DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'honorable Bev Busson, C.M., C.O.M., O.B.C
Remerciements
17 juin 2026
Honorables sénateurs, j’ai passé beaucoup de temps à essayer d’exprimer par écrit les sentiments contradictoires qui me submergent au moment de prendre la parole pour la toute dernière fois dans cette enceinte. Je suis très honorée d’avoir l’occasion de m’adresser à vous, compte tenu des débats importants qui ont lieu cette semaine, et je vous promets de ne pas abuser du temps précieux qu’il nous reste. Comme mon mari sait me le rappeler, il y a autre chose que ma personne dans ce monde.
Permettez-moi en premier lieu d’exprimer mes plus sincères remerciements à tous ceux qui ont pris la parole à l’occasion de mon départ. Je les remercie pour leurs bons mots. Je remercie la Présidente du Sénat, l’honorable Raymonde Gagné, de son travail sans faille dans la conduite de nos travaux. Je vous remercie d’être chaque jour un modèle de respect pour nous tous.
Je remercie mes collègues du Groupe des sénateurs indépendants de leur soutien et de leur amitié, ainsi que notre facilitatrice, la sénatrice Lucie Moncion, de son dévouement. Je tiens à remercier sincèrement le personnel dévoué de toute l’Administration du Sénat, sous la direction de la greffière du Sénat, Shaila Anwar. Je remercie Greg Peters, l’huissier du bâton noir, de nous servir avec empressement. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour nous, au-delà de vos obligations, pendant toutes ces années. Merci à votre équipe et à John Shand, ainsi qu’à ses remarquables pages du Sénat, qui ne ménagent aucun effort pour nous garder à l’aise et trouver tout ce dont nous avons besoin.
Je remercie tous les membres du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans de la confiance qu’ils m’ont accordée en tant que vice-présidente, même si j’ai dû essuyer les tentatives du sénateur Ravalia pour prendre ma place. Un merci tout particulier au président, le sénateur Fabian Manning, pour la manière dont il a su diriger l’un des meilleurs comités du Sénat, mais surtout, pour son amitié.
Je suis aussi très reconnaissante de la confiance qu’on m’a accordée en me nommant vice-présidente du Comité sénatorial permanent de l’éthique et des conflits d’intérêts des sénateurs, qui est aussi un des meilleurs comités du Sénat. Je remercie le sénateur Peter Harder pour son service, sa sagesse, son leadership exemplaire et sa gestion réfléchie.
Je remercie tous les collègues qui siègent au Comité permanent du Règlement, de la procédure et des droits du Parlement, encore un des meilleurs comités du Sénat. Je suis fière du travail important que nous avons abattu sur la modernisation du Sénat afin d’en faire une composante plus solide et plus équitable de notre système démocratique. Et le Sénat subira d’autres changements importants dans un avenir rapproché.
Un merci tout spécial à mes collègues sénateurs qui sont devenus plus que des collègues. Quand je suis arrivée ici, je ne m’attendais pas à ce que cette expérience fasse entrer autant d’amitiés durables dans ma vie. Vous êtes trop nombreux pour que je vous remercie tous, mais vous savez qui vous êtes. Aux filles du Sénat — Iris, Margo, Jane, Joan et Marty —, et aux gars qui se greffaient au groupe de temps à autre, je dis que vous avez rendu des moments difficiles beaucoup plus faciles et beaucoup plus amusants. Vous avez transformé mon mandat de sénatrice en chapitre remarquable de ma vie, et je vous en serai éternellement reconnaissante.
Comment ne pas mentionner celle qui aura été ma voisine de banquette pendant huit ans, la sénatrice Marty Deacon? Comme elle le disait elle-même, nous avons réussi à demeurer inséparables, même si nous divergions souvent d’opinion sur tel ou tel débat ou motion. J’ai appris à apprécier vos conseils, Marty, votre perspective et votre extraordinaire sens de l’humour.
En terminant, je m’en voudrais de ne pas saluer et remercier ma directrice des affaires parlementaires et amie, June Jones.
Merci, June, de ton amitié, de tes conseils et de ton soutien indéfectible depuis ma nomination en 2018. June, je te remercie de tes années de service, de ta loyauté et de ton incroyable capacité à toujours être au bout du fil, même avec trois fuseaux horaires à gérer. Tu décrochais toujours. Je te suis profondément reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi, ma chère amie.
J’ai également eu la chance de travailler avec John Shand à mon bureau, avant qu’il ne soit recruté par Greg Peters. En fait, Greg et moi avons planifié sa carrière et nous l’avons surpris en lui proposant une autre option. Je n’oublie pas non plus Gerry Byrne fils, qui est maintenant à Londres, en Angleterre, pour étudier le droit. Il est toujours passionnant d’encadrer des jeunes et de les voir déployer tout leur potentiel.
