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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de la Francophonie

30 mars 2023


Chers collègues, je demande votre indulgence aujourd’hui, car c’est avec une voix fragile que je m’adresse à vous — fragile, un peu à l’image de la fragilité de la langue française au Canada.

En effet, la langue française est fragilisée partout en ce moment au pays. Le nombre de personnes qui parlent le français de façon prédominante à la maison continue d’augmenter, mais le poids démographique des francophones diminue de plus en plus rapidement dans notre pays.

Les défis sont de plus en plus nombreux pour contrer le déclin démographique de la francophonie canadienne et agir pour redresser la situation. Il nous faut mobiliser la jeunesse, assurer un accès à l’éducation en langue française de la petite enfance au postsecondaire partout au pays, accroître l’immigration francophone et créer des espaces culturels et des espaces de vie attrayants pour les francophones et les francophiles d’ici et d’ailleurs.

Cette responsabilité d’assurer l’avenir de la langue et de la culture françaises au Canada ne repose pas sur les seules épaules des communautés de langue officielle en situation minoritaire et du Québec. Il appartient à nous tous, Canadiens et Canadiennes, de reconnaître l’importance de cette langue et de mettre la main à la pâte pour assurer sa pérennité.

Le mois de mars qui se termine nous a offert l’occasion de célébrer la richesse d’une de nos deux langues officielles et de réaffirmer la place qu’occupe le Canada dans la Francophonie internationale.

La Francophonie, dont le Canada est membre, a pour mission de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, de promouvoir la paix, la démocratie et les droits de la personne et d’appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche.

C’est donc bien plus qu’une langue que nous avons célébrée ce mois-ci. C’est un espace culturel, social, politique et économique.

Toutefois, comment s’incarne la francophonie au Canada? Qui assure la présence de la langue française d’un océan à l’autre au Canada? Il y a incontestablement le Québec qui possède une richesse linguistique et culturelle inestimable et qui agit comme un foyer majeur d’expression et de rayonnement de cette langue.

Cependant, nous pouvons affirmer que ce sont principalement les citoyennes et citoyens des communautés de langue officielle en situation minoritaire et leurs amis qui agissent dans les provinces et territoires pour que la langue française fleurisse et s’épanouisse dans tout le pays, et que des espaces de vie en français puissent accueillir des francophones et francophiles de partout, réaffirmant ainsi le contrat social du Canada.

Aussi, chers collègues, le temps est venu de doter notre pays d’une Loi sur les langues officielles modernisée, robuste et forte. Le temps est venu de se doter d’une politique d’immigration francophone audacieuse et efficace. Le temps est venu de mettre en œuvre des lois qui assurent la juste place que doivent occuper la langue française et les artistes francophones dans l’espace numérique et dans nos lieux culturels.

Comme législateurs, nous avons le pouvoir d’agir. Soyons visionnaires et travaillons tous ensemble pour assurer l’avenir de ce trésor national qu’est la langue française, parlée par 321 millions de locuteurs répartis sur cinq continents. En espérant que vous avez eu un bon Mois de la Francophonie et que vous continuerez de célébrer cette langue française tout au long de l’année. Merci, honorables sénateurs.

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