DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie
17 mai 2023
Chers collègues, la montée de la haine anti 2ELGBTQI+ en Amérique du Nord et dans le monde existe bel et bien et est présente ici, au Canada. Si nous avons fait des avancées importantes en matière d’égalité juridique dans notre pays, nous sommes encore bien loin de l’égalité sociale.
Cette haine, alimentée par une peur excessive et déraisonnable de quelque chose qui ne présente aucun danger, est appelée phobie. En cette Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, il est important de rappeler que ces phobies sont irrationnelles, que les personnes 2ELGBTQI+ ont toujours existé et ne représentent aucun danger, et que le fait d’être une personne 2ELGBTQI+ n’est ni une maladie ni une idéologie, mais une identité humaine.
La stigmatisation des personnes 2ELGBTQI+ est d’une part causée par ces peurs irrationnelles, mais est aussi alimentée par des politiques et pratiques discriminatoires qui sont encore malheureusement présentes au Canada. Pensons notamment aux enjeux associés au don d’organe et de sperme chez les hommes gais, à la criminalisation de la non-divulgation de la séropositivité, aux chirurgies purement cosmétiques pratiquées sur les organes génitaux des personnes intersexes, au manque criant d’accès aux soins de santé pour les personnes trans et à la prophylaxie préexposition contre le VIH ou PrEP. Des discriminations intolérables sur lesquelles nous devons tous et toutes travailler.
Nous pouvons tout de même nous réjouir des avancées significatives des dernières années dans notre pays et nous targuer d’avoir au Parlement canadien un nombre record de parlementaires membres des communautés 2ELGBTQI+ et de nombreux alliés, que je remercie de leur soutien.
C’est d’ailleurs dans ce contexte que le Caucus canadien de la Fierté a vu le jour il y a quelques mois. Composé de sénateurs et de députés membres des communautés 2ELGBTQI+, ce caucus a pour objectif principal d’œuvrer de façon non partisane à l’avancement des droits des personnes 2ELGBTQI+ au Canada et ailleurs, tout en assurant un dialogue actif avec les organismes de la société civile.
Chers collègues, si le Canada est à l’avant-garde de la protection des droits de la personne à l’intérieur de ses frontières, il doit faire preuve de générosité et de solidarité envers les communautés à l’étranger, comme celles de l’Ouganda et du Nigeria, qui font l’objet d’une discrimination extrême et travaillent fort pour faire progresser les droits des personnes LGBTQI+, au risque de leur vie.
Tant que l’équité complète entre les droits de tous les êtres humains ne sera pas atteinte, il y aura toujours des combats à mener.
Je salue haut et fort tous les organismes et individus de la société civile qui œuvrent ardemment pour assurer l’amélioration des droits de ces communautés. Travailler aux droits des communautés 2ELGBTQI+, c’est travailler aux droits de tous les êtres humains.
Chers collègues, faisons un pas vers l’avant. Célébrons nos avancées, bien sûr, mais surtout, engageons-nous à enrayer pour de bon les LGBTQphobies.
Je vous remercie.