DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les Snowbirds des Forces canadiennes
8 octobre 2026
Honorables sénateurs, la semaine prochaine, à Moose Jaw, en Saskatchewan, nous célébrerons le 55e anniversaire des Snowbirds, qui sont le joyau de l’Aviation royale canadienne. Dans le cadre des festivités, l’équipe présentera son dernier spectacle canadien complet à sa base d’attache de la 15e Escadre Moose Jaw. Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir été invitée à assister à ce spectacle, mais cette fois-ci, il ne s’agit pas seulement du dernier de la saison, c’est peut-être le dernier à vie.
En effet, le gouvernement libéral a décidé de clouer les Snowbirds au sol pour remplacer leurs avions à réaction Tutor par des appareils à turbopropulseurs au début des années 2030. D’ici là, les activités de cet escadron cher à notre cœur sont en pause. Des gens bien informés, comme d’anciens dirigeants de l’équipe des Snowbirds, estiment qu’arrêter complètement pendant aussi longtemps l’entraînement d’acrobaties aériennes des pilotes des Snowbirds est malavisé et extrêmement dangereux.
Cela n’est pas nécessaire. Le gouvernement fédéral peut et doit faire ce qui s’impose en revenant sur sa décision. Il doit écouter les milliers de Canadiens qui envoient des cartes postales au premier ministre et qui signent des pétitions pour que les Snowbirds continuent de voler. Le gouvernement doit tenir compte du sacrifice qu’il exige des Canadiens en faisant passer les Snowbirds dans le collimateur.
De toute évidence, les Snowbirds sont le meilleur outil de recrutement de l’armée canadienne. Les neuf avions à réaction des Snowbirds qui volent en formation est un spectacle à couper le souffle. Au premier rugissement des moteurs, on ne peut réprimer ses frissons et, les voir transpercer l’immensité du ciel des Prairies, c’est constater leur puissance brute et toute leur élégance. Les avions à réaction fendent les airs et virevoltent bien au-dessus des spectateurs tournés vers le ciel avec éblouissement. Chacune de leurs manœuvres audacieuses et complexes éveille l’espoir et la fierté.
Combien d’enfants canadiens ont rêvé de devenir pilotes après avoir vu leur premier spectacle des Snowbirds? Beaucoup ont dit que c’était exactement le cas pour eux et, en quête de leur rêve, beaucoup ont fièrement servi dans l’armée canadienne et ont suivi une formation de pilote à la 15 e Escadre Moose Jaw.
Prenons l’exemple de Maryse Carmichael, la première pilote à voler avec les Snowbirds et à les diriger. Elle a dit que c’est après avoir vu un spectacle aérien des Snowbirds à Bagotville, au Québec, alors qu’elle avait 6 ou 7 ans, que l’idée a commencé à germer.
Le rôle de premier plan joué par Mme Carmichael au sein des Snowbirds a, à son tour, inspiré d’autres jeunes filles à voir grand. La capitaine Sarah Dallaire, la deuxième pilote des Snowbirds, a également assisté à des spectacles aériens dans son enfance. Elle a déclaré :
J’ai vu Maryse Carmichael quand j’avais 12 ans, et cela m’a touchée. J’ai poussé tout le reste de ma jeunesse pour devenir pilote militaire.
C’est sans compter les astronautes canadiens Jeremy Hansen et maintenant Joshua Kutryk, qui se trouve à la Station spatiale internationale, dont la carrière puise ses origines dans leur entraînement militaire à bord d’un avion à réaction à la 15 e Escadre Moose Jaw.
L’année dernière, en raison de menaces à la souveraineté canadienne, on a produit une nouvelle mouture de la publicité « Je m’appelle Joe et je suis canadien » qui se termine sur la manœuvre des Snowbirds qui forment une feuille d’érable, le fameux Maple Split, au-dessus de la tour de la Paix, sur la Colline du Parlement, car il n’y a rien de plus canadien que cela.
Le gouvernement libéral doit tenir compte de la gravité de sa décision de clouer les Snowbirds au sol, car un ciel silencieux n’inspirera pas la prochaine génération d’enfants canadiens à rêver en grand.
Merci.