DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le décès de Gino Odjick
2 février 2023
Je vous remercie, honorables sénateurs.
[Note de la rédaction : Le sénateur Brazeau s’exprime en algonquin.]
Honorables sénateurs, le 15 janvier, lors du décès de l’ancien joueur de la LNH Gino Odjick, qui était originaire de la réserve anishinabeg de Kitigan Zibi, nous avons perdu une légende, une légende algonquine. Né le 7 septembre 1970, Gino était d’origine modeste, comme bon nombre d’entre nous. Ayant cinq frères et sœurs, Gino a compris l’importance de partager et de prendre soin des autres, à l’exemple de ses parents, Joe et Giselle, qui ont servi de famille d’accueil à 32 enfants pendant leur vie.
Gino a travaillé dur avec son père, l’aidant à prendre soin des chevaux et l’accompagnant dans la forêt, jusqu’à ce qu’il ait l’occasion de jouer au hockey à l’extérieur de la réserve, la première fois avec l’équipe d’Hawkesbury puis, avec celle de Laval.
À l’école secondaire, quand un enseignant avait demandé à Gino ce qu’il comptait faire dans la vie, Gino avait immédiatement répondu : « Je serai joueur de hockey professionnel », ce à quoi l’enseignant avait répliqué : « Tu rêves. En tout cas, je te souhaite bonne chance. »
Gino a participé à 605 matchs dans la LNH avec les Canucks, les Islanders, les Flyers et mon équipe favorite, les Canadiens de Montréal — même s’il a accumulé un peu plus de 605 minutes de pénalité.
Gino pouvait illuminer une salle par sa présence, son amabilité et son optimisme indéfectible. Il avait un cœur d’or et un comportement qui faisait que tous ceux qui l’entouraient se sentaient spéciaux. Il avait une passion pour la vie qui était tout simplement contagieuse.
Pour Gino, la vie n’a jamais été une question d’accolades et de réalisations. C’était un homme humble, authentique et loyal, toujours à l’écoute des autres, et il avait à cœur de redonner à la communauté et aux Premières Nations.
Gino était bien plus qu’un joueur de hockey. Il était un modèle qui nous a montré tout ce que la détermination et une attitude positive peuvent accomplir. Il était aussi un père aimant, très fier de ses enfants, et un ami fidèle pour plusieurs.
Gino est passé dans le monde des esprits à 52 ans à peine, mais nous pouvons nous consoler en pensant qu’il a vécu pleinement et qu’il a fait de nombreuses expériences uniques. Il a réalisé le rêve de tous les joueurs de hockey puisqu’il a eu l’occasion de participer aux finales de la Coupe Stanley contre les Rangers de New York en 1994.
Ce fut pour nous tous un moment de grande fierté lorsqu’il a été immortalisé au Temple de la renommée des sports de la Colombie‑Britannique et qu’il a été placé à côté de Pat Quinn, pour qui il éprouvait énormément de respect.
Chers collègues, je vous invite à vous joindre à moi et à l’ensemble de la nation algonquine pour rendre hommage à l’esprit de Gino Odjick et pour faire exactement ce que faisaient les fans de Gino à Vancouver, c’est-à-dire scander son nom pour que les gens de la réserve anishinabeg de Kitigan Zibi, située à une heure et demie au nord d’Ottawa, puissent entendre « Gino, Gino, Gino. »
Meegwetch.