Je serai éternellement reconnaissante aux femmes et aux hommes du Service de protection parlementaire de leur surveillance et de leur dévouement pour assurer notre sécurité à tous.
L’une des choses que j’ai apprises à la dure sur le rôle de sénateur, c’est à quel point il est facile de se laisser accaparer par des choses qui semblent importantes et qui, à vrai dire, le sont. Sauf que si nous ne prenons pas le temps d’apprécier les petits moments et les personnes spéciales en cours de route, toute cette expérience sera finie avant même qu’on s’en rende compte. Je pense à notre chère amie et collègue, la sénatrice Josée Forest-Niesing, partie trop tôt, en un instant.
Je pense aussi à ces petits moments, comme les conversations amicales du matin avec le personnel d’entretien, ou les échanges avec le père Noël lorsqu’il nettoie les planchers à l’extérieur de la salle pour que le Sénat soit d’une propreté irréprochable, ou encore les dames à la cafétéria qui veillent à ne pas mettre de tomates dans mon sandwich, ou les discussions et les rires avec des collègues dans les couloirs entre les votes et les réunions, ainsi que l’amitié et la collégialité qui font de cette institution non seulement un lieu de travail, mais aussi une communauté très soudée.
Je tiens par-dessus tout à remercier ma famille et à lui rendre hommage. Je n’aurais pas pu y arriver sans elle. Je vous suis extrêmement redevable pour l’amour et le soutien que vous m’avez prodigués au fil des ans, surtout lorsque j’ai manqué des anniversaires, des remises de diplômes et d’autres occasions spéciales parce que grand-maman « dirigeait la place », comme l’a dit ma petite-fille à son enseignante quand celle-ci lui a demandé ce que sa grand-mère faisait à Ottawa.
Je remercie mon fils Brent et sa conjointe, Mariko, ainsi que deux de mes quatre petits-enfants, Brooklyn et Madison, sans oublier ma fille Erin, qui a été membre de la GRC, et son mari, Greg, qui est membre actif de la GRC, ainsi que leurs enfants — mes petits-enfants — Jordynn et Ethan. Ils sont de retour chez eux en Colombie-Britannique et ils nous regardent à la télévision. Mes petits-enfants me trouvent géniale parce que je figure sur Wikipédia.
Mais au-delà de l’appel du devoir, je dois remercier mon mari, Philip. Depuis que nous sommes mariés, il est mon roc, ma force, mon sage conseiller et mon meilleur ami. Ce ne sont pas tous les hommes qui sont capables d’être mariés à une agente de la GRC, de la soutenir pendant qu’elle passe d’enquêtrice à commissaire, puis, des années plus tard, alors qu’elle amorce sa deuxième carrière au Sénat, d’être toujours là pour elle lorsqu’elle revient à la maison après quatre jours et un aller-retour de 6 000 kilomètres au centre de l’univers, avec tout ce que cela suppose. Je t’aime plus que tu penses et je promets de ne pas être trop autoritaire quand je serai à la maison à temps plein.
Parlant de famille, ma petite sœur, Janice Scott, est ici. Elle est venue d’Halifax pour l’occasion. Au fil des ans, elle est passée de la petite fille que je gardais à une femme exceptionnelle, ma compagne de voyage avant que je me marie — et même après — et la meilleure amie que j’ai jamais eue. Merci, sœurette, d’avoir toujours été là avec moi pendant toutes ces années. J’espère avoir également été là pour toi. Je t’aime tellement.
Je suis aussi accompagnée aujourd’hui de deux de mes meilleurs amis depuis plus de 50 ans, Rex et Deb Henry. Rex et moi nous sommes rencontrés pendant notre première affectation, à Salmon Arm, où nous étions tous deux des recrues. Il a épousé Deb peu de temps après. Ils ont deux filles, Erica et Kristan. Kristan est parmi nous aujourd’hui. Ces deux jeunes femmes sont mes filleules.
La sergente d’état-major Kristan Henry dirige l’unité d’infiltration et de répression de l’exploitation en ligne d’enfants au quartier général de la GRC, ici à Ottawa. Je suis tellement fière d’elle. Deux de ses enfants sont ici avec elle, Vega et Vigo. Son autre fils assiste aujourd’hui à sa collation des grades. J’aurais aimé y être, mais c’était impossible. Je suis incapable de vous dire à quel point je suis heureuse de les savoir ici pour vivre cette journée avec moi.
