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Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport

Interpellation--Suite du débat

16 avril 2026


Honorables sénateurs, je remercie la sénatrice Marty Deacon d’avoir attiré l’attention du Sénat sur un sujet aussi important : le rôle essentiel que jouent l’activité physique et le sport dans notre bien-être et dans la vie de nos communautés.

Aujourd’hui, j’aimerais apporter la perspective de ma région : le Cap-Breton et la Nouvelle-Écosse.

Dans les régions rurales comme la nôtre, l’activité physique fait partie du quotidien. Elle ne se limite pas aux compétitions ou aux grandes scènes sportives. Elle fait partie de notre culture, de nos habitudes et de notre manière de vivre ensemble.

Dans nos petites communautés, les arénas, les terrains de baseball et les gymnases d’école sont souvent au cœur de la vie sociale. Ce sont des lieux où les familles se rassemblent, où les bénévoles donnent généreusement de leur temps et où les jeunes apprennent des valeurs importantes, comme l’esprit d’équipe, la persévérance et le respect.

Je me souviens très bien du temps passé à l’aréna et au gymnase lorsque j’étais à l’école, puis pour accompagner mes filles au badminton ou au ballon-volant. C’était là où les parents et les gens du village se retrouvaient pour encourager leurs enfants, où les voisins échangeaient des nouvelles et où toute la communauté se rassemblait.

J’ai aussi de nombreux souvenirs d’hivers passés sur des étangs gelés lors de matchs de hockey improvisés qui pouvaient durer des heures, souvent jusqu’à ce que quelqu’un nous rappelle qu’il était temps de rentrer à la maison, où un bon repas nous attendait : du fricot, du chiard, du pâté à la viande et des ragoûts de toutes sortes.

Ces expériences peuvent sembler simples, mais elles sont profondément formatrices. Elles nous inculquent, dès notre jeunesse, le goût de l’activité physique, le plaisir d’être actif, mais aussi l’importance de l’amitié et des relations interpersonnelles. Ce sont des activités qui forment le caractère et des liens d’amitié qui durent souvent toute une vie.

La Nouvelle-Écosse a donné naissance à de nombreux athlètes qui ont connu un succès remarquable sur la scène nationale et internationale.

Qui ne connaît pas Sidney Crosby, originaire de Cole Harbour, triple champion de la Ligue nationale de hockey et double médaillé d’or olympique avec l’équipe canadienne? Son but historique lors de la prolongation aux Jeux olympiques de 2010 demeure l’un des moments les plus mémorables du sport canadien.

Pensons également à Nathan MacKinnon et Brad Marchand, de Halifax, dont les talents et la détermination les classent parmi les meilleurs joueurs de hockey au monde aujourd’hui.

La contribution de la Nouvelle-Écosse au sport olympique ne s’arrête pas au hockey. Colleen Jones, d’Halifax, qui est décédée récemment, a remporté le Championnat du monde féminin de curling en 2001 et 2004 et a été six fois championne canadienne.

Je pense également à Mark de Jonge, lui aussi originaire d’Halifax, qui a remporté une médaille de bronze en kayak de vitesse aux Jeux olympiques de 2012.

Nous pouvons aussi être fiers de l’athlète Ellie Black, une gymnaste exceptionnelle originaire d’Halifax, qui a représenté le Canada à plusieurs Jeux olympiques.

Saviez-vous que la Nouvelle-Écosse avait fondé la Colored Hockey League of the Maritimes et que le gardien de but Frank Cook en est devenu une vedette? Cette ligue a existé de 1895 à 1935.

La Colored Hockey League of the Maritimes est la première et seule ligue de hockey entièrement noire au Canada; elle a existé à une époque de grande discrimination; elle a joué un rôle clé dans l’évolution du hockey et dans la lutte pour l’égalité. Pour chaque athlète qui atteint ce niveau, il y a des milliers d’autres Canadiens qui pratiquent un sport ou demeurent actifs physiquement simplement pour le plaisir ou pour rester en bonne santé.

Dans ma région du Cap-Breton, l’activité physique est aussi profondément liée à notre environnement naturel.

