DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages
L'honorable Stan Kutcher
7 mai 2026
Honorables sénateurs, j’ai l’immense privilège, au nom du Groupe des sénateurs indépendants, de rendre hommage au sénateur Stan Kutcher. Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement une carrière remarquable, mais aussi un homme d’une grande humanité qui a un don rare, celui de connecter avec les autres et de tisser des liens authentiques avec eux.
Psychiatre et professeur de renom, le sénateur Kutcher a su insuffler une rigueur essentielle au travail législatif. Il nous a rappelé qu’il faut comprendre avant de juger et que, sans analyse rigoureuse, il ne saurait y avoir de décisions éclairées. Il a toujours insisté sur la nécessité de surmonter les préjugés, de remettre en question ce que l’on tient vrai et de se fier aux faits.
De commerce agréable et hautement passionné, le sénateur Kutcher combine rigueur intellectuelle et sens de l’humour, même quand il aborde les sujets les plus graves. La faculté qu’il a de faire le pont entre les connaissances et les gens en a fait l’une des voix les plus respectées de notre assemblée.
Pendant les huit ans qu’il a passé au Sénat, il a défendu les jeunes et la santé mentale avec fougue et il a contribué à plusieurs grandes discussions nationales, comme celles sur la prévention du suicide et l’aide médicale à mourir. Il a été au premier plan de la lutte contre la mésinformation, notamment par l’entremise de LaScienced’Abord.
Il a aussi montré tout son attachement pour l’Ukraine en puisant dans ses racines familiales pour trouver des moyens d’agir concrètement et en défendant haut et fort la liberté et la dignité du peuple ukrainien.
Sénateur Kutcher, votre voix, votre esprit et votre sagesse continueront de trouver écho dans nos travaux. Votre voix nous rappellera en outre que, quand elle est à son meilleur, la politique est ancrée dans la curiosité intellectuelle, la compassion, le courage de faire les choses autrement et, bien entendu, une touche d’humour. Ces jours-ci, vos réflexions sur l’importance de la démocratie et le bien-fondé d’un Sénat indépendant continueront certainement de résonner en ces murs.
Au nom de votre famille du Groupe des sénateurs indépendants, veuillez accepter nos remerciements les plus sincères et les plus chaleureux. Votre dévouement nous a touchés d’une manière qui va bien au-delà de votre contribution exceptionnelle à notre institution. Chacun et chacune de nous avons été enrichis par votre présence, votre générosité et votre dévouement sans faille.
Vous êtes une des rares personnes dont la bienveillance et l’intégrité laissent une impression durable non seulement sur les endroits qu’elles fréquentent, mais aussi sur les gens qui ont la chance de les connaître et de travailler avec elles.
Vous allez nous manquer, mon cher Stan.
Honorables sénateurs, dans le bureau de Stan Kutcher, il y a un encadré dans lequel on peut lire ces mots : « Les eaux tranquilles ne font pas les marins habiles. » Stan a navigué un bon bout de temps dans les eaux parfois animées du Sénat et il met maintenant le cap sur son foyer pour retrouver sa famille.
Je tiens aujourd’hui, au nom du Bureau du représentant du gouvernement, à lui exprimer notre gratitude pour le périple qu’il a fait avec nous.
Dès l’arrivée du sénateur Kutcher au Sénat, en même temps que les sénatrices Moodie et Anderson et que moi-même, nous avons pu constater son immense souci des autres. L’ancienne députée Ya’ara Saks et lui ont créé le Guide sur la santé mentale à notre intention — c’est-à-dire pour nous, oui, mais aussi pour les parlementaires de l’autre endroit et, surtout, pour notre personnel.
Ce que laisse Stan au Parlement dépasse largement ce simple guide. Son mentorat et les gentils conseils qu’il donnait aux jeunes, aux employés et aux nouveaux parlementaires vont leur être utiles pour le reste de leur carrière, et ils nous aideront aussi à mieux comprendre, nous, Canadiens et parlementaires, que la santé mentale fait partie intégrante de la santé.
En plus de savoir naviguer dans le domaine de la santé mentale, Stan Kutcher sait aussi apprécier notre vaste pays. Dans la salle d’attente, avant d’entrer au Sénat pour la première fois, j’ai dit à Stan que je venais du Yukon. J’avais déjà beaucoup de respect pour ses immenses compétences en matière de soins. Il m’a alors rappelé l’étude qui avait été publiée dans le Canadian Journal of Community Mental Health, « Do National Frameworks Help in Local Policy Development? Lessons from Yukon about the Evergreen Child and Youth Mental Health Framework », au terme de ses travaux à l’Université Dalhousie.
Sénateur Kutcher, vous travaux et vos paroles continuent de porter fruit aux quatre coins du Canada et, ici même, au Sénat. Permettez-moi de citer ces mots, que vous avez déjà prononcés dans notre enceinte :
Plutôt, je vois notre pays comme une tapisserie. Chaque fil unique est tissé avec de nombreux autres fils uniques. Chaque fil renforce les autres et, à son tour, est renforcé par les autres. Ces fils nous maintiennent ensemble plutôt que de nous séparer. Ce sont les liens qui nous unissent.
