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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages

L'honorable Marilou McPhedran, C.M.

10 juin 2026


Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage à l’honorable sénatrice Marilou McPhedran au nom du Bureau du représentant du gouvernement.

Comme celle de bien d’autres, la nomination de la sénatrice McPhedran, en 2016, reflétait une façon inédite d’envisager la Chambre rouge, selon un modèle à l’intérieur duquel les nouveaux sénateurs ne porteraient pas nécessairement les couleurs d’une équipe en particulier, un Sénat qui compte des personnalités autochtones d’influence dans ses rangs et dont la composition serait paritaire, un Sénat canadien, bref, à l’image de notre pays adoré.

Femme de distinction, la sénatrice McPhedran, dont les racines sont dans les régions rurales du Manitoba, a choisir de faire carrière en droit, en s’intéressant plus particulièrement à la promotion des droits de la personne, à la médecine, à l’éducation et à la gouvernance — canadienne et internationale.

Pour la rédaction de mon discours, j’ai voulu avoir le point de vue de quelqu’un qui connaît bien la sénatrice McPhedran. Voici ce que m’a dit l’ancienne sénatrice Frances Lankin :

Pendant de très nombreuses années, Marilou et moi avons été des alliées, mais aussi des adversaires dans de multiples dossiers. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il s’agit d’une militante hors pair, qui travaille sans relâche, qui s’intéresse à une multitude de sujets et qui a profondément marqué la vie des femmes d’ici et du reste du monde. Elle a un caractère d’acier et une détermination à toute épreuve. Chose certaine, c’est plus facile d’être à ses côtés qu’en face d’elle, quel que soit le sujet.

J’ai connu les deux, et je peux vous dire que j’ai un respect immense et une gratitude infinie pour tout ce qu’elle a fait pour les femmes.

J’ajouterais que, personnellement, j’ai toujours trouvé que la sénatrice McPhedran illustrait parfaitement le concept des « trois p ». Je ne parle évidemment pas des partenariats public-privé de nature économique, mais d’une personne passionnée, persévérante et qui — je le dis avec le plus grand respect — a des projets.

Je tiens d’ailleurs à souligner tout ce que la sénatrice McPhedran a fait pour les jeunes. Son premier geste en tant que sénatrice a été d’inviter des jeunes de partout au pays à venir à Ottawa pour l’aider à orienter son travail de parlementaire et à établir ses priorités au Sénat.

Ardente défenseure des jeunes, elle compte parmi ses réalisations un conseil pour jeunes appelé Conseil canadien des jeunes féministes et ses efforts pour élargir le droit de vote aux jeunes de 16 et de 17 ans.

Son attachement pour les peuples autochtones du Canada, quels qu’ils soient, et sa compréhension des enjeux qui les touchent, ont façonné son passage au Sénat. Pour sa Loi sur le vote à seize ans, Marilou a tenu compte de ce que je lui ai appris quand je lui ai dit que bon nombre de Premières Nations autonomes du Yukon peuvent compter sur le soutien d’un conseil jeunesse et ont abaissé l’âge requis pour voter à leurs propres élections.

Je ne dis pas que ce sont toutes les Premières Nations du Yukon qui ont choisi cette voie, de la même façon que ce ne sont pas tous les sénateurs qui sont favorables à l’idée d’abaisser l’âge requis pour voter. Dernièrement, notre assemblée a rappelé à tous les Canadiens que les propos respectueux et courtois doivent demeurer le fondement de la démocratie canadienne.

Chers collègues, nous conviendrons tous, j’en suis convaincue, que la sénatrice McPhedran a su faire profiter le Sénat et le Canada de sa passion, de sa persévérance et de ses enseignements sur les dossiers qui comptent le plus : ses projets.

Nous avons appris de l’aînée McGregor que, puisque nous venons des quatre vents, nous devrions répéter nos remerciements quatre fois. Au moment où vous vous apprêtez à prendre un nouveau tournant, Marilou, je tiens à vous offrir, à vous et à vos proches, nos plus sincères remerciements et vous souhaiter le meilleur pour la suite des choses.

Merci, mahsi’cho, meegwetch.

L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition) [ + ]

Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage à notre collègue et amie, la sénatrice Marilou McPhedran, dont les fonctions sénatoriales prendront bientôt fin.

Le départ à la retraite de Marilou marque la fin d’une carrière remarquable axée sur le service public, le militantisme et l’engagement fondé sur des principes. De nombreux Canadiens la connaissent parce qu’elle a été l’une des figures de proue du mouvement qui a réussi à renforcer les droits à l’égalité dans la Charte canadienne des droits et libertés, ce qui lui a d’ailleurs valu d’être reçue membre de l’Ordre du Canada. Ils la connaissent aussi pour avoir cofondé de nombreux organismes, dont le Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes, le Metropolitan Action Committee on Violence Against Women et le centre de crise Gerstein; autant d’institutions qui contribuent depuis des générations à l’avancement des droits des femmes, à l’accès à la justice et au renforcement du soutien offert aux Canadiens vulnérables.