Je vis le long de la magnifique Cabot Trail, une route panoramique reconnue partout dans le monde pour la beauté de ses paysages, mais aussi comme une destination remarquable pour le vélo de route ou la course à pied. Faire le tour des 300 kilomètres de la Cabot Trail à vélo apporte toujours un sens incroyable de la réussite aux nombreux adeptes qui le font chaque année.

La Cabot Trail Relay Race se déroule au mois de mai de chaque année pendant 24 heures et en 17 étapes. Elle regroupe 70 équipes de la Nouvelle-Écosse, du Canada, des États-Unis et d’ailleurs dans le monde.

Cette année marquera la 36e édition de cette course. Rien n’arrête ces braves coureurs : ni la noirceur totale, ni la pluie, ni la grêle, ni la neige, ni les dénivelés de 9 à 14 degrés dans les monts North, South, French et MacKenzie.

Pour ma part, l’activité physique a toujours fait partie de ma vie.

Je pratique le cyclisme et le ski de fond régulièrement, en plus de pouvoir plonger dans les eaux du golfe du Saint-Laurent, à cinq minutes à pied de ma maison. D’ailleurs, durant le congé de Pâques, j’ai sillonné le plateau des Hautes-Terres-du-Cap-Breton : 10 jours d’affilée en ski de fond, parfois en compagnie de mes frères et amis Juris Lazovskis et Eric Atkinson, un ancien confrère de classe du sénateur Moreau. Pour clôturer la saison, jeudi dernier, nous avons traversé le plateau hors-piste du Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton en 15 heures.

Lorsque j’étais jeune, l’activité physique, dans mon village et ma famille, était comme le sang qui nous coule dans les veines. Le sport, l’activité physique et le plein air étaient-ils bons pour la santé? Cela ne faisait pas partie de la discussion. À quels sports allait-on jouer, avec qui et à quel endroit, c’était ce qui nous intéressait — et, bien sûr, ce qu’on allait manger pour souper.

Dans les 10 maisons situées sur une distance d’un demi-kilomètre le long de la route des Caveaux où j’habitais, il y avait autour de 70 enfants pleins d’énergie et de testostérone. Chez John Joe à Tom, ils étaient 10; chez Louis à Luc, 9; chez Pierre à Calixte, il y en avait 12; chez Patsy à Padé, 10; chez mon oncle Paul Émile, 7; enfin, chez nous, il y en avait 10, soit 9 garçons et une fille.

Tous les jours de l’été et après l’école à l’automne et au printemps, c’était le baseball, le hockey sur gazon et le football. Il y avait aussi la plage et les excursions en montagne. L’hiver, on jouait au hockey et on se faisait traîner. Combien d’heures a-t-on passées à se construire des forts dans les bancs de neige pour ensuite se livrer à des batailles de boules de neige, ce que les enfants d’aujourd’hui n’ont pas le droit de faire? Bien que le sport fasse partie de ma vie, comme je souffrais d’asthme, je ne pouvais pas toujours suivre mes frères, mais j’ai persisté.

Nous avons entendu les sénatrices McBean et Petitclerc nous parler de leur détermination, de leurs réalisations et de l’importance d’être actif. Votre discipline et vos exploits sont remarquables.

Pour ma part, je veux vous parler de gens ordinaires, qui ne sont finalement pas ordinaires du tout. Je vous ai déjà parlé de « One Gear Dan », qui a fait le tour de la Cabot Trail à vélo à une vitesse, de mes amis Brooks, LeBlanc et Sullivan, qui l’ont fait en une journée, et de Lee Fraser, qui guide régulièrement des groupes en raquette pour traverser le plateau des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

Aujourd’hui, bien des gens de mon âge et même des plus jeunes ne sont plus avec nous, y compris quatre de mes frères. Cependant, parmi les 70 voisins de ma jeunesse, la plupart de ceux qui sont demeurés actifs sont toujours avec nous aujourd’hui.

Lors de ma première année d’université, je me suis joint à la milice et j’ai complété mon service militaire. J’ai sauté en parachute le jour et la nuit, et j’ai embarqué dans des hélicoptères et des chars d’assaut. Quelle belle aventure dont la discipline acquise me guide encore aujourd’hui.

