PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère de la Santé mentale et des Dépendances
Les étiquettes de mise en garde
21 mars 2024
Je vous souhaite la bienvenue, madame la ministre. Ma question porte sur l’alcool et son lien avec la santé mentale. J’ai beaucoup d’expérience, malheureusement, avec l’alcool. Je suis bien au courant des effets à court et à moyen terme de la consommation de cette substance. C’est d’ailleurs un facteur qui a joué un rôle marquant dans mes tentatives de suicide. L’alcool brise des familles et cause des divorces. De plus, j’ai combattu un cancer du côlon.
Ma question est la suivante : au Canada, nous savons que, depuis 1988, l’alcool est classé dans le groupe 1 des agents cancérigènes, au même titre que le tabac et l’amiante. Par conséquent, comment se fait-il que, avec tout ce que nous savons — et avec les recherches scientifiques que le gouvernement a financées en ce qui concerne l’alcool —, les riches et puissantes sociétés qui fabriquent de l’alcool aient un passe-droit pour ce qui est d’apposer des étiquettes de mise en garde sur leurs produits?
Merci, monsieur le sénateur. Vous êtes une voix remplie de courage quand il est question de cet enjeu et des personnes qui consomment de l’alcool ou d’autres substances, pour montrer qu’il est essentiel d’avoir des conversations à ce sujet. Ce n’est pas une tâche facile, et je vous félicite de porter ces messages non seulement au Sénat, mais aussi dans les conversations que nous devons avoir à l’échelle nationale à propos des conséquences de la consommation de substances pour les jeunes, les familles et les communautés du pays. Je ne prends pas cela à la légère, car il faut beaucoup de courage pour faire ce que vous faites.
En ce qui concerne l’alcool, des données sont disponibles sur la page Web de Santé Canada. Nous avons étudié cette question en nous fondant sur la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Nous continuons à rencontrer les parties prenantes et à nous engager auprès des collectivités pour veiller à ce que des renseignements précis et à jour soient disponibles. Nous pouvons faire davantage pour que tous les Canadiens soient bien informés et connaissent les risques éventuels lorsqu’ils choisissent de consommer ou non une substance.
Je vous en remercie. Je vous rappelle qu’on n’a même pas demandé aux entreprises de cannabis d’un bout à l’autre du pays d’apposer des étiquettes d’avertissement sur leurs produits, mais qu’elles le font volontairement.
Je reviens à ma question. C’est la seule question importante. Comment se fait-il que le très puissant lobby, et j’ose dire que le lobby de l’alcool est probablement le lobby le plus puissant au monde… comment se fait-il qu’au Canada, ces entreprises bénéficient d’un passe-droit, malgré les données scientifiques et ce que l’on sait? Grâce au financement du gouvernement, les experts canadiens ont conclu que l’alcool est à l’origine de sept cancers mortels. Comment se fait-il qu’en 2024, alors qu’on a confirmé en 1988 que l’alcool est un agent cancérigène du groupe 1, ces entreprises profitent d’un passe-droit?
Je vous remercie, sénateur Brazeau, pour votre question et votre plaidoyer. Nous continuons d’investir dans ce travail en nous appuyant sur la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et d’autres instruments. Je n’ai écarté aucune façon dont nous pourrions aller de l’avant. Tout comme pour le tabac, le vapotage et d’autres produits, cette question est à l’étude.