En réfléchissant à mon mandat au Sénat, j’ai pris pleinement conscience de la vue remarquable que j’ai depuis la fenêtre de mon bureau, qui donne sur le Monument commémoratif de guerre du Canada, et de tout ce que ce monument représente. À cette période-ci de l’année, le son des cornemuses me fait songer aux soldats tombés au combat et à ceux qui sont revenus vivants, mais changés à jamais, après s’être sacrifiés pour servir le Canada et protéger les libertés que nous tenons souvent pour acquises.
Je pense à mes parents, qui ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Mon père s’est enrôlé dans la Marine à 18 ans, il a passé la guerre en Europe, et il a été envoyé trois fois dans le passage de Mourmansk. Il nous en a souvent parlé. Il nous disait que c’étaient des missions périlleuses, et je sais bien que c’était le cas.
Il a également combattu dans le Pacifique et il a vu — de loin, heureusement — le nuage en champignon de la bombe atomique qui a frappé Hiroshima.
Je pense à ma mère qui, à 16 ans, a « modifié » sa date de naissance et qui s’est engagée dans les Forces armées canadiennes pour servir elle aussi son pays pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est née dans une petite ville de la Nouvelle-Écosse, dans une famille pauvre de 13 enfants. Même si cela représentait une aventure pour elle, elle était fière de faire partie des forces armées et elle parlait parfois de ses amies qui ne sont pas rentrées chez elles. Plus tard, quand le Service féminin de l’Armée canadienne a été démantelé, elle a terminé ses études, épousé mon père et fondé notre famille.
Les femmes de la trempe de ma mère ont été de véritables pionnières. Elles ont servi leur pays avec dévouement tout en abattant les obstacles pour celles qui allaient les suivre. Elles incarnaient littéralement le sens du devoir et l’esprit de sacrifice, tout en faisant la démonstration de leur valeur, afin que les générations futures de femmes puissent réaliser leurs ambitions, leur plein potentiel et leurs rêves au-delà des limites que la société imposait aux femmes à l’époque.
Je suppose, en rétrospective, que je porte dans mon ADN une partie de l’esprit de ma mère, car après avoir obtenu mon diplôme du Nova Scotia Teachers College, comme cela vous a été dit tout à l’heure, j’ai, moi aussi, décidé de poursuivre une carrière qui ne correspondait pas aux rôles réservés aux femmes à l’époque.
Comme les gens l’ont souligné, je passais en voiture devant le détachement local le jour où la GRC a annoncé qu’elle embaucherait des femmes. À l’époque, cette annonce a surpris tout le monde, à l’exception, je suppose, des hautes sphères, et ce fut un moment marquant. La carrière d’enseignante m’intéressait, mais ce jour-là, c’était comme si le destin m’appelait. J’ai découvert plus tard que j’étais un peu accro à l’adrénaline, alors je trouve que j’ai pris la bonne décision.
J’ai fait des examens écrits, passé des entrevues et subi un examen médical. Le formulaire médical était conçu pour les hommes, soit dit en passant. À un moment donné, j’ai dû tousser pendant que le médecin vérifiait ma prostate. Je ne sais trop comment, mais j’ai réussi ce test haut la main. Je vous raconterai l’histoire une autre fois.
Quatre mois plus tard, j’étais en formation avec 31 autres femmes incroyables. Ensemble, nous formions la troupe 17, la première classe de femmes. Comme vous pouvez l’imaginer, nous avons provoqué une tempête médiatique. Des représentants de CBC/Radio-Canada et d’autres agences de presse se sont rendus à la Division Dépôt, à Regina, pendant que nous étions là. La GRC n’était absolument pas prête à accueillir des femmes.
Comme on l’a dit, l’uniforme, je l’ai découvert plus tard lorsque j’ai eu accès à certains dossiers, a été conçu par l’entreprise derrière les uniformes d’Air Canada de l’époque. Comme vous pouvez l’imaginer, c’était très tendance, mais pas du tout fonctionnel. Il est vrai qu’il y avait un sac à main conçu pour un revolver à canon très court. Notre instructeur a dit : « Mesdames, vous feriez mieux d’apprendre à jouer du sac à main, car vous ne sortirez jamais votre arme à feu à temps pour tirer. » Je n’invente rien. Heureusement, ils ont rapidement reconsidéré la question des armes à feu. Avant d’obtenir notre diplôme, nous étions autorisées à porter une ceinture Sam Browne avec une vraie arme, un Smith & Wesson à six coups, comme les autres agents de la GRC. Il nous a fallu environ 16 ans pour être autorisées à porter la tunique rouge traditionnelle, le stetson et les bottes brunes, l’uniforme que nous avons tous fini par reconnaître comme un symbole international du Canada.
