Aller au contenu

DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le trouble de l'usage de l'alcool

29 mars 2023


Honorables sénateurs, je célèbre aujourd’hui trois ans de sobriété.

Je n’ai pas touché à une goutte d’alcool depuis 1 095 jours, ce qui représente plus de 1,5 million de minutes. Quiconque a déjà lutté contre une dépendance sait à quel point chacune de ces minutes peut être un combat.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les Canadiens boivent l’équivalent de presque neuf litres d’alcool pur par année chacun. La moyenne mondiale, selon le Globe and Mail, est de 6,2 litres.

Grâce aux efforts des professionnels de la santé et des chercheurs médicaux, de plus en plus de Canadiens sont au courant des ravages causés par l’alcool. Ce n’est pas chose facile de faire passer cette information aux Canadiens, si on considère les milliards de dollars que dépense chaque année l’industrie de l’alcool, et c’est sans parler des soirées arrosées qui sont organisées ici même, sur la Colline du Parlement.

Votre Honneur, quand je parle d’alcool, je ne prétends jamais être moralement supérieur à qui que ce soit. Ce n’est pas moi qui dirai aux autres ce qu’ils doivent faire et ne pas faire. J’invite plutôt le Sénat, Votre Honneur, à tenir compte de ceux qui, en ce moment même, luttent contre le trouble de l’usage de l’alcool. On en trouve dans toutes les couches de la société, bon nombre d’entre eux sont tout à fait fonctionnels, et ce n’est pas tout le monde qui est aux prises avec ce trouble qui vit dans la rue.

En fait, pas plus tard qu’hier, Votre Honneur, le Globe and Mail a publié un article opportun sur la dépendance croissante des Canadiennes à l’égard de l’alcool. L’article décrit des femmes professionnelles qui ont vu leur carrière compromise en raison de leur trouble caché. Le même article nous apprend qu’entre 2003 et 2016, le taux de visites aux urgences liées à l’alcool chez les jeunes femmes de l’Ontario a connu une hausse stupéfiante de 240 %. Le taux de mortalité lié à l’alcool a augmenté de 26 % chez les femmes, contre 5 % chez les hommes. Ce problème touche tout le monde, directement ou indirectement.

La Commission de la santé mentale du Canada souligne qu’environ un décès par suicide sur quatre au Canada est lié à la consommation d’alcool. Une consommation excessive d’alcool augmente le risque de suicide de manière exponentielle. Trois personnes sur quatre qui se suicident au Canada sont des hommes.

En fait, Votre Honneur, lorsque nous examinons les statistiques sur les suicides liés à l’alcool chez les Autochtones et les hommes au Canada, on ne peut que parler de crise. C’est pourquoi nous devons soutenir de toutes nos forces ceux qui luttent contre la toxicomanie. Nous devons les aider. Nous devons les encourager.

[Note de la rédaction : Le sénateur Brazeau s’exprime en algonquin.]

C’est un mot algonquin qui signifie « espoir ». Nous devons leur proposer des traitements adaptés à leur culture et à leur sexe.

Enfin, Votre Honneur, je suis personnellement reconnaissant de mes 1,5 million de minutes de sobriété et je remercie tous ceux qui continuent à m’encourager et à me soutenir. Pour dire les choses simplement, j’ai été l’un des chanceux. Tous les Canadiens qui ont des problèmes de toxicomanie méritent autant de soutien et d’encouragement que moi.

Meegwetch.

Haut de page