Laissez-moi vous parler de Johnny à Minou, lui qui avait attrapé deux renards à la course. À l’âge de 14 ans, il avait découvert qu’en se tenant sur l’avant de ses pieds, il était toujours prêt à se lancer à la course. Depuis, il n’a plus marché. Malgré ses 84 ans, toujours droit comme un pic, il m’a raconté bien d’autres de ses exploits, fier de ses prouesses.

Dans ma province comme dans ma région du Cap-Breton, nous voyons chaque jour les effets positifs de demeurer actif. Malheureusement, nous voyons souvent le contraire : les effets négatifs chez les gens qui ne sont pas actifs physiquement. C’est pourquoi il est important de continuer, comme pays, à encourager l’accès au sport et à l’activité physique pour tous les Canadiens et les Canadiennes.

En investissant dans l’activité physique, nous investissons dans la santé des Canadiens et des Canadiennes, dans l’épanouissement de notre jeunesse et dans la force de nos communautés.

En terminant, je tiens à souligner la publication récente du rapport final de la Commission sur l’avenir du sport au Canada. Cette commission a été mise sur pied par le gouvernement du Canada afin d’examiner le système sportif canadien et de formuler des recommandations sur des mesures concrètes et efficaces visant à renforcer le sport sécuritaire et à améliorer le système sportif partout au pays. Le rapport final présente leurs principales constatations, leurs appels à l’action et les prochaines étapes proposées afin de favoriser des changements significatifs et durables. Il reste maintenant à espérer que le gouvernement du Canada agisse rapidement pour transformer le sport.

Honorables sénateurs, même le dernier d’une course est devant ceux qui ne courent pas. Il faut bouger pour ne pas rouiller.

Je vous remercie.

L’honorable Kristopher Wells [ + ]

Honorables sénateurs, c’est avec fierté et gratitude que je prends la parole aujourd’hui, alors que nous continuons à célébrer les exploits remarquables d’Équipe Canada sur la scène internationale. Nos athlètes canadiens ont une fois de plus montré au monde entier le sens véritable du dévouement, de la persévérance et du travail d’équipe. Que ce soit sur la glace ou sur les pistes, ils ont représenté le Canada avec beaucoup d’humilité, d’excellence et d’intégrité.

Je tiens à adresser mes sincères félicitations à chacun des membres d’Équipe Canada. Vous avez inspiré tout un pays et fait la fierté du Canada.

Les Jeux olympiques nous rappellent une vérité fondamentale : le sport, à son meilleur, rassemble l’humanité. L’esprit olympique repose sur l’amitié, le respect et l’excellence. Il transcende les clivages linguistiques, politiques et identitaires tout autant que les frontières. Au cours de ces quelques semaines inoubliables qui sont déjà derrière nous, le monde s’est réuni non pas autour de divisions, mais pour célébrer le potentiel humain. Nous avons applaudi non seulement le triomphe, mais aussi le courage, la détermination et la résilience.

Cet amour du sport et cette conviction profonde que le sport est une force unificatrice sont profondément ancrés dans l’identité canadienne. Dans les villes et les villages du pays, les patinoires de hockey, les terrains de football, les piscines, les terrains de basket-ball, les terrains de crosse et les gymnases communautaires sont plus que des lieux de compétition. Ce sont des endroits où les jeunes apprennent le travail d’équipe, la discipline et le sentiment d’appartenance. Ce sont des espaces où des amitiés naissent et où la confiance se bâtit. Le sport nous apprend à gagner avec humilité et à perdre avec dignité. Il nous apprend à nous entraider et à persévérer même quand les chances de l’emporter semblent bien minces.

Bien des Canadiens découvrent leurs forces grâce au sport. C’est là qu’on ressent la fierté de porter le chandail de son équipe, la responsabilité de soutenir ses coéquipiers et la joie d’aller au-delà des limites qu’on croyait inatteignables. C’est là que nous créons des souvenirs impérissables et que nous découvrons des traits de notre personnalité. En façonnant les gens, le sport façonne aussi notre pays. On n’a qu’à penser à notre premier ministre.

Nous savons également que la compétition et la rivalité font partie de ce qui rend le sport si attrayant. On n’a qu’à penser aux formidables romans canadiens qui ont inspiré l’émission de télévision Rivalité passionnée. Cette fiction qui se déroule dans l’univers du hockey professionnel raconte l’histoire d’une rivalité intense sur la patinoire qui se transforme en quelque chose de beaucoup plus intime et qui montre la complexité, la pression et la passion qui caractérisent les sports de compétition.

