’eau a été émis en février 2026 à la suite d’une défaillance du système de traitement des eaux de la collectivité causée par le gel du système de captage et des infrastructures défaillantes.
L’ensemble de ces découvertes touchent au moins 12 des 33 collectivités des Territoires du Nord-Ouest, ce qui montre que ces problèmes ne sont pas isolés, mais généralisés et récurrents. Récemment, le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 20,1 millions de dollars pour une nouvelle usine de traitement des eaux à Hay River. Cet investissement est le bienvenu et il est nécessaire, mais il souligne également que ces problèmes ne sont pas isolés, mais persistants et systémiques. Les collectivités dont les systèmes sont sous-financés ne sont pas confrontées qu’à un seul risque; elles doivent composer avec de multiples risques en même temps.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, les risques liés à l’eau potable ne peuvent être dissociés du contexte général caractérisé par des infrastructures insuffisantes et désuètes. Cette situation met en évidence un problème plus vaste : un système sous pression, où les risques sont non seulement présents, mais aussi de plus en plus difficiles à détecter, à gérer et à prévenir. Dans ces conditions, le gouvernement fédéral doit faire plus que simplement reconnaître le problème. Il doit continuer à combler les lacunes du système, veiller à ce que les collectivités soient informées et fournir les ressources nécessaires pour surveiller, atténuer et, à terme, éliminer ces risques.
Merci, quyanainni, mahsi.