DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Journée mondiale de lutte contre le sida
1 décembre 2021
Honorables sénateurs, depuis l’apparition du sida, 80 millions de personnes ont été infectées et plus de 36 millions d’individus sont décédés. Aujourd’hui, 38 millions d’individus vivent avec ce virus et de 700 000 à 1 million de personnes en meurent chaque année.
Derrière ces chiffres, des femmes, des hommes, des enfants, des personnes de tous les milieux, de toutes les origines et de toutes les régions du monde meurent ou vivent avec cette terrible maladie.
Il y a 40 ans, le VIH-sida faisait son apparition sur la planète. C’était alors une maladie honteuse, la maladie des autres, la maladie des homosexuels et des utilisateurs de drogues.
Autour de moi, Bernard, Laval, Pierre et tant d’autres meurent en silence, car on ne révèle pas la vraie nature de sa maladie, pour ne pas ostraciser sa famille, pour ne pas être rejeté.
Eh bien, il en est encore ainsi aujourd’hui, chers collègues. Il est encore tabou de révéler sa séropositivité. Malgré l’apparition de la trithérapie en 1996, malgré les avancées scientifiques, malgré le fait que ce soit considéré comme une maladie chronique, un silence règne toujours dans nos communautés. La propagation de ce virus se poursuit, car il n’y a toujours pas de vaccin contre le sida.
Au Canada, en 2019, 2 122 diagnostics de VIH ont été signalés selon les données du rapport de surveillance du VIH. Les groupes d’âge les plus ciblés sont les 30 à 39 ans, suivis des 20 à 29 ans, puis des 40 à 49 ans.
Le plus troublant, chers collègues, c’est que selon les estimations de l’Agence de la santé publique du Canada en 2018, 13 % des personnes vivant avec le VIH ignoraient qu’elles étaient infectées.
La prévention et l’accès aux médicaments sont essentiels si l’on souhaite éradiquer cette maladie de la surface de la Terre. Toutefois, la pandémie de COVID-19 nous a démontré que si les pays de l’hémisphère Nord n’aident pas véritablement les pays de l’hémisphère Sud à avoir accès aux médicaments, ce souhait ne se réalisera pas. Si nous ne travaillons pas de façon concrète à réduire les inégalités dans le monde, ce souhait ne se réalisera pas.
En cette Journée mondiale du sida et en cette Semaine nationale de sensibilisation au sida chez les autochtones, que faut-il faire, honorables sénateurs, pour que le Canada prenne ses responsabilités à l’échelle nationale et internationale et atteigne les cibles qu’il s’est fixées avec l’ONUSIDA afin d’éradiquer cette maladie d’ici 2030?
Il ne s’agit pas de choisir entre éradiquer la pandémie de sida qui fait rage en ce moment ou se préparer aux pandémies futures. La seule approche fructueuse est celle qui permettra de vaincre sur les deux fronts. À ce jour, nous ne sommes pas près de réussir quoi que ce soit, selon la directrice exécutive de l’ONUSIDA.
Le temps est venu de se mobiliser, chers collègues, et d’inviter nos compatriotes à en faire davantage. Le VIH-sida n’est pas une pandémie du passé, c’est une pandémie d’aujourd’hui.
« Mettre fin aux inégalités. Mettre fin au sida. Mettre fin aux pandémies. » Voilà le thème qui devrait nous inspirer, car personne n’est à l’abri tant que nous ne sommes pas tous à l’abri. Merci. Meegwetch.