DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'équipe canadienne chargée des effets aériens
8 octobre 2026
Honorables sénateurs, c’est pour moi un honneur de souligner les réalisations de l’équipe canadienne chargée des effets aériens, dont de nombreux membres sont présents à la tribune aujourd’hui.
Chers collègues, la mise en place de chaînes d’approvisionnement souveraines exige des efforts considérables et une grande attention. Pensons à notre armée, où l’on estime que 75 cents sur chaque dollar consacré à l’approvisionnement finissent par être versés aux États-Unis. La création de capacités souveraines dépend du développement, par le Canada, d’une capacité stratégique répondant aux besoins en constante évolution de nos alliés et pouvant être mise à profit au-delà du domaine militaire. Cela nécessite une compétitivité mondiale dans certains secteurs où nous sommes en mesure de jouer un rôle de premier plan, ainsi que des partenariats entre le personnel déployé et les innovateurs du secteur privé.
Ce dernier point est essentiel si nous voulons innover et évoluer assez rapidement pour rester dans la course, et le Canada vient de prouver que nous en sommes capables. En effet, lors d’un récent exercice de modernisation militaire du Groupe des cinq impliquant environ 14 000 personnes, l’équipe canadienne chargée des effets aériens a réalisé deux premières : son premier aéronef autonome à pilotage optionnel volant sous un indicatif d’appel militaire et, en collaboration avec le Royaume-Uni, sa première frappe contre un véhicule à l’aide d’un drone à usage unique.
Nos alliés en ont immédiatement pris note et se sont montrés très élogieux. L’officier britannique à la tête de la brigade multinationale chargée du renseignement, de la surveillance, de l’acquisition d’objectif et de la reconnaissance a déclaré que sans l’aéronef autonome équipé de capteurs du Canada, la brigade aurait « fonctionné à l’aveuglette pendant la majeure partie de l’opération ».
Il s’agissait d’un véritable travail d’équipe réunissant l’Aviation royale canadienne, les Forces armées canadiennes, le Conseil national de recherches du Canada, Recherche et développement pour la défense Canada et une entreprise innovante du secteur privé appelée Ribbit. Une quinzaine de personnes déployées sur le terrain ont été soutenues par plus de vingt autres travaillant en coulisses. Le gouvernement, l’armée et le secteur privé ont brisé les cloisonnements et mis en place un partenariat agile, véritable modèle pour l’innovation future. Leur démarche tranche avec nos pratiques établies en matière d’approvisionnement.
Quel enseignement faut-il en tirer? Adopter le commandement de mission. Donner aux dirigeants un maximum de liberté pour agir avec une réelle autorité et des priorités claires. Concevoir si possible, nouer des partenariats si ce n’est pas le cas et n’acheter qu’en dernier recours. Laisser l’innovation se développer de manière naturelle, voire chaotique, plutôt que de la rendre institutionnalisée et cloisonnée. Donner aux fonctionnaires l’autonomie et la tolérance au risque nécessaires pour prendre des décisions, puis évaluer leur incidence de manière indépendante. L’approvisionnement constitue désormais une capacité opérationnelle. Nous devons apprendre à passer rapidement du prototype à l’action.
Les perspectives pour le Canada sont immenses. Nous pourrions devenir un leader mondial dans le domaine des systèmes autonomes capables de collaborer avec des hélicoptères et d’autres aéronefs pilotés. Il s’agit d’un domaine que peu d’alliés explorent et qui offre des applications dans les domaines de la recherche et du sauvetage, des feux de forêt, de la surveillance des frontières et de la défense. L’équipe canadienne chargée des effets aériens a démontré que c’était possible. Célébrons donc cette réussite et développons ce projet à plus grande échelle.
Chers collègues, si vous le pouvez, joignez-vous à moi à l’étage, dans le salon des sénateurs, pour rencontrer et féliciter cette équipe remarquable. Elle mérite toutes nos félicitations. Merci.