DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Chéticamp, en Nouvelle-Écosse
18 juin 2026
Honorables sénateurs, tout d’abord, je voudrais souligner la décision de la Cour suprême du Canada, qui a déclaré vendredi dernier que le poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick devait être doté par une personne parlant les deux langues officielles de la province. Cette décision est un jalon important pour la reconnaissance du peuple acadien et pour la place qu’il occupe au pays.
Aujourd’hui, je veux souligner la résilience remarquable d’une communauté acadienne qui, pendant plus de trois décennies, a dû se battre pour obtenir une représentation politique qu’elle estimait être juste et nécessaire.
Après plus de 30 ans de revendications et de comparutions devant quatre commissions de délimitation des circonscriptions électorales, ainsi qu’une poursuite devant la Cour suprême et un renvoi à la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse, on y élira enfin un député provincial bilingue pour la première fois en 100 ans. Depuis 1925, aucun député provincial élu dans l’ancienne circonscription d’Inverness n’était Acadien ou n’était en mesure de parler français.
Au début des années 1990, les citoyens de Chéticamp ont commencé à réclamer une circonscription reconnue pour son caractère acadien. La commission de l’époque a recommandé la création de quatre circonscriptions protégées : Clare, Argyle, Richmond et Preston, mais pas celle de Chéticamp. La province a accepté cette recommandation, reconnaissant ainsi l’importance d’assurer une représentation effective aux communautés acadiennes et noires de la Nouvelle-Écosse.
En 2019, une nouvelle commission a été mise sur pied à la suite de la décision de la Cour suprême, qui avait recommandé de créer une circonscription exceptionnelle regroupant les communautés de Pleasant Bay à Margarees, en y incluant Chéticamp. Ainsi, le poids électoral de la communauté acadienne est passé de 13 % à 34 %.
Aujourd’hui, la victoire est bien réelle. La semaine prochaine, le 23 juin 2026, les électeurs de cette nouvelle circonscription auront le choix entre quatre candidats bilingues d’origine acadienne représentant les principaux partis politiques de la province. Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les citoyens de la région de Chéticamp pourront échanger avec leur député provincial dans la langue officielle de leur choix.
Je souligne toutefois que cette avancée survient alors que le poids démographique de la communauté francophone a considérablement diminué dans les 30 dernières années, le nombre de personnes parlant français à la maison ayant reculé de plus de 43 % entre 1990 et 2021.
Aux Acadiens et Acadiennes de Chéticamp et de la région, je dis ceci : votre engagement envers votre langue et votre culture est un exemple inspirant pour toutes les communautés francophones au Canada. Pour moi, le 23 juin 2026 marquera le jour où nous aurons un député provincial acadien bilingue et où ce député prendra enfin sa place, au même titre que les autres députés des régions acadiennes de la province.
Merci. Wela’lioq.