Je ne me rendais pas compte à ce moment-là que je marquais l’histoire. Je ne me suis jamais considérée comme une pionnière. Je voulais simplement servir ma collectivité et changer les choses.
Dans ce temps-là, c’était il y a plus de 50 ans, les radios portables n’existaient pas. Les agents travaillaient seuls et ne pouvaient compter sur aucun renfort en cas de besoin pendant les quarts de nuit. Je me suis plus d’une fois demandé si j’aurais dû continuer à enseigner. Je tiens toutefois à dire que j’ai connu là des héros qui m’ont traitée comme leur sœur et qui m’ont donné l’impression d’être à ma place. Je sais que cette expérience n’est pas pour tout le monde, mais une chose est sûre, elle l’était pour moi.
Quand je devais arrêter une personne dans un bar, la personne devant moi avait le choix : soit elle se battait avec une femme, soit elle perdait une bataille contre une femme.
Dans les deux cas en présence de ses amis. Aucune des deux options ne connaîtrait d’issue élégante. J’ai donc appris très tôt l’art de la désescalade. Dans les rares situations où la personne refusait de me suivre de son plein gré, les clients du bar se portaient à mon secours.
Selon mes amis qui sont encore là aujourd’hui, les choses ne fonctionnent plus nécessairement ainsi. La plupart des gens se contentent de sortir leur téléphone cellulaire et d’attendre pour voir ce qui va se passer ensuite — toute une différence, mais surtout, tout un changement alarmant et désespérant.
Au fil des ans, après avoir obtenu mon diplôme en droit de l’Université de la Colombie-Britannique, j’ai gravi les échelons, comme d’autres l’ont souligné avant moi, et j’ai été la première à faire toutes sortes de choses. Mon fils me taquine souvent. Le sénateur Klyne peut le confirmer. Au musée de Regina, on peut admirer un cheval empaillé, et mon fils répète tout le temps qu’une place m’est réservée juste à côté et qu’on va m’empailler, moi aussi.
Le plus grand honneur de ma vie a été quand j’ai reçu l’appel du premier ministre Harper pour m’annoncer que je serais la 21e commissaire de la GRC. J’étais sans voix. Dans ma tête, être nommée à un poste que j’ai toujours profondément admiré et respecté relevait presque du rêve. De pouvoir m’asseoir derrière le bureau de la commissaire, avec les portraits de ma famille sur les murs, a été un honneur et un privilège au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer.
Quand je suis entrée en fonction, la GRC traversait une période sombre de son histoire, et le moral des troupes était à son plus bas. Je me suis donné comme priorité de faire savoir aux membres que leur nouvelle commissaire comprenait leurs difficultés. Je tenais en outre à rappeler aux Canadiens qu’un agent de police, ce n’est pas seulement un uniforme et un insigne. Les policiers sont de vraies personnes. Tous les jours, ils vont travailler et ils doivent affronter des situations que la plupart des Canadiens ne peuvent vivre que dans leurs cauchemars.
Très souvent, ils le font avec très peu de ressources, au prix d’énormes sacrifices personnels et avec une reconnaissance limitée. Pourtant, ils continuent de répondre aux appels à l’aide, à réconforter les victimes et à servir de rempart entre le bien et le mal.
Nous, sénateurs, devrions nous rappeler aujourd’hui — et je me répète constamment que nos fonctions représentent à la fois un privilège et une responsabilité — qu’un statut aussi important que le nôtre nous offre une rare occasion, celle d’améliorer la vie de notre prochain. Cet appel à l’action nous pousse à rendre notre société et notre pays meilleurs qu’à notre arrivée. Nous devons garder contact avec ceux et celles que nous servons, les habitants du Canada. Cette tâche peut s’avérer difficile quand on mène une vie privilégiée, à l’abri des soucis. Quand j’étais commissaire de la GRC, j’allais souvent manger à la cafétéria, avec tout le monde, au lieu de la salle à manger des officiers, parce que je pouvais entendre parler directement du vécu, des difficultés, des aspirations et des problèmes de mes collègues, mais aussi apprendre ce que je pouvais faire pour les aider. Quel plaisir de voir les regards ébahis qui m’accueillaient quand j’arrivais avec mon plateau et que je décidais où j’allais m’asseoir.
Il y a quelque chose de vrai dans le dicton qui dit qu’on doit comprendre les gens avant de pouvoir les servir.
