DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Déclaration universelle des droits de l’homme—Le Jour du souvenir acadien
11 décembre 2025
Honorables sénateurs, au lendemain de la Journée internationale des droits de la personne et à quelques jours du 13 décembre, le Jour du souvenir acadien, qui commémore la déportation des Acadiens, saviez-vous que c’est un Néo-Brunswickois, John Peters Humphrey, qui a rédigé la première version de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui a été adoptée aux Nations Unies le 10 décembre 1948?
Cette déclaration universelle, qui affirme le droit fondamental de tout individu à vivre en liberté et en sécurité et à ne pas être arbitrairement privé de son foyer ou de sa patrie, met en relief de manière saisissante les tragédies et les drames qui ont mené à la création de notre pays, dont les cicatrices sont toujours présentes aujourd’hui.
Le sort du peuple acadien, né sur ce territoire de l’Amérique du Nord et déporté au XVIIIe siècle lors du Grand Dérangement, en est un exemple éloquent. En déracinant les Acadiens de force, en séparant les familles, en les privant de leurs biens et en les dispersant dans différentes colonies, la Couronne britannique de l’époque a fait fi de toute considération humaine.
Cette tragédie qui est inscrite au cœur de notre histoire commune illustre ce qui se produit lorsqu’un groupe humain est dépourvu des garanties juridiques et politiques protégeant sa dignité et sa liberté. Ces garanties, la déclaration cherche aujourd’hui précisément à les universaliser pour éviter la répétition de telles injustices historiques.
La déclaration universelle souligne aussi le droit de chaque peuple à préserver sa culture, sa langue et son identité. Or, la déportation des Acadiens, en visant explicitement à dissoudre une communauté culturellement distincte, a contrevenu à ces principes fondamentaux. Après être revenus sur le territoire, les Acadiennes et les Acadiens ont dû lutter, et continuent de le faire, pour maintenir leurs traditions, leur langue française et leur cohésion sociale. Chers collègues, le contraste entre cette épreuve historique et les aspirations de la déclaration nous rappellent que la reconnaissance des droits de la personne n’est pas seulement un idéal abstrait, mais une nécessité concrète pour protéger les peuples contre l’effacement culturel et l’oppression, en leur assurant une pleine reconnaissance.
Aussi, il est étonnant, plus de quatre siècles plus tard, que le peuple acadien, premier peuple francophone à débarquer sur les côtes atlantiques, ne trouve toujours pas d’ancrage explicite dans nos textes constitutionnels et législatifs. Ce peuple fait partie des communautés de langue officielle en situation minoritaire, j’en conviens, mais sa pleine reconnaissance culturelle, politique et juridique se fait toujours attendre.
Face à ce constat, et puisque la langue française est si fragile dans notre pays, j’émets le souhait que le peuple acadien soit un jour pleinement reconnu dans les institutions démocratiques du Canada.
En m’inspirant du travail remarquable du Néo-Brunswickois John Peters Humphrey et du texte de la Déclaration universelle des droits de l’homme, j’invite chacun d’entre nous, chers collègues, à poursuivre notre travail de législateurs afin d’assurer la pleine reconnaissance de tous les peuples de notre magnifique pays.
En terminant, permettez-moi de vous souhaiter de joyeuses Fêtes. Que la joie, la santé et la sérénité soient au cœur de vos célébrations afin que nous puissions continuer à servir les Canadiens en toute solidarité.
Que cette période de l’année soit l’occasion de témoigner votre amour à vos proches et votre solidarité aux plus démunis de notre société. Joyeuses Fêtes!
Merci. Meegwetch.