Sénateur Kutcher, le fil que vous avez tissé dans la tapisserie rouge du Sénat est de multiples couleurs, mais il est surtout bleu et jaune. Vous avez été un défenseur acharné de l’Ukraine, et nous partageons votre douleur. Vous nous avez exhortés à en faire davantage. Nous vous avons entendu. Votre appel à soutenir l’Ukraine trouve des échos.
Dans tout ce qu’il a entrepris, que ce soit pour se porter à la défense de l’Ukraine, pour lutter contre les maladies tropicales négligées, pour aider les familles à trouver la quiétude pendant les derniers moments de vie de leurs proches ou pour partager ses compétences par le mentorat, le sénateur Kutcher a toujours fait preuve d’une force morale inébranlable. Quand le devoir nous appelait, Stan Kutcher se tenait toujours debout pour nous rappeler — à nous, ses collègues et ses concitoyens — que nous avions une rigueur morale et éthique à respecter et que nos actes avaient le pouvoir d’améliorer le monde. Il n’a jamais perdu espoir et il ne s’est jamais défilé. Au contraire, quand la mer se déchaînait, il nous a tous aidés à devenir de meilleurs marins.
Alors que vous vous apprêter à gagner le rivage auprès de votre famille, Stan, les sénateurs et tous les Canadiens vous remercient des services que vous avez rendus à votre pays, et ils sont aussi reconnaissants à vos proches de vous avoir partagé avec eux.
Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage, au nom du caucus conservateur, à un médecin, à un savant, mais par-dessus tout, à un grand défenseur de la santé mentale des jeunes, le sénateur Stanley Kutcher.
Bien des gens connaissent le sénateur Kutcher pour sa carrière distinguée en psychiatre et pour son militantisme en faveur de la santé mentale et de la dignité des jeunes. Certains le connaissent peut-être aussi pour son goût pour les arts — une chose que nous avons en commun, d’ailleurs. Ici au Sénat, nous le connaissons aussi pour la manière dont il défend ardemment l’Ukraine et les Ukrainiens qui ont été forcés de quitter leur domicile. Le trait de caractère que nous retiendrons de lui, cela dit, fait peut-être moins de bruit, mais il n’en est pas moins extraordinaire. Personnellement, je me souviendrai de sa bienveillance et de la manière dont il sait écouter, analyser et répondre, dans le calme et le respect.
Le sénateur Kutcher et moi avons eu un échange cette semaine. Comme beaucoup d’autres ici, j’ai trouvé en lui un interlocuteur prêt à écouter avant de parler. Rien ne pressait et jamais il n’a tenté de dominer la conversation. J’ai plutôt eu affaire à un homme patient, pondéré et animé d’un sincère désir d’aider. Je ne sais pas comment il a fait, mais à la fin de la conversation, il avait réussi à calmer mes appréhensions. Quel don rarissime.
Dans un endroit aussi exigeant que notre assemblée, où les gens font souvent leurs affaires discrètement, le sénateur Kutcher a toujours été quelqu’un vers qui on pouvait se tourner. Il répond aux autres avec assurance et compassion, souvent loin des yeux du public. Cette générosité tranquille a touché plus de gens qu’il ne le croit.
Chers collègues, les services rendus à la population canadienne ne se mesurent pas seulement aux paroles prononcées ou aux mesures proposées. Parfois, ils se mesurent aux fois où une personne en a aidé une autre lors d’une journée difficile. Pour bon nombre d’entre nous, c’est ce qu’a fait le sénateur Kutcher.
Il y a quelques jours, je suis revenue du Pakistan avec quelques chapeaux traditionnels, des pakols, que j’y avais achetés. On les donne aux gens à qui on veut rendre hommage. J’en ai donné un au sénateur Kutcher. Sénateur, je voulais alors vous rendre hommage et je le fais encore aujourd’hui.
Alors que vous entamez un nouveau chapitre de votre vie, je tiens à vous dire à quel point votre sagesse, votre compassion et votre force tranquille nous ont été précieuses. Vous nous manquerez beaucoup.
Je vous remercie.
Honorables sénateurs, un dimanche après-midi pendant la campagne électorale fédérale de 2021, voilà qu’on sonne à la porte. C’était au beau milieu d’une averse d’avril — d’autres diraient un déluge. Lorsque j’ai ouvert la porte, j’étais un peu soulagé que ce ne soit pas des Témoins de Jéhovah. C’était plutôt deux politiciens complètement trempés : l’ancien sénateur Jim Cowan et le candidat libéral de Halifax, le Dr Stan Kutcher. Nous avons tous déjà été témoins de l’enthousiasme sincère de Stan. Il n’en allait pas autrement ce jour-là. Jim, par contre, était beaucoup moins convaincant. Mais l’enthousiasme, ce n’est pas tout. Stan a alors perdu ses élections par une mince différence de 26 voix. Il ne s’est pas découragé pour autant et il est revenu plus tard en politique, mais cette fois-ci — fin renard — en tant que politicien non élu.
