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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'éducation en français en Colombie-Britannique

17 juin 2020


Chers collègues, le 12 juin dernier, la Cour suprême du Canada a rendu une décision qualifiée d’historique en faveur du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique, de la Fédération des parents francophones de cette province et des parents co-appelants dans une cause importante sur le financement de l’éducation en français au Canada.

Depuis 10 ans, ces organismes et individus allèguent que les écoles francophones de cette province sont sous-financées par rapport aux écoles anglophones, et que cela constitue une violation de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui porte sur les droits à l’instruction dans la langue de la minorité.

Eh bien, le plus haut tribunal du pays leur a donné raison, en affirmant que la Colombie-Britannique a l’obligation constitutionnelle de fournir une éducation équivalente dans les deux langues officielles.

Aujourd’hui, je souhaite rendre hommage aux parents francophones de cette province qui ont soutenu avec une détermination indéfectible que leurs enfants devraient avoir les mêmes droits que la majorité.

Chers collègues, comment peut-il exister de telles disparités dans les systèmes d’éducation, alors que le Canada s’enorgueillit de sa Charte des droits et libertés, de sa Loi sur les langues officielles et de sa Loi sur les droits de la personne? Des exemples troublants d’iniquités ont été mis en lumière durant cette saga judiciaire; pensons notamment aux enfants francophones qui doivent faire des trajets en autobus qui sont deux fois plus longs ou encore aux écoles sans bibliothèque ou gymnase ou dotées d’un gymnase tellement mal chauffé que les enfants doivent faire de l’exercice avec leur manteau sur le dos.

Durant 10 ans, des enfants canadiens n’ont pas eu accès à une éducation équivalente à celle de la majorité. Durant 10 ans, en plus de faire face à tous les défis inhérents à la parentalité, des femmes et des hommes ont dû consacrer du temps, de l’énergie et des ressources pour faire reconnaître des éléments qui sont tout simplement des droits fondamentaux dans notre pays.

Aujourd’hui, nous leur disons merci. Par leur détermination et leur engagement, ces parents offrent un cadeau inestimable à leurs enfants, aux communautés linguistiques en situation minoritaire et à tous les Canadiens, car ce sont toutes les provinces et tous les territoires qui sont appelés à respecter l’article 23 de la Charte.

Durant la pandémie, nous constatons plus que jamais à quel point les citoyens doivent être bien éduqués et formés pour faire face aux difficultés de demain. Pour ce faire, nous devons voir à ce que l’accès aux études soit essentiellement le même pour tous.

La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Assurons-nous à l’avenir que notre pays soit à la hauteur de cette déclaration.

Je vous remercie.

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