Ce qui confère à Rivalité passionnée une telle importance culturelle, ce n’est pas seulement qu’elle illustre la compétition de haut niveau, mais aussi qu’elle traite de la question de l’identité, y compris l’identité sexuelle, et de sa place dans l’univers de la haute performance. En tant qu’œuvre emblématique du Canada, elle remet en question les discours traditionnels sur l’archétype du joueur de hockey et elle nous rappelle que, même au cœur des rivalités les plus acharnées, les athlètes sont des êtres humains qui ont droit au respect, à la dignité et l’authenticité.

Si le sport nous rassemble, il peut aussi mettre en évidence les domaines dans lesquels nous avons encore du chemin à parcourir.

Le sport n’a pas toujours été ouvert à tous. Pour trop de Canadiens, en particulier les athlètes 2ELGBTQI+, et surtout les athlètes transgenres et non binaires, le sport a trop souvent été un lieu d’exclusion plutôt que d’appartenance. Pour certains, entrer dans un vestiaire est un acte de courage. Pour d’autres, se joindre à une équipe signifie se préparer à être rejeté plutôt que de se voir offrir une belle occasion.

Quand un jeune se présente sur le terrain ou sur la patinoire, il doit être porté par son enthousiasme pour le jeu, au lieu de craindre de ne pas être accepté. Il doit penser à la prochaine stratégie, au prochain but et au prochain tour de piste, au lieu de se demander s’il est en sécurité ou si on le remarque.

La question n’est pas abstraite pour moi. Bien avant d’avoir l’honneur de siéger au Sénat, je travaillais dans des milieux scolaires et communautaires pour promouvoir des environnements sportifs plus sûrs et plus inclusifs. J’ai écouté des jeunes qui aimaient profondément leur sport, mais qui se demandaient si leur sport les aimait en retour. J’ai entendu des récits d’isolement, de silence, mais aussi de courage incroyable.

Ce travail a mené à l’initiative du ruban de la fierté, une idée simple mais porteuse d’un message fort. À l’origine, c’était un rouleau de ruban adhésif de hockey aux couleurs de l’arc-en-ciel, que les joueurs pouvaient enrouler autour de leur bâton pour montrer que les athlètes 2ELGBTQI+ étaient les bienvenus dans ce sport. Il ne s’agissait pas de politique. Il s’agissait d’un sentiment d’appartenance. Il s’agissait de créer un signe visible qui dise, clairement et simplement que ces athlètes étaient en sécurité, qu’ils étaient respectés et qu’ils avaient leur place.

Quand les Oilers d’Edmonton sont devenus la première équipe de la LNH à utiliser le ruban de la fierté, cette décision a envoyé un signal fort non seulement aux amateurs présents dans l’aréna, mais aussi aux innombrables jeunes qui regardaient le match chez eux. Ils ont compris que le hockey leur appartenait aussi. Ce petit morceau de ruban adhésif arc-en-ciel est devenu un symbole d’inclusion, d’espoir et de possibilités.

Depuis son lancement en 2016, le ruban de la fierté a été utilisé dans plus de 60 pays et dans de nombreux sports, notamment le hockey, le curling, le bobsleigh, la crosse, le baseball, le tennis, le ballon chasseur et bien d’autres sports et activités. Cependant, le ruban en lui-même n’est qu’un symbole. Le véritable objectif a toujours été un changement culturel visant à favoriser des environnements sportifs où le respect est non négociable et où l’inclusion est la norme — une culture où la diversité n’est pas considérée comme un défi à gérer, mais comme une force à embrasser.

Aujourd’hui, l’un des débats les plus pressants dans le monde du sport concerne les athlètes transgenres. Ce sont des jeunes qui aiment le sport. Ils s’entraînent fort. Ils arrivent tôt à l’entraînement. Ils s’engagent envers leurs coéquipiers. Ils rêvent de compétition et d’appartenance, tout comme n’importe quel autre athlète. Ils méritent des politiques fondées sur des données factuelles, l’équité, la compassion et les droits de la personne, et non sur la peur, la désinformation et l’idéologie politique.