D’autres la connaissent comme une avocate, une chercheuse, une pédagogue et une militante des droits de la personne dont le travail dépasse largement nos frontières. Grâce à son passage en enseignement, à ses recherches, à son engagement international et à son leadership au sein des organismes de défense des droits de la personne, elle s’est bâti la réputation de quelqu’un qui sait que les droits doivent être plus que de simple principes couchés sur papier; ils doivent s’incarner dans la réalité.

Ces réalisations sont loin d’être négligeables, mais personnellement, ce que je retiens surtout des nombreuses années pendant lesquelles nous nous sommes côtoyés ici, ce n’est pas seulement ce que la sénatrice McPhedran est capable de faire, mais la façon dont elle le fait. Elle a toujours abordé le service public avec une grande rigueur intellectuelle et un désir sincère de faire progresser les causes qu’elle juge être dans l’intérêt public.

Avec elle, on savait toujours à quoi s’en tenir, et les principes qui la guidaient étaient bien connus.

Que l’on soit d’accord avec elle ou pas — et j’imagine que nous avons été nombreux à nous trouver dans l’un ou l’autre des deux cas au fil des ans —, on savait toujours qu’on avait devant soi une interlocutrice qui avait fait ses devoirs, qui avait bien réfléchi aux enjeux en cause et dont les positions étaient sincères et fondées sur des principes.

Nous pourrions sans doute tous le confirmer : la vie publique peut être exigeante. Elle met à l’épreuve notre détermination, notre réputation et notre valeur. Pour ceux qui choisissent d’agir avec conviction, ces épreuves peuvent s’avérer particulièrement difficiles. Ce n’est pas parce qu’on agit selon des principes profondément ancrés que les résultats coulent de source.

Sénatrice McPhedran, je sais que certaines de ces épreuves vous ont été imposées ces dernières années. J’espère toutefois que vous me permettrez de dire que je suis sincèrement ravi que vous puissiez quitter notre institution en sachant que le conseiller sénatorial en éthique a mis un terme à un dossier qui vous pesait énormément.

J’espère que vous quitterez cet endroit en sachant que nous étions nombreux à n’avoir jamais douté que ce qui a motivé vos actions tout au long de votre carrière, c’est un désir sincère d’aider les gens dans le besoin, de défendre ce qui est juste et d’agir en votre âme et conscience.

Ces qualités définissent votre travail depuis des dizaines d’années, et je suis persuadé que c’est le souvenir que bon nombre d’entre nous garderont de vous.

Honorables sénateurs, nous savons tous depuis longtemps que la sénatrice McPhedran a tenté de faire passer l’âge requis pour voter de 18 à 16 ans. Imaginez si elle avait consacré seulement la moitié moins d’énergie à repousser l’âge de la retraite obligatoire des sénateurs : elle serait peut-être encore ici cet automne à se battre pour faire baisser l’âge requis pour voter.

Blague à part, sénatrice McPhedran, vous êtes une sénatrice de principes. Vous avez été la voix de ceux qui, bien souvent, sentent que le Parlement ne les écoute pas. C’est ce que devraient faire tous les sénateurs, après tout, non?

Je terminerai sur ce dernier point : au Sénat, quand nous argumentons avec nos collègues, nous les considérons comme nos adversaires. Très souvent, quand nous sommes d’accord avec eux, nous les considérons comme nos amis. En ce qui me concerne personnellement, je me suis trouvé dans les deux positions. J’ai argumenté avec Marilou et je me suis battu aux côtés de Marilou, ce qui fait de nous de véritables amis.

Que Dieu vous bénisse. Je vous souhaite le meilleur, à vous et à votre famille, pour votre retraite. Merci de ce que vous avez fait pour notre pays.

L’honorable Rosemary Moodie [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au nom du Groupe des sénateurs indépendants pour rendre hommage à la sénatrice Marilou McPhedran.

D’éminents Canadiens ont façonné notre pays dans cette enceinte, grâce à leur courage, à leur intelligence et à leur défense indéfectible de la justice. Je considère que notre collègue l’honorable sénatrice Marilou McPhedran en fait partie.

Au cours de son parcours avant de se joindre au Sénat, ses contributions au Canada ont été remarquables. Elle a été nommée membre de l’Ordre du Canada en 1985, après avoir été largement reconnue pour son travail fondamental sur la protection de l’égalité entre les sexes dans la Constitution canadienne, en particulier en ce qui a trait aux articles 15 et 28 de la Charte canadienne des droits et libertés, et pour son travail au sein de l’Ad Hoc Committee of Canadian Women on the Constitution.

