DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le travail législatif du Sénat
Remerciements
26 juin 2020
Chers collègues, il y a quelques jours, nous avons célébré le solstice d’été, ce moment de l’année où le soleil monte au plus haut dans le ciel et éclaire pendant une durée maximale l’un des deux hémisphères. C’est donc le jour le plus long de l’année, celui qui nous permet de regarder notre terre, notre pays et les êtres que nous aimons en pleine lumière pendant de longues heures. Dans les Territoires du Nord-Ouest, à Beaufort-Delta, il y a 24 heures de soleil par jour.
Ce jour-là, je marchais le long de la rivière des Outaouais en écoutant le silence presque total qui y régnait, un silence inhabituel, troublant et rassurant à la fois. J’entendais à peine quelques pas humains, quelques conversations discrètes, quelques battements d’ailes d’envolées d’oiseaux. C’était le genre de silence qui fait monter en soi une multitude de pensées et de questions.
En cette fin de session, en pensant à notre travail, nous qui sommes parmi les plus privilégiés de notre société, je me suis demandé ceci : avons-nous fait tout ce qu’il faut pour protéger nos concitoyens et assurer leur mieux-être? Avons-nous soutenu le mieux possible tous les élus de l’autre endroit dans les difficiles décisions qu’ils ont dû prendre?
À quoi l’avenir ressemblera-t-il? Y aura-t-il une deuxième vague? Ma famille, mes amis et ma collectivité seront-ils touchés? Vais-je perdre des êtres chers?
Je me posais ces questions en regardant un petit voilier qui voguait sur la rivière, et je me suis rappelé cet adage qui dit que sur l’eau, « le pessimiste se plaint de la direction du vent, l’optimiste espère qu’il va tout simplement changer de direction et le réaliste, lui, ajuste les voiles, et s’adapte à ces changements ».
Eh bien, je crois que c’est ce que nous avons tous tenté de faire, chers collègues : nous adapter, accueillir l’inconnu en faisant de notre mieux, chacun à sa manière, avec son style, certains plus colorés que d’autres, certains plus volubiles que d’autres, certains plus stratégiques que d’autres. Nous avons agi et continuerons d’agir.
Le Sénat du Canada a travaillé dans des conditions loin d’être idéales, j’en conviens, mais il a travaillé et il est temps de dire merci. Merci à l’administration, aux analystes, aux greffiers et aux interprètes, au personnel de la sécurité, aux pages, aux femmes et aux hommes qui sont nombreux à nous appuyer jour après jour dans nos bureaux.
Merci à notre Président qui a cette immense responsabilité de mener à destination les travaux de cette Chambre. Merci à vous tous, et particulièrement à la sénatrice Lillian Eva Dyck, qui termine son mandat au mois d’août et dont la force et l’intensité des interventions dans cette Chambre m’ont sensibilisé aux injustices que son peuple a subies. Voilà pourquoi nous devons continuer à travailler, pour offrir une voix aux plus démunis de notre société afin qu’ils soient entendus, reconnus, écoutés, respectés et aidés.
Nous sommes maintenant quatre groupes parlementaires dans cette Chambre, et nous savons que la loi de la majorité ne tient pas la route ici, heureusement. Aussi, à notre retour, chers collègues, nous devrons de nouveau nous asseoir et trouver ensemble les solutions et les compromis qui nous permettront de servir les Canadiens le mieux possible. C’est un pari audacieux mais tellement inspirant. Merci.