Des études montrent que les environnements sportifs inclusifs améliorent la santé mentale, réduisent l’isolement et augmentent la participation. Nous savons également que l’exclusion peut causer des dommages graves et durables. Quand des jeunes sont écartés du sport, ils perdent non seulement les bienfaits physiques de la pratique, mais aussi les liens sociaux et le sentiment d’avoir un but que le sport procure.

L’inclusion n’affaiblit pas le sport; elle le renforce. Si chaque athlète se sent en sécurité et a l’impression d’être respecté, les performances s’améliorent, la cohésion de l’équipe s’améliore et l’amour du sport grandit. Le monde du sport est florissant quand il reflète la diversité des communautés qu’il sert.

En tant que législateurs et dirigeants, nous avons la responsabilité de favoriser un dialogue respectueux et d’appuyer les politiques fondées sur des données probantes. Nous devons veiller à ce que nos institutions sportives nationales soient équitables tout en respectant la dignité et les droits de tous les Canadiens. Nous devons envoyer un message clair que la discrimination n’a pas sa place dans le sport au Canada, tout comme elle n’a pas sa place dans la société canadienne.

Lorsqu’une fille transgenre lace ses patins, qu’une athlète non binaire entre sur un terrain de basket-ball ou qu’une adolescente gaie se joint à une équipe de hockey, elle devrait ressentir exactement ce que ressentent nos athlètes olympiques : de la fierté, de la fébrilité et un sens des possibilités. Ces personnes devraient savoir que leur pays les soutient, sans aucun jugement, qu’il les soutient sans réserve.

Notre pays ne se définit pas strictement par son nombre de médailles, mais aussi par les valeurs qu’il défend. Il s’agit de créer des espaces sûrs où chaque jeune peut s’épanouir. Il s’agit de savoir si nous sommes prêts à faire en sorte que le sport demeure un lieu de possibilités et de joie où tous se sentent les bienvenus.

Soyons un pays où l’amour du sport est vraiment accessible à tous. Faisons en sorte que, lorsque les jeunes Canadiens voient Équipe Canada monter sur le podium olympique, ils voient un avenir où ils peuvent eux aussi participer au sport pleinement et de manière authentique, en étant eux-mêmes. Bâtissons une culture sportive qui reflète ce qu’il y a de mieux au Canada : équité, respect, compassion et courage.

Le sport a le pouvoir de nous unir. Il nous rappelle que nous sommes plus forts non quand nous pratiquons l’exclusion, mais quand nous jouons ensemble, en équipe.

L’extraordinaire phénomène culturel qu’est Rivalité passionnée fait fureur dans le monde entier. Pourquoi? Parce que, en fin de compte, c’est une histoire humaine. Elle évoque non seulement le sport, mais aussi l’importance de l’authenticité, du sentiment d’appartenance et de l’amour. Ce sont des valeurs vraiment canadiennes qui devraient être soulignées non seulement dans le sport, mais dans l’ensemble de notre société.

Veuillez vous joindre à moi pour féliciter une fois de plus les sportifs d’Équipe Canada et les amateurs de sport, où qu’ils soient. Que votre détermination et votre excellence continuent de nous inspirer, non seulement en compétition, mais surtout dans notre engagement commun envers l’équité, le respect et l’inclusion dans tous les aspects du sport et de la société.

Merci. Meegwetch.

L’honorable David M. Wells [ + ]

Honorables sénateurs, je tiens d’abord à remercier les sénatrices Marty Deacon, Marnie McBean et Chantal Petitclerc d’avoir présenté cette interpellation. Il s’agit d’une interpellation importante, et je pense qu’elle trouve écho auprès de beaucoup d’entre nous, non seulement en tant que législateurs, mais aussi en tant que participants, parents, entraîneurs et partisans. Je tiens également à dire que ma contribution au monde du sport et de la mise en forme n’est rien en comparaison de celle de mes collègues à l’origine de cette interpellation. Je suis un peu gêné de parler de mes activités et de mes expériences. Je l’ai mentionné à notre honorable collègue lorsque j’ai envisagé de prendre la parole.

Dans cette enceinte, chers collègues, nous abordons souvent le sport et l’activité physique dans le contexte des politiques : les résultats en matière de santé, les avantages économiques et le taux de participation. Tout cela est important. Toutefois, à la base, le sport est quelque chose de bien plus humain. Il nous apprend la discipline, la résilience et le travail d’équipe. Il nous permet aussi d’apprendre comment perdre et gagner avec grâce — du moins il le devrait.

