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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le journalisme culturel

22 avril 2026


Honorables sénateurs, à la veille de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, je veux rendre hommage à des journalistes culturels qui ont promu la littérature, les arts et la culture tout au long de leur carrière. Il y a moins de deux mois, nous apprenions le décès soudain de l’animateur et chroniqueur Franco Nuovo, qui a mis son talent au service de Radio-Canada pendant plus de 20 ans.

Grand amoureux des arts et de la culture, Franco Nuovo s’inscrivait dans la longue tradition des journalistes et animateurs qui ont consacré leur carrière à la promotion de l’importance des arts et de la culture dans notre société. Tout comme René Homier-Roy, un de ses collègues qui nous a quittés récemment lui aussi, il incarnait le professionnalisme et la rigueur, deux qualités caractérisant notre radiodiffuseur public.

En donnant la parole aux artistes, aux créateurs et aux penseurs, les journalistes culturels permettent à la population de mieux comprendre les œuvres, les courants et les enjeux qui façonnent l’identité culturelle du Canada. Ils contribuent ainsi à bâtir la sphère d’influence permettant aux arts de jouer leur rôle transformatif sur la société.

Grâce à ses émissions, séries, entrevues et documentaires, la télévision et la radio de Radio-Canada cherchent à refléter la diversité des voix et des accents du pays. Pour les francophones du Canada, particulièrement ceux qui vivent en situation minoritaire, Radio-Canada est un espace vital, un lieu où la langue française est valorisée, vivante et transmise. Elle contribue à renforcer le sentiment d’appartenance, préserver notre mémoire collective et faire rayonner la culture francophone d’un océan à l’autre à l’autre. Ce travail de médiation culturelle rend les arts accessibles et ancrés dans le quotidien des citoyens, qu’ils soient francophones ou francophiles.

Au-delà de la promotion des arts, le journalisme culturel joue aussi un rôle critique fondamental. Il analyse, questionne et met en perspective les productions culturelles, favorisant ainsi le débat public et la réflexion collective. Cette approche rigoureuse et indépendante assure une couverture qui va bien au-delà du simple divertissement, en traitant la culture comme un pilier de la vie démocratique.

Dans un contexte de mondialisation et de concurrence accrue des plateformes numériques, le journalisme culturel agit à la fois comme un rempart pour la visibilité de la culture locale et comme un multiplicateur du nombre d’initiés de ce secteur. Il soutient la création nationale, valorise les voix émergentes et renforce le sentiment d’appartenance. En ce sens, il demeure un outil indispensable pour préserver et renouveler le patrimoine culturel francophone.

Le travail des journalistes culturels partout au pays est plus essentiel que jamais. Merci à Franco Nuovo, à René Homier-Roy, à Anne-Marie Parenteau en Acadie et à tous les autres, qui sont des « allumeurs de réverbères » qui contribuent à accroître notre connaissance et notre appréciation de la richesse de la production culturelle canadienne.

J’en profite pour remercier nos collègues les sénatrices Julie Miville-Dechêne, Paula Simons et Pamela Wallin, qui ont mené des carrières remarquables de journalistes avant leur entrée à la Chambre haute.

Merci. Meegwetch.

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