DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La fête des Mères
7 mai 2026
Honorables sénateurs, je prends aujourd’hui la parole à l’occasion de la fête des Mères, qui aura lieu le dimanche 10 mai.
Avant d’être moi-même mère, je n’étais pas particulièrement attirée par les enfants. Je n’ai jamais été celle qui se précipitait à la seule vue d’un bébé, alors quand je suis devenue mère, je n’étais absolument pas préparée à ressentir ce que je ressentais.
Les gens parlent de l’amour maternel comme s’il s’agissait d’une notion que tout le monde comprend sans difficulté. C’est ce que je croyais moi aussi. J’étais dans l’erreur. Il y a quelque chose de profondément déstabilisant, dans le meilleur sens du mot, à prendre conscience que votre cœur n’est pas seul pour affronter le monde. Il y a désormais une partie de vous qui existe à l’extérieur de votre corps, un sentiment et une impression qui vous suivent partout.
Dans ma culture, la maternité est vénérée. Dans ma langue maternelle, le pachtoune, mère se dit « mor ». Or, mor désigne plus que le simple fait d’être mère. Ce qualificatif affectueux exprime le respect le plus profond, l’affection et le lien émotif. Il est aussi utilisé en poésie et en chanson pour exprimer l’amour et le sacrifice.
Comme mes collègues le savent, j’ai l’immense chance d’avoir deux filles extraordinaires, Anushka et Shaanzéh, qui ressemblent de plus en plus à deux amies à mesure qu’elles vieillissent. Nous nous parlons plusieurs fois par jour, peu importe l’endroit du monde où nous nous trouvons.
J’appelle mes filles Da Zra Sara. En pachto, cela veut dire « le bout de mon cœur » ou « le sommet de mon cœur », un terme affectueux utilisé pour désigner une personne très chère, qui occupe la plus grande place dans le cœur du locuteur.
Voilà, chers collègues, ce que signifie la maternité pour moi. Ce n’est pas l’image que véhiculent souvent les médias, mais c’est plus tranquille et plus puissant. C’est un changement profond dans la perception de soi qui se produit sans qu’on le veuille. L’amour nous imprègne si profondément qu’on oublie ce qu’était la vie avant.
La maternité ne m’a pas soudainement rendue parfaite ou infiniment patiente, mais elle a fait grandir l’espace de mon cœur. Le dévouement a pour moi un nouveau sens.
À l’approche de la fête des Mères, je pense qu’il vaut la peine de rendre hommage aux mères non seulement pour le travail qu’on les voit accomplir, mais aussi pour la transformation que l’amour inconditionnel opère en elles.
À toutes les mères qui siègent au Sénat et à celles qui nous regardent chez elles, je souhaite une joyeuse fête des Mères.
À mes chères filles, Da Zra Sara, merci de m’avoir insufflé un amour dont je ne me serais jamais cru capable.
Merci.