DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Gendarmerie royale du Canada
Le cent quarante-huitième anniversaire
27 mai 2021
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui afin de souligner le 148e anniversaire de la Gendarmerie royale du Canada, une organisation au sein de laquelle j’ai fièrement servi pendant 33 ans. La GRC, dont l’histoire reflète celle du Canada, doit sa création à l’une des préoccupations les plus fondamentales des Canadiens : nos voisins du Sud.
Les Américains étant animés d’un fort désir expansionniste, leur occupation de l’Ouest avait été marquée par des affrontements meurtriers avec les Autochtones et par des politiques gouvernementales agressives. Le gouvernement canadien a choisi d’adopter un modèle différent. Avant de passer à l’action, Sir John A. Macdonald a réfléchi pendant huit ans à la possibilité d’envoyer des policiers dans le territoire. Le 23 mai 1873, la Chambre de Communes lui a finalement accordé le pouvoir de créer un corps de police, et ce, presque sans débat et à l’issue d’un vote unanime.
À l’époque, le gouvernement n’avait aucune présence dans les Territoires du Nord-Ouest, qui s’étendait de Fort Garry au Manitoba jusqu’à la colonie de la Colombie-Britannique, et ceux-ci risquaient d’être envahis par nos voisins du Sud. La plus tristement célèbre de ces incursions est le massacre des collines Cypress, où pas moins de 20 hommes, femmes et enfants assiniboines ont été tués par des négociants de whisky de Fort Benton, au Montana. La menace d’une annexion d’une grande partie des Territoires du Nord-Ouest par les Américains, comme ce fut le cas de la Californie et du Texas, préoccupait beaucoup le gouvernement.
Alors que le gouvernement d’Ottawa prévoyait emmener des immigrants dans l’Ouest du pays grâce au chemin de fer qui allait être construit, il s’est efforcé d’éviter la culture du « Far West » sans loi et les pires excès de l’histoire américaine.
Au cours de cette crise, M. Macdonald a envoyé 150 officiers et recrues de la nouvelle Police à cheval du Nord-Ouest. Ils étaient vêtus de la tunique rouge de l’armée britannique pour les distinguer du bleu de l’armée américaine. On ne peut nier la tragédie qu’a été le choc des cultures européenne et autochtone, mais, en 1873, l’expansion était inévitable. Les premiers membres de la Police à cheval du Nord-Ouest ont établi des relations avec des chefs autochtones et ont aussi permis à Sitting Bull et ses guerriers de traverser la frontière et de se réfugier au Canada. Subséquemment, la Police a refusé à la 7e cavalerie, qui poursuivait les fugitifs, le droit d’entrer sur le territoire canadien.
Près d’un siècle et demi plus tard, on peut imaginer que, si la GRC n’avait pas été créée, une grande partie de l’Ouest canadien aurait été annexé par les États-Unis.
Aujourd’hui, la GRC compte environ 30 000 employés, qui représentent presque toutes les cultures de ce pays diversifié. La GRC exerce ses activités dans chaque province et territoire du Canada, des relations avec les écoles à la lutte contre le terrorisme. Elle participe aux opérations de maintien de la paix des Nations unies à divers endroits dans le monde. En avril, elle a envoyé un contingent pour protéger les civils contre la violence sexuelle et les autres formes de violence contre les femmes en République démocratique du Congo.
Depuis la création de la GRC, environ 245 de ses agents sont morts dans l’exercice de leurs fonctions, et nous les remercions pour leur service et de leur sacrifice. Merci, meegwetch.