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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La décriminalisation de l'homosexualité

Le cinquantième anniversaire

14 mai 2019


Honorables sénateurs, il y a 50 ans, aujourd’hui même, on adoptait le projet de loi C-150 lequel incluait une disposition visant à décriminaliser partiellement l’homosexualité au Canada. Ce projet de loi décriminalisait les actes commis dans l’intimité entre deux personnes consentantes de même sexe, âgées de 21 ans et plus, et visait ainsi l’infraction de grossière indécence.

De nombreux Canadiens se rappelleront que le premier ministre Pierre Elliott Trudeau avait déclaré « L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation. » Toutefois, combien de personnes se rappellent que cette déclaration tenait au fait que l’homosexualité était à l’époque considérée comme étroitement liée à un trouble mental et devait susciter de la sympathie plutôt que de donner lieu à des poursuites criminelles? Qui se rappelle de l’insistance avec laquelle on opposait le crime et le péché à la conscience individuelle pour comprendre ce comportement?

Pour certains, cette modification législative peut sembler bien timide aujourd’hui, car une partie de la population LGBTQ2+ continue de faire l’objet de discrimination depuis cette date. Or, en se replaçant dans le contexte social de l’époque, force est de constater que cette décision représentait un premier pas pour assurer le respect des droits de cette minorité sexuelle.

Chers collègues, il ne faut donc pas considérer la modification législative de 1969 comme l’aboutissement d’une revendication, mais comme le début d’une démarche qui est toujours en cours et qui vise à assurer le respect des droits fondamentaux de ces citoyens et citoyennes.

Comme il est essentiel de souligner que la reconnaissance, en 1969, des droits de la communauté gaie constitue un premier pas important, il faut également se rappeler les embûches qui ont été semées — et qui sont encore semées — sur le chemin de l’intégration, de l’acceptation et du respect des membres de la communauté LGBTQ2+.

Nous n’avons qu’à penser aux thérapies de conversion qui existent toujours au Canada ou à la discrimination dont sont victimes les personnes transgenres et intersexuées, qui poussent certaines d’entre elles à mettre fin à leur vie, pour nous convaincre à quel point il est important de poursuivre le travail visant à briser les préjugés et les tabous liés à ces réalités.

Des initiatives telles que la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, organisée le 17 mai chaque année par la Fondation Émergence, permettent de sensibiliser la population aux obstacles auxquels sont toujours confrontés les membres de la communauté LGBTQ2+. Cette année, cette journée cible les violences en ligne, à savoir la cyberhomophobie et la cybertransphobie, dont sont particulièrement victimes les jeunes.

Honorables sénateurs, la défense les droits des minorités, notamment la communauté LGBTQ2+, favorise le respect des droits de l’ensemble des Canadiens. Le Sénat du Canada a un rôle fondamental à jouer à cet égard.

Je vous invite donc à souligner la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie ce vendredi 17 mai.

Je vous remercie.

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