Je peux en témoigner. En 1981, j’ai eu l’honneur de participer aux Jeux d’été du Canada à Thunder Bay, à titre de joueur de rugby. Ce sport vous enseigne très vite comment encaisser les coups, comment vous relever et à quel point vous dépendez de vos coéquipiers. On apprend qu’on ne va jamais loin seul. À mes collègues qui l’ignorent, je rappelle que, comme la vie, le rugby a ses règles non écrites, notamment celle d’aider son adversaire à se relever à la fin de chaque jeu. Au moment de quitter le terrain, les vaincus applaudissent les vainqueurs, qui leur rendent ensuite la pareille. À Terre-Neuve-et-Labrador, tout cela se finit souvent autour d’une bière. Le jeu est compétitif, mais c’est l’esprit de camaraderie qui prime.

Ces leçons vous accompagnent toute la vie et, comme de nombreux Canadiens, je n’ai jamais abandonné le sport. Je joue encore au hockey chaque semaine. Je m’implique dans le rugby, je fais beaucoup de randonnée et je m’entraîne régulièrement. Je sais qu’on ne peut pas arrêter le vieillissement, mais je suis convaincu qu’un mode de vie actif contribue à en ralentir les effets.

J’ai par ailleurs transposé ces enseignements dans un univers très différent, celui de l’alpinisme en haute altitude.

Quand les gens pensent à Terre-Neuve-et-Labrador, ils ne pensent généralement pas qu’il y a quoi que ce soit en haute altitude. Nous vivons essentiellement au niveau de la mer. Au fil des ans, j’ai grimpé dans les Andes, l’Himalaya, les Alpes, les Rocheuses et le Caucase russe, et j’ai eu la chance d’atteindre les sommets les plus élevés sur trois continents. Chers collègues, il n’y a rien de tel.

L’alpinisme en haute montagne n’est pas prestigieux. Il fait froid et il vente. Il faut transporter une grande quantité de matériel : de la nourriture, de l’eau, de l’équipement pour dormir, un réchaud et du carburant pour celui-ci, des crampons, des haches et des cordes. De plus, si on se trouve à une altitude où la concentration d’oxygène est inférieure à 40 % de celle du niveau de la mer, il faut aussi transporter de l’oxygène. On se demande pourquoi on a choisi cela comme passe-temps. À chaque ascension, je me dis : « C’est ma dernière ascension. » Puis, quand j’entame ma descente après avoir atteint le sommet, si j’ai de la chance, je commence à planifier la prochaine ascension.

C’est souvent le parcours des défis exigeants : j’aime les préparer, je déteste les relever, mais j’adore les résultats. C’est ce qui alimente le prochain défi.

Cependant, ces ascensions nous enseignent aussi quelque chose de puissant : elles nous enseignent la préparation, la résilience et, surtout, l’humilité parce que la montagne se fiche de savoir qui on est. Il n’y a ni tableau de pointage, ni foule, ni deuxième période si on ne réussit pas bien la première. Il faut respecter l’environnement dans lequel se déroule l’ascension parce que tout conspire contre nous.

J’ai déjà passé 17 jours sur une montagne — l’Aconcagua, dans les Andes, du côté argentin — avec un alpiniste du Liban. Atteindre une bonne altitude, puis redescendre pour dormir, c’est le remède contre le mal de l’altitude, car lorsqu’on est atteint de ce mal, notre seul recours est de descendre et de renoncer à l’ascension. Mon ami libanais a terminé son ascension à 300 mètres verticaux du sommet de l’Aconcagua, le sommet le plus élevé à l’extérieur de l’Himalaya, une montagne d’une altitude de 6 961 mètres, ou 7 kilomètres. Les 300 derniers mètres se grimpent le long d’une paroi presque verticale faite de roche et de glace en environ trois heures. En fait, deux guides argentins avaient fait demi-tour quelques heures auparavant. L’un d’eux souffrait de graves maux de tête — un signe évident du mal de l’altitude — et l’autre vomissait du sang, ce qui est encore pire. Nous n’étions donc plus que trois pour atteindre le sommet. Mon ami libanais, avec qui je partageais une tente, a dû rebrousser chemin parce qu’il n’avait plus d’eau. Il montrait des signes de déshydratation et nous devions encore atteindre le sommet, puis rentrer au camp le plus élevé. Il n’avait pas le choix.

