DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommage aux homardiers acadiens
5 mai 2021
Chers collègues, hier, le 4 mai à 6 heures du matin, heure de l’Atlantique, des citoyennes et citoyens respectant les règles de distanciation étaient rassemblés sur les quais des communautés acadiennes du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard pour saluer les homardiers qui prenaient la mer pour leur première journée de pêche.
Ce rituel annuel, qui a lieu au soleil levant, est à l’image de ce que représente cette ressource halieutique pour le peuple acadien : un moment de réjouissance, bien sûr, mais surtout l’espoir que ces pêcheurs reviendront avec des cargaisons leur permettant de faire vivre leurs familles et de contribuer au mieux-être de leur communauté.
Chaque année, en regardant les bateaux s’éloigner du port, nous pensons aux générations passées d’hommes et de femmes qui ont pris la mer parfois au risque de leur vie pour nourrir leurs familles.
En Acadie comme ailleurs, la pêche est bien plus qu’une source de revenus. Au-delà de sa dimension commerciale, la pêche est un mode de vie, un marqueur identitaire et culturel.
Je vous rappellerai qu’avant la déportation, les Acadiens vivaient avant tout d’agriculture. Chassés de leurs terres, ceux et celles qui n’ont pas péri dans le Grand Dérangement, se sont installés le long des côtes atlantiques et ont apprivoisé la mer pour assurer leur survie.
Dans son étude intitulée Pêche et identité en Acadie : nouveaux regards sur la culture et la ruralité en milieu maritime, le sociologue P.D. Clarke affirme ceci, et je cite :
C’est avec la Déportation que la société acadienne devint une communauté de pêcheurs, une vocation consacrée par la nécessité. Privés de leurs anciens moyens de production – les terres fertiles de la baie Française – et disséminés en grappes sur le littoral du golfe du Saint-Laurent et de l’Atlantique, les Acadiens furent amenés à s’incorporer au commerce du poisson, une pêcherie intégrée dans un système mondial de commerce d’étaple (staple), longtemps monopolisé par des compagnies anglo-jersiaises.
En effet, les Acadiens ont longtemps été exploités par de grandes compagnies et ont dû faire preuve de détermination et de courage pour accéder à cette industrie qui a aujourd’hui un impact économique majeur au Canada.
Grâce aux pêcheurs, aux travailleurs et travailleuses d’usine et aux exportateurs, le peuple acadien, les peuples autochtones et toutes les communautés engagées dans cette industrie contribuent ardemment à l’essor économique du Canada.
Hier, en regardant les bateaux disparaître derrière la ligne d’horizon, de nombreuses questions me sont venues à l’esprit comme sénateur et législateur. Comment assurer la préservation de ce crustacé savoureux considérant les changements climatiques? Comment garantir un partage équitable de cette précieuse ressource? Comment offrir une relève aux hommes et aux femmes qui quitteront ce métier bientôt? Dans un marché mondialisé, comment faire en sorte que le homard demeure abordable et accessible à notre population?
Par-dessus tout, comment réconcilier toutes les communautés de l’Atlantique autour de cette industrie si importante pour notre région?
Le Parlement canadien a un rôle déterminant à jouer à cet égard et il doit faire preuve de leadership.
Aussi, remercions tous ceux et celles qui contribuent à cette industrie et travaillons ensemble afin que les droits de tous soient respectés et que la solidarité et la paix soient toujours au rendez-vous.
Je vous remercie.