Quelqu’un a inventé une petite maxime que je me répète souvent pour me rappeler quelle est ma place. La voici : « Les gens se fichent de ce que vous savez jusqu’à ce qu’ils comprennent à quel point vous vous souciez d’eux. » La compassion et la confiance sont toujours les clés du succès et de la crédibilité, quel que soit le niveau où on est rendu.
Plus de 10 ans après avoir reçu l’appel annonçant ma nomination en tant que commissaire, un autre premier ministre, qui appartenait à un parti différent, m’a téléphoné pour me nommer sénatrice indépendante pour la province de la Colombie-Britannique.
Je n’avais jamais imaginé qu’un jour j’assumerais des fonctions parlementaires, mais encore une fois, j’ai été attirée par cette occasion de servir et d’offrir ma contribution à l’abri des influences partisanes. Ce poste me donnait l’occasion de contribuer selon mes principes et venait avec la liberté — et la responsabilité — d’examiner chaque question en fonction de ce qui compte pour les Canadiens.
Je me sens privilégiée d’avoir pu apporter ma petite contribution à ce travail important au cours des huit dernières années. Ce fut pour moi un véritable honneur de participer à la rédaction du rapport historique du Comité des pêches et des océans sur l’incidence des populations de phoques sur les pêches au Canada et au rapport révolutionnaire sur la séquestration du carbone; de donner une voix aux Britanno-Colombiens qui s’opposaient au projet de loi sur le moratoire relatif aux pétroliers; d’aider à mettre en valeur la culture autochtone de Haida Gwaii et de la nation haïda, à la fois unique et riche; et de parrainer le projet de loi S-12, un projet de loi d’initiative ministérielle qui modifiait considérablement la Loi sur l’enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels.
Au-delà de mon rôle législatif, j’étais déterminée à utiliser ma voix pour mettre en lumière le travail des policiers et des anciens combattants, raconter leurs expériences et donner une voix à ceux qui servent, mais qui n’ont pas de voix. C’était aussi ma façon de rappeler aux Canadiens la valeur de nos précieuses institutions et de notre mode de vie canadien. Il y a une raison pour laquelle les policiers canadiens sont appelés dans le Code criminel des « agents de la paix »; l’application de la loi vient en dernier recours.
Chers collègues, ce n’est un secret pour personne : la dernière décennie a été semée d’embûches pour les forces de l’ordre. Je m’inquiète de la tendance croissante de certaines personnes à imputer à tous les policiers des motifs criminels, ou du moins négatifs. Ces stéréotypes ont entraîné une vague de méfiance, de manque de respect et même de violence à l’égard de nos policiers, ce qui a eu des conséquences réelles et tragiques.
Nos paroles comptent, ici, dans cette enceinte, comme ailleurs. Les paroles que nous prononçons ici sont entendues partout, et parfois nous devrions nous rendre compte que nous avons la responsabilité de veiller à ce que nos discours ne s’éloignent pas de la réalité. Nous devons éviter que le discours public sur les forces de l’ordre ne soit façonné par la distorsion ou, pire encore — et c’est ce que je crois —, par les effets directs de l’ingérence étrangère dans le but d’attaquer et de saper les institutions qui nous sont chères.
Tout au long de mes années à la Chambre haute, j’ai eu l’honneur et le privilège de prendre la parole au Sénat pour mettre en valeur certains des héros du maintien de l’ordre. J’ai essayé de rendre hommage à certains des membres exceptionnels qui ont accompli des choses extraordinaires, comme mener des opérations d’infiltration pour sauver des enfants exposés au danger en ligne, dépenser son propre argent pour sauver des enfants du Vietnam et du Cambodge de l’esclavage sexuel, ou faire des vérifications de bien-être dans des campements de sans-abri. Malheureusement, ces gestes ont parfois coûté la vie à des policiers.
Quand je suis arrivée au Sénat, on comptait quatre anciens policiers dans cette vénérable enceinte, dont notre chère collègue la sénatrice Gwen Boniface. Maintenant que je prends ma retraite, je passe le flambeau au sénateur Dhillon pour qu’il continue d’être cette voix forte et réfléchie pour ceux qui portent l’insigne.
J’espère avoir rendu mes parents, ma famille, la province de la Colombie-Britannique et mon pays fiers. J’espère avoir pu rembourser, ne serait-ce que modestement, l’énorme dette de gratitude que je ressens pour les possibilités, la confiance et le soutien qu’on m’a offerts tout au long de ma vie et de ma carrière. Comme quelqu’un me l’a fait remarquer, ma mère m’a dit qu’elle n’aurait jamais pensé que j’irais aussi loin. J’aimerais qu’elle puisse me voir aujourd’hui.
Merci, meegwetch.