PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère du Patrimoine canadien
L'élaboration de politiques sur la culture
19 mars 2019
Bonjour, monsieur le ministre. Le 26 juin 2018, votre gouvernement a officiellement annoncé la Stratégie d’exportation créative du Canada, dont vous dirigez la mise en œuvre avec le soutien de la ministre de la Petite Entreprise et de la Promotion des exportations. Nous savons que des consultations préalables ont été menées auprès de 250 membres et que des tables rondes se sont tenues dans les grands centres urbains de Vancouver, Toronto et Montréal. Or, monsieur le ministre, comme vous le savez, il existe, à l’extérieur de ces grands centres, une production artistique et culturelle professionnelle riche et florissante et il existe dans ces régions des initiatives d’exportation extrêmement importantes. Je parle notamment de la stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale, des artistes qui font un travail important depuis 1999. Or, cette stratégie ne reçoit aucun financement de la part de Patrimoine canadien.
Ma question pour vous est la suivante : de quelle façon le gouvernement a-t-il consulté et adapté cette stratégie et ses critères d’évaluation pour tenir compte de ces organisations dans les régions qui vont vers des marchés qui ne sont pas les marchés des grands centres, mais qui sont extrêmement importants pour le développement des arts et de la culture au Canada?
Merci beaucoup de la question. Vous touchez un point fondamental. C’est toute cette vitalité qu’il y a par rapport à la culture partout au pays, dans les différentes régions, que ce soit en Acadie, dans le Nord de l’Ontario et un peu partout. C’est une des raisons pour lesquelles, le jour même de ma nomination, le 17 juillet dernier, quand on m’a emmené de Rideau Hall à mon bureau, je suis arrivé au bureau du ministre du Patrimoine canadien et j’ai dit : « C’est un bureau formidable, il est vraiment beau, mais je ne veux pas être ici, parce que ce n’est pas ici qu’on développe les politiques culturelles qui correspondent aux réalités des Canadiens et aux réalités vécues dans l’ensemble des régions. » Je me souviens que j’ai dit : « Je veux me promener. On va aller à Toronto, Montréal et Vancouver, mais je veux aller partout en région. » C’est la raison pour laquelle j’étais à Rimouski il n’y a pas si longtemps, et, la veille, j’étais à Rivière-du-Loup, je suis allé un peu partout parce qu’il y a des bijoux en région en ce qui a trait aux salles de diffusion, aux productions de théâtre et de musique, ainsi que dans la culture de façon générale. Le programme de 125 millions qui a été majoré est là pour tout le monde, pas seulement pour les organismes qui sont dans les grands centres canadiens, mais également pour les régions. J’espère que les Acadiens poseront leur candidature, parce qu’ils font des choses absolument extraordinaires, et j’espère que ce gouvernement sera là pour les appuyer également.
Mon commentaire, monsieur le ministre, c’est que Mme Boyer, qui est directrice générale du commerce international à Patrimoine canadien, a évoqué, devant le Comité des affaires étrangères en octobre dernier, si ma mémoire est bonne, les cibles et les principaux marchés que cette stratégie allait prendre en compte.
Parmi ces principaux marchés, il y avait d’abord l’Asie, puis l’Amérique latine, l’Europe et, enfin, le marché francophone du Nord de l’Afrique. Je suis assez préoccupé. Ma question est la suivante : comment est-il possible que le développement du marché francophone arrive seulement à la quatrième année de cette stratégie d’exportation, alors qu’on sait, comme vous venez de le dire vous-même, qu’il y a de grandes œuvres qui peuvent être exportées à l’international et qui viennent des communautés francophones, avant cette période, bien entendu?
Encore une fois, merci de la question, sénateur. Toute la question de la vitalité, de la promotion du fait français, c’est quelque chose d’absolument fondamental pour notre gouvernement. Je dirais même que c’est dans notre ADN, surtout si on tient compte de l’adoption de la Loi sur les langues officielles, de la promotion de nos langues officielles et de l’importance que l’on accorde aux deux langues officielles. Il y a des marchés qui sont importants, évidemment, comme le marché chinois. Je discutais avec le président de Cavalia récemment, parce qu’ils seront présents dans ce marché. L’Asie, étant donné le nombre de spectateurs et la capacité financière d’attirer nos industries culturelles, est un marché important. L’Amérique latine l’est également; ce sont nos voisins dans le sud — pour ma part, je viens d’un peu plus bas, de l’Argentine à l’origine. Il y a eu là-bas une mission commerciale qui a remporté énormément de succès.
Tout cela n’enlève rien à l’importance que la France, la Belgique et l’Afrique francophone peuvent avoir pour nous, pour le gouvernement. Nous entretenons, et vous le savez, sénateur, des liens très privilégiés avec l’ensemble de ces pays, et nous produisons des choses absolument extraordinaires, chez nous, dans les deux langues officielles, en français certainement, et pas uniquement au Québec, mais en Acadie et ailleurs, comme je l’ai vu dans différentes provinces. Nous serons là pour appuyer nos créateurs, nos artistes et artisans francophones, et pour exporter vers ces marchés.