DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — May Bouchard
Le droit à l'éducation en français
27 juillet 2020
Chers collègues, il existe en Nouvelle-Écosse, aux abords de la baie Saint-Georges, dans le comté d’Antigonish, un magnifique petit village acadien qui porte le nom de Pomquet. On y trouve un parc provincial naturel, une église, une école et, surtout, un de nos trésors nationaux, Mme May Bouchard. Cette bâtisseuse, grande féministe, bénévole de longue date, ardente défenseuse de la langue française et de la culture acadienne, a célébré son 100e anniversaire de naissance le 19 juillet dernier.
Alors qu’elle était assez jeune, May Bouchard a dû quitter son village natal et éduquer ses six enfants à Montréal. À son retour chez elle plusieurs années plus tard, elle constata avec désolation que sa langue et sa culture avaient pratiquement disparu de son village. Elle travailla alors avec ardeur, détermination et acharnement pour que les enfants de son village puissent être instruits dans leur langue et leur culture. Après de nombreuses années d’efforts et de revendications, grâce à son engagement et à celui de sa communauté, une nouvelle école a enfin été construite en l’an 2000 à Pomquet pour servir la population francophone et les ayants droit, de la maternelle à la 12e année. Sans cette école, et sans les efforts de Mme Bouchard, cette communauté acadienne aurait sans doute disparu.
Chers collègues, cette histoire fait ressortir l’importance de la récente décision de Statistique Canada d’inclure dans le questionnaire de recensement de 2021 cinq nouvelles questions liées aux droits à l’instruction dans la langue de la minorité. Sans collecte adéquate des données, il est impossible de garantir que l’on respecte pleinement l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit le droit à l’instruction aux minorités de langue officielle. Si on ne respecte pas pleinement cette disposition, de nombreuses autres communautés linguistiques minoritaires risquent de disparaître.
Je remercie donc Statistique Canada et les nombreux organismes et individus qui ont travaillé d’arrache-pied pour sensibiliser toutes les institutions à cette importante question, et je remercie surtout Mme May Bouchard.
La Nouvelle-Écosse abrite une communauté acadienne compétente et motivée qui se compose d’hommes et de femmes comme Mme May Bouchard, dont l’expertise contribue grandement au développement de la province et à la vitalité du pays.
Depuis 1907, au Sénat du Canada, où les minorités et les régions sont représentées, il y a toujours eu un représentant acadien de la Nouvelle-Écosse, sauf au cours des cinq dernières années.
De plus, il est urgent que le Sénat soit de nouveau enrichi par la nomination d’une sénatrice ou d’un sénateur de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. Je l’affirme haut et fort, et je suis sûr que notre trésor national, May Bouchard, serait d’accord avec cette affirmation.
À bon entendeur, salut! Je vous remercie.