Lorsque Stan est arrivé au Sénat, il était un chercheur de renommée mondiale dans le domaine de la santé mentale chez les enfants et les jeunes. Bien avant de le rencontrer, j’étais impressionné par la volonté dont il faisait preuve pour trouver des façons novatrices de faire fructifier ses connaissances. Sachant qu’il n’y aurait jamais assez de psychiatres, il s’est employé à faire connaître sur le terrain les mesures efficaces de traitement par la formation dans les écoles secondaires de premier cycle et de deuxième cycle et les universités de la Nouvelle-Écosse. Aujourd’hui, ses travaux retentissent aux quatre coins du Canada et dans plus de 20 pays, et ce, de la garderie aux études postsecondaires. Sa façon pragmatique et transformatrice d’aborder les problèmes et son esprit innovateur engendrent une façon de penser qui est nécessaire dans les services publics. Stan est un homme d’action. Lorsqu’il voit un problème, il s’emploie à le régler, sans attendre que les tracasseries administratives soient toutes remplies.
La voix de Stan était synonyme de franchise, de rigueur scientifique et d’humour, mais surtout d’humanité. Nous en avons eu la plus éclatante des démonstrations pendant les débats particulièrement graves que nous avons eus sur l’aide médicale à mourir, à la 43e législature. Sa contribution réfléchie au débat sur le projet de loi C-7 était pondérée et profondément ancrée dans les faits et la compassion.
Je ne crois pas avoir besoin de préciser que je suis un grand admirateur de Stan depuis très longtemps. Stan a été nommé six mois après moi, et je l’ai rapidement appelé pour le féliciter. Nous avons décidé d’aller manger ensemble quelques jours plus tard, et il m’a alors bombardé de questions sur le Sénat. Je dois dire, à ma décharge, que tenter d’expliquer la logique derrière la culture du Sénat à un psychiatre n’est pas une mince tâche. Quelques mois plus tard, j’ai demandé à Stan si je lui avais été d’une quelconque utilité. « Pas le moins du monde » a été sa réponse.
Stan, jamais je n’aurais imaginé que nous aurions tous les deux la responsabilité de siéger au Sénat. Au nom de mes collègues du Groupe des sénateurs canadiens, je tiens à vous remercier pour votre esprit, votre bienveillance, votre amitié et votre humour, que nous apprécions depuis toutes ces années. Cela vaut tous les médicaments du monde.
Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage à notre cher collègue le sénateur Kutcher au nom du Groupe progressiste du Sénat.
Comme vous venez de l’entendre, le sénateur Kutcher est largement reconnu pour l’énergie avec laquelle il a cherché toute sa vie à améliorer les soins en santé mentale, le bien-être des jeunes et la compréhension publique de la santé mentale. La marque qu’il aura laissée est profonde, il n’y a pas d’autre mot. J’aimerais vous lire un mot de Dwayne Provo, conseiller général pour le vice-recteur du Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse.
Voici ce qu’il dit :
Stan a un don rare : il utilise le respect, la patience et sa détermination tranquille pour que les gens se sentent à l’aise et valorisés. Ses travaux ont fait de la santé mentale une priorité de l’ensemble du programme d’études en santé de la Nouvelle-Écosse, en plus d’accroître le soutien offert aux étudiants et d’asseoir notre leadership.
Ces mots étaient ceux de Dwayne Provo.
De moi, maintenant : selon l’Oxford English Dictionary, le sage est celui qui possède de vastes connaissances et qui fait preuve de jugement, de discernement ou de sagesse. Le sage peut être un grand conseiller, un guide de confiance ou un orateur réfléchi. Si on s’approche du dictionnaire, on peut voir la photo du Dr Stan Kutcher juste à côté de cette définition.
Vous vous demandez peut-être pourquoi. Je vais vous le dire.
Pour commencer, il a pris la très sage décision d’épouser une travailleuse sociale, Jane — ou Jan, pour rimer avec Stan —, et elle est ici aujourd’hui.
Ensuite, je crois qu’il a pris une sage décision en décidant d’accepter l’Ordre de la Nouvelle-Écosse en même temps que moi. J’ai été très émue d’accepter cet immense honneur à ses côtés, et ma fille se rappelle encore la conversation qu’ils ont eue ce jour-là.
Enfin, chers collègues, le sénateur Kutcher a pris une sage décision en me demandant de coanimer la série « The Pandemic of Racism », qui était diffusée en direct sur Facebook pendant la pandémie de COVID-19, en 2021. En même temps que nous assistions à deux crises en même temps — une urgence sanitaire planétaire d’un côté, la visibilité accrue d’une pandémie de racisme plus profondément enracinée que jamais de l’autre —, on nous demandait d’agir. En fait, on lui a demandé, à lui, d’agir et il m’a invité à le suivre. Ce fardeau disproportionné qui repose sur les épaules des Canadiens noirs et racisés nous inquiétait au plus haut point.
Je pourrais vous raconter encore beaucoup d’histoires, mais sénateur Kutcher, je suis reconnaissante d’avoir pu servir cette institution à vos côtés et je ne ressens rien d’autre qu’une immense gratitude pour les sages conseils que vous m’avez donnés dans tellement de domaines, y compris sur la pandémie de racisme. Asante. Merci.