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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Nunavut

30 mai 2023


Chers collègues, connaître le Grand Nord, les peuples qui y habitent et les langues qu’on y parle, voilà le rêve que je caressais depuis toujours.

Avoir la certitude qu’on ne peut comprendre notre pays sans aller à la rencontre des premiers peuples ayant habité ces territoires depuis des millénaires, c’est avec ce rêve en tête que j’ai entrepris un voyage de trois jours au Nunavut, au pays des Inuits. Un périple fascinant et transformateur réalisé grâce à la complicité et la collaboration de notre collègue le sénateur Dennis Patterson, que je remercie très sincèrement de son aide précieuse.

Le Nunavut, le plus grand territoire du Canada, est dirigé par un gouvernement de consensus, c’est-à-dire que les députés de son assemblée législative ne sont rattachés à aucun parti politique. C’est un mode de gouvernance fort inspirant pour un sénateur indépendant. Je tiens à remercier le Président Tony Akoak et Pamela Hakongak Gross, ministre de la Culture et du Patrimoine, pour leur chaleureux accueil dans cette enceinte où règne le respect.

Sur ce territoire presque entièrement recouvert par la toundra arctique, j’ai été guidé dans mon excursion par la commissaire aux langues, Karliin Aariak, qui travaille avec ardeur et détermination pour assurer le respect de la Loi sur les langues officielles du Nunavut et la Loi sur la protection de la langue inuit. Une tâche gigantesque que les gouvernements du Nunavut et du Canada doivent impérativement appuyer et soutenir.

Car au pays des qimmiq, cette race de chiens qui est l’une des plus anciennes au monde, les langues et les cultures voyagent et cohabitent, enrichissant ce territoire majestueux de sonorités étonnantes. L’inuktut et toutes ses composantes, le français et l’anglais résonnent dans ce territoire comme autant de signes de la diversité de notre pays et de notre capacité à vivre ensemble.

Au pays du qulliq, la lampe traditionnelle inuite, j’ai rencontré l’inspirante Leena Evic, propriétaire du centre Pirurvik, une entreprise de formation linguistique qui propose l’apprentissage de l’inuktut dans le cadre d’un processus à la fois spirituel et réparateur. C’est un exemple éloquent du lien indissociable entre la langue, la culture et l’identité.

Dans la petite communauté d’Apex, Ann Meekitjuk Hanson m’a parlé avec optimisme et bienveillance de l’avenir de la langue inuktitute.

Au pays des inukshuks, j’ai aussi rencontré de jeunes artistes qui utilisent le chant guttural pour exprimer leur amour de la terre.

Enfin, j’ai aussi rencontré la francophonie au Nunavut. Elle est de toutes les origines, de l’Acadie, du Québec, du Cameroun et d’ailleurs, et elle embrasse ce territoire avec ardeur et passion, en ayant en son centre la belle école des Trois-Soleils.

Chers collègues, vous l’aurez compris, je suis tombé en amour avec le Nunavut et ses habitants qui puisent dans ce territoire l’énergie créatrice, la force et la spiritualité pour soigner, guérir, réparer et construire l’avenir.

Aujourd’hui, je rêve de voler à nouveau sur les ailes du grand oiseau d’acier pour retrouver ces personnes et en apprendre davantage, car ce voyage n’était qu’un début, le début d’une aventure qui me transformera à jamais.

Qujannamiik, Nunavut.

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