À bien des égards, les leçons liées à la préparation ne sont pas différentes de celles que le sport nous enseigne à tous les niveaux : la planification, la préparation, le travail d’équipe et l’exécution constituent des éléments essentiels. C’est vraiment comme dans la vie.

Qu’il s’agisse de rugby, de hockey, d’escalade ou de marche, le sport nous garde engagés. Il nous permet de rester en contact avec notre environnement. Il nous permet de garder les pieds sur terre.

L’interpellation de nos trois collègues souligne à juste titre les bienfaits généraux du sport dans la société.

Nous savons que l’activité physique améliore l’état de santé. Nous savons qu’elle réduit les pressions sur le système de santé, qu’elle renforce les collectivités et, bien sûr, qu’elle permet de nouer des amitiés toute la vie.

Toutefois, je dirais qu’il y a une autre dimension. Le sport est l’un des rares domaines dans notre société où les gens se rassemblent malgré leurs différences — parfois très nombreuses — comme l’âge, les origines et les opinions politiques. Rien de tout cela n’a d’importance quand on est sur le terrain, sur la glace ou sur les pistes. On fait simplement partie d’une équipe ou d’un défi commun. Nous ne devrions pas tenir cela pour acquis.

En même temps, nous devons admettre que l’accès au sport n’est pas égal et qu’il n’est plus ce qu’il était. Les coûts augmentent, on manque de temps et l’équipement est parfois cher. Dans trop de familles, faire du sport est un défi plutôt qu’un fait acquit. Le fléau des appareils électroniques est omniprésent. C’est une chose à laquelle nous — enfin, la plupart d’entre nous — n’avions pas à penser dans notre jeunesse.

Si nous croyons tous, comme c’est le cas, selon moi, que le sport est essentiel au tissu social du Canada, nous devons réfléchir sérieusement à la façon dont nous maintiendrons et élargirons l’accès aux sports, car l’importance du sport ne se limite pas à la création du prochain athlète olympique. Il s’agit d’engendrer des citoyens qui sont en meilleure santé, plus résilients, plus connectés avec les autres et plus heureux.

Une autre chose mérite d’être soulignée : dans le pays vaste et diversifié qu’est le Canada, le sport a toujours été une force unificatrice. Qu’il s’agisse de faire du hockey sur un étang gelé, du rugby sur un terrain boueux ou de l’escalade sur une montagne à l’autre bout du pays, ces expériences nous façonnent. Elles ne font pas les manchettes. Elles ne nécessitent pas l’adoption de lois. Mais elles sont importantes. Nous devrions garder cette perspective plus large à l’esprit alors que nous réfléchissons à cette interpellation.

Oui, il faut tenir compte des politiques et des investissements. Cependant, il faut aussi reconnaître la valeur intangible du sport — les leçons de vie qu’il nous enseigne, les liens qu’il permet de créer et le rôle qu’il joue dans la formation de notre identité.

Au fil des ans, j’ai pris conscience que le sport nous accompagne tout au long de notre vie, même si tout le reste change. On ne se déplace peut-être plus aussi vite, on a besoin de plus de temps pour récupérer et nos coéquipiers se font de plus en plus jeunes chaque année, mais les sensations ne nous quittent jamais vraiment.

Il est spécial, ce sentiment que l’on éprouve quand on met le pied sur un terrain ou sur la glace — ce que je fais chaque semaine, comme je l’ai dit —, ou quand on se prépare à grimper un sommet, sans savoir exactement comment les choses se dérouleront, mais en ayant la certitude que le défi en vaudra la chandelle.

C’est quelque chose que nous devrions préserver par tous les moyens dont nous disposons, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour les générations qui nous suivent. Bien après que les buts ont été oubliés et que les parties sont terminées, ce sont les expériences, les amitiés, les leçons et les moments qui restent avec nous. À bien des égards, ils contribuent à façonner les personnes que nous devenons et celles que nous élevons.

Merci, chers collègues.

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