DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'engagement du Canada à l'égard de la lutte au VIH-sida
12 février 2024
Chers collègues, le 7 février dernier, la Fondation canadienne de recherche sur le sida (CANFAR) a dévoilé son plan stratégique, dans lequel elle constatait une augmentation alarmante des cas de VIH au Canada.
En effet, l’Agence de la santé publique du Canada fait état de 1 833 nouveaux cas déclarés du VIH en 2022, touchant principalement les hommes âgés de 30 à 39 ans. Il s’agit d’une augmentation de 24,9 % de nouveaux diagnostics par rapport à 2021 — la plus haute augmentation depuis plus de 10 ans.
La Saskatchewan et le Manitoba sont les provinces les plus touchées, avec respectivement 19,0 et 13,0 nouveaux cas par 100 000 habitants, contre une moyenne nationale de 4,7 nouveaux cas.
Comme le précise CANFAR dans son plan stratégique, et je cite :
L’épidémie du VIH au Canada a été alimentée en grande partie par les inégalités en matière de santé, la réduction des services de dépistage pendant la pandémie de COVID-19, le manque d’éducation sexuelle pour les jeunes, la crise de consommation de drogues, et le manque de dépistage et de soins culturellement appropriés.
La Fondation canadienne de recherche sur le SIDA estime qu’environ un Canadien sur dix qui est atteint du VIH ignore son état et n’a pas reçu les traitements antiviraux qui pourraient lui sauver la vie. La stigmatisation, le racisme, l’homophobie et la transphobie font partie des obstacles qui empêchent les gens de se faire tester sans crainte ni jugement.
L’éducation sexuelle insuffisante dans les écoles, la discrimination envers les communautés 2ELGBTQI+, en particulier envers les jeunes transgenres, ainsi que les politiques publiques restrictives sont tous des facteurs qui augmentent la discrimination et ne contribuent pas à éradiquer ce virus. Alors, chers collègues, qu’allons-nous faire pour changer cette situation intolérable?
Comme vous vous en souviendrez peut-être, il y a quatre ans, j’ai déposé au Sénat une motion qui, grâce à vous, a été adoptée le même jour et qui exhortait le gouvernement à faire passer le financement de l’Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida à 100 millions de dollars par année. Bien que nous félicitions le gouvernement fédéral pour ses efforts, le financement durable des interventions communautaires au Canada fait toujours défaut et les inégalités s’accentuent.
Nous avons besoin de plus de soutien pour les organisations. Il faut donner un meilleur accès à la prophylaxie préexposition, à l’autodépistage, aux médicaments et à d’autres mesures, et il faut mettre fin à la discrimination.
Trente-neuf millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH en 2022 et 630 000 personnes en sont mortes. Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des hommes, des enfants, des personnes de tous les milieux, de toutes les origines et de toutes les régions du monde.
Honorables sénateurs, le VIH n’est pas un virus qui appartient au passé. Il est bien présent chez nous aujourd’hui et il s’attaque particulièrement à notre jeunesse partout au pays.
L’ONUSIDA et ses pays membres, dont le Canada, se sont engagés à mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030. Le temps presse.
Agissons ensemble, maintenant!
Merci. Meegwetch.