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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de la fierté et le mouvement Black Lives Matter

16 juin 2020


Honorables sénateurs, la sénatrice Wanda Bernard étant absente en raison des restrictions liées à la COVID-19, j’aurai l’honneur de lire la déclaration qu’elle a préparée :

Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui parler du Mois de la fierté et du mouvement Black Lives Matter. La fierté est l’occasion de célébrer la liberté qu’ont les membres de la communauté LGBTQ de jouir de leur orientation sexuelle et de leur expression de genre. De son côté, le mouvement Black Lives Matter cherche à nous libérer de l’esclavage et de la violence systémique. Dans cette quête de liberté, j’attire votre attention sur deux groupes dont les membres sont souvent privés de leur liberté et de leurs droits : les transgenres noirs ainsi que les prisonniers noirs.

Cette année, le Mois de la fierté a beau ne pas avoir la même allure que d’habitude en raison de la pandémie, nous pouvons quand même en profiter pour devenir des alliés dignes de ce nom. En pleine pandémie de COVID, les proportions pandémiques du racisme sont enfin devenues visibles aux yeux de M. et Mme Tout-le-Monde. Militants, défenseurs des droits et libertés, Noirs : tous unissent leur voix pour exiger du changement, du vrai. Bon nombre de Canadiens prennent conscience de l’ampleur du racisme anti-Noirs dans leur pays, et il n’y a pas meilleur moment que le Mois de la fierté pour redire encore et encore que la vie des Noirs, des personnes queer et des transgenres compte, elle aussi.

Hier, j’ai lu une lettre publiée dans l’Halifax Examiner par un groupe de prisonniers noirs. Elle s’intitulait « Black Lives Matter in Prison, too », ou « la vie des Noirs compte aussi, même en prison ». Les auteurs y disent qu’ils se sentent oubliés, exclus de ce mouvement :

Nous nous retrouvons à purger des peines encore plus longues parce que nous sommes jugés en fonction de la couleur de notre peau. On nous accuse d’appartenir à un gang. On nous punit pour avoir parlé ensemble. Nos visiteurs sont accusés de faire entrer des produits de contrebande, alors nous demandons à nos mères de ne pas venir nous voir. Les gardiens nous provoquent, puis ils nous imposent des mesures disciplinaires lorsque nous réagissons. Il n’y a pas de programmes conçus pour nous. Lorsque nous comparaissons devant une commission des libérations conditionnelles entièrement composée de personnes blanches, ces gens ne veulent pas nous laisser sortir.

Ces prisonniers affirment ceci : « Nous avons entendu des gens dire que, d’ici à ce que la vie de tous les Noirs compte, aucune vie ne comptera. D’ici à ce que la vie des prisonniers noirs compte, est-ce que qui que ce soit pourra être libre? »

Cela me rappelle ces propos tenus par Audre Lorde : « Je ne serai pas libre tant qu’une autre femme ne le sera pas, même si ses chaînes sont très différentes des miennes. »

Souvent, lorsque nous pensons au mouvement Black Lives Matter, nous ne songeons qu’à la vie des hommes noirs et à la situation actuelle au sein des services de police. Ces deux situations particulières, celle des prisonniers noirs et celle des transgenres noirs, sont une priorité, dans la mesure où je considère que nous ne serons pas libres tant que tout le monde ne sera pas libre.

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