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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'innovation dans le domaine de la santé

4 juin 2026


Honorables sénateurs, tous les jours, je rencontre des innovateurs canadiens qui trouvent des solutions remarquables à nos défis les plus pressants dans le secteur public. Et s’il y a bien un domaine où les défis sont pressants, c’est celui de la santé. Les Canadiens peinent à obtenir les soins dont ils ont besoin, mais — cruelle ironie —, lorsqu’ils y parviennent, ces soins sont parmi les meilleurs au monde. L’obstacle n’est pas qualitatif. Il vient du « système » qui gère tout cela.

C’était au cœur du discours que j’ai fait hier lors de la 25e conférence annuelle de Research Money. J’ai passé plus de 30 ans à rencontrer des Canadiens brillants qui créent des solutions novatrices de classe mondiale et qui finissent par être incapables de mettre ces solutions en œuvre au Canada. Avec quelque 11 000 $ de fonds publics par habitant consacrés aux soins de santé chaque année, le Canada est un des pays qui dépensent le plus parmi ceux qui ont un système de santé à accès universel. Pourtant, les budgets serrés et le vieillissement de la population font que dépenser sans compter jusqu’à ce que les résultats s’améliorent n’est pas une option. Nous devons innover.

La recherche, les données et les talents dans le domaine de la santé au Canada sont de classe mondiale. Prenons l’annonce faite cette semaine concernant le financement fédéral accordé à un programme de données sur la santé propulsé par l’intelligence artificielle appelé VITAL implanté à l’Hôpital St. Michael’s de Toronto. L’objectif de ce programme est d’utiliser des données anonymisées pour réaliser des économies et améliorer les résultats pour les patients. C’est encourageant, mais ce n’est pas suffisant. Ce ne sont pas les bonnes idées qui font défaut au Canada, c’est leur mise en application. Nous investissons des milliards dans la recherche scientifique en santé sans stratégie de commercialisation digne de ce nom. Nous investissons des milliards pour concevoir de la propriété intellectuelle sans plan ni système pour nous en servir. Nous célébrons de grandes découvertes dans les laboratoires du Canada qui n’atteignent jamais les Canadiens ordinaires.

Le Dr Dante Morra, PDG du Réseau de santé CAN, était également conférencier hier. Le Réseau de santé CAN, un modèle de réussite, réduit les tracasseries administratives fédérales, provinciales et territoriales en mettant les innovateurs directement en contact avec les directeurs d’établissements de soins de santé. Il montre ce qu’il est possible de faire si on empêche la bureaucratie d’être un obstacle entre les solutions éprouvées et les fournisseurs de soins de santé et les patients qui en ont besoin.

La solution est évidente : moderniser l’approvisionnement pour déployer des solutions canadiennes novatrices aux problèmes canadiens pour le bien des patients canadiens, élargir la législation afin que l’interconnexion ne se limite pas aux équipements et aux appareils médicaux, et échafauder une solide stratégie de commercialisation — pas seulement de recherche.

L’actuelle crise qui frappe l’accès aux soins de santé exige que nous trouvions de nouvelles solutions. Nous avons tous les ingrédients essentiels. Nous avons un gouvernement qui affirme être prêt à prendre des mesures audacieuses. Créons un grand projet dans le domaine des soins de santé pour faire de grands pas en avant avant qu’une autre génération d’innovations canadiennes soit perdue dans le système que ces innovations sont censées réparer.

Merci.

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