PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté
Les étudiants étrangers
8 octobre 2024
Bienvenue au Sénat, monsieur le ministre. Le 18 septembre dernier, vous avez annoncé une diminution supplémentaire de 10 % du plafond des permis d’études pour les étudiants étrangers, ainsi qu’une réforme de l’admissibilité au permis de travail postdiplôme.
Pour obtenir ce permis de travail, les étudiants étrangers inscrits dans les collèges publics devront étudier dans un domaine associé à des secteurs d’activité prioritaires, comme la santé et les technologies. Ces secteurs, identifiés par votre gouvernement, ne tiennent pas nécessairement compte des besoins provinciaux et régionaux en matière de main-d’œuvre.
Cette décision aura un impact sur l’offre de programmes collégiaux et, par extension, sur les entreprises et les communautés du Nouveau-Brunswick.
Monsieur le ministre, avez-vous mesuré l’impact de cette décision sur les établissements postsecondaires en milieu minoritaire?
Pourquoi ne pas avoir délégué aux provinces la responsabilité d’établir ses propres secteurs prioritaires dans la mise en œuvre de cette réforme?
La réponse très simple, monsieur le sénateur Cormier : les provinces n’ont jamais assumé cette responsabilité et cela fait un an que je le leur demande.
Je leur ai clairement dit, lors de la première ronde de mesures que j’ai mises en place il y a moins d’un an, que je ne suis pas là pour supprimer des marchés qui sont viables, surtout dans des communautés fragilisées et régionales, mais je leur ai demandé de me revenir avec des données à l’appui, des études de marché et des propositions.
Jusqu’à maintenant, le Québec est le seul à nous avoir proposé une mesure et à nous avoir demandé plus de travailleurs temporaires. Le Manitoba a réclamé une dérogation. On leur a dit : « Volontiers; on n’est pas là pour vous dire quoi faire, mais il faut que cela ait de l’allure. »
Il fallait sévir et s’assurer que les institutions postsecondaires puissent s’arrimer avec le marché du travail, que ce ne soit pas des programmes qui n’ont aucun sens et que tout cela s’arrime avec les marchés locaux.
Le gouvernement fédéral n’a pas le monopole de la vérité. Nous avons besoin de la participation des provinces, pour qu’elles nous donnent accès à leurs études de marché là et qu’elles nous disent où les pénuries existent pour qu’on puisse arrimer nos programmes. Je ne suis pas là pour dire à qui que ce soit qu’on ne peut pas avoir ces emplois.
En même temps, j’ai une responsabilité pour ce qui est de l’accord ayant trait aux visas.
Conformément à la Loi sur les langues officielles, le gouvernement fédéral doit prendre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en milieu minoritaire, notamment en appuyant des secteurs essentiels à leur épanouissement, comme celui de l’emploi.
Les changements annoncés quant à l’admissibilité au permis de travail postdiplôme risquent d’avoir un impact négatif concret sur le secteur de l’emploi en contexte minoritaire.
Conformément à vos obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles, votre gouvernement a-t-il mesuré les impacts négatifs potentiels que cette réforme pourrait avoir sur la vitalité des communautés de langue officielle en milieu minoritaire?
Le gouvernement fédéral a une responsabilité toute particulière envers les communautés francophones à l’extérieur du Québec et même au Québec.
En ce qui a trait à cette responsabilité particulière dans les communautés vulnérables, dans les petites communautés pour des institutions qui sont toutes aussi vulnérables, le gouvernement a aussi le devoir d’être flexible.
C’est ce que j’ai demandé à mon ministère de faire. Nous avons besoin de l’implication des provinces en question. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai lancé cet été le programme de projet pilote, pour nous assurer que les francophones qui étudient dans ces institutions puissent avoir une voie privilégiée à la résidence permanente. Il s’agit d’un attrait pour ces gens-là.