Elle a cofondé quelques-unes des institutions les plus respectées du Canada : le Fonds d’action et d’éducation juridiques pour les femmes, le Metropolitan Action Committee on Violence Against Women and Children et le Gerstein Crisis Centre.

Elle a négocié la désignation du Women’s College Hospital comme centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour la santé des femmes. Elle a fondé l’International Women’s Rights Project de l’Université York et a été commissaire en chef de la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan, où elle s’est faite la championne d’une politique étrangère féministe et la place des femmes comme cheffes de file de la scène politique.

Dans chaque rôle, dans chaque institution et à chaque jalon, elle s’est portée à la défense des femmes qui n’avaient ni tribune ni protection.

Elle défend inlassablement, courageusement et sans relâche les droits des femmes afghanes. Elle a fait entendre sa voix alors qu’une grande partie du monde fermait les yeux. Elle a milité avec ferveur pour le peuple rohingya obtienne justice.

Le 10 novembre 2016, le Sénat a accueilli une Canadienne remarquable de plus, lorsque le regretté Murray Sinclair a accompagné la sénatrice McPhedran dans l’enceinte du Sénat et qu’il s’est tenu à ses côtés pendant qu’elle prêtait serment.

Au cours de son mandat, elle n’a jamais pris le confort pour une mission. Elle a posé les questions difficiles, pris des positions fermes et n’a jamais reculé devant le travail exigeant qu’implique un véritable engagement.

Elle a mis la même énergie au service de la génération montante, grâce à la création de possibilités intéressantes de stages et de leadership pour les jeunes, afin de former les futurs défenseurs et décideurs politiques qui perpétueront son héritage.

Nous avons aujourd’hui la chance d’entendre ce que disent ses enfants :

Nous avons participé à notre première manifestation avant même d’entrer à la maternelle. Nous avons « assisté » à nos premières réunions d’organisation communautaires pendant que nous jouions sous la table de la salle à manger.

Grâce à notre mère, nous avons adopté des valeurs féministes en nous occupant des gens et des communautés qui nous entourent.

Je termine en citant la sénatrice Pate :

En juillet, Marilou quittera le Sénat pour recommencer à jongler avec ses rôles de mère et d’avocate féministe spécialisée en droits de la personne.

Je suis certaine que nous entendrons encore parler de l’honorable Marilou McPhedran.

Ce n’est pas un adieu, c’est plutôt une célébration de tout ce que vous avez accompli. C’est l’expression de notre gratitude pour votre dévouement, votre leadership et votre amitié, ainsi que pour votre détermination indéfectible à créer un monde meilleur.

Merci. Meegwetch.

L’honorable Flordeliz (Gigi) Osler [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à la sénatrice Marilou McPhedran.

Pendant des années, la sénatrice s’est forgé une réputation qui va du Manitoba à Ottawa, et qui s’étend sur la scène internationale. Alors au lieu de passer en revue la longue liste de ses réalisations, permettez-moi de vous transmettre trois hommages personnels de la part de personnes qui connaissent l’influence qu’elle a exercée.

L’honorable Petra Bayr, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a dit ceci :

Pour bon nombre d’entre nous, Marilou n’est pas une simple parlementaire. Elle est une force convaincante, la voix du courage et une chef de file dont l’engagement envers les droits de la personne a façonné les débats bien au-delà des frontières du Canada.

J’ai eu le privilège de faire la connaissance de Marilou à l’époque des discussions de la Conférence internationale sur la population et le développement qui ont eu lieu à Ottawa, il y a presque 10 ans. Dès nos premières rencontres, j’ai été frappée par son engagement indéfectible pour l’égalité des sexes, pour la santé et les droits sexuels et reproductifs, ainsi que pour l’autonomisation des femmes et des filles. Elle n’a jamais considéré ces enjeux comme des préoccupations marginales. Elle comprend qu’il s’agit de questions fondamentales de dignité humaine, de démocratie et de justice.

Janine Cocker, conseillère à l’ambassade du Canada aux Pays‑Bas, fait partie des femmes dont la sénatrice McPhedran a été la mentore et c’est elle qui exprime le mieux les réalisations de la sénatrice :

La sénatrice McPhedran est vraiment une perle rare. Ce n’est pas tout le monde qui peut s’enorgueillir d’avoir à son actif des réalisations comme les vôtres et, surtout, d’avoir vécu une vie comme la vôtre tout en façonnant la vie des autres. En vous voyant prendre votre retraite, je pense moins à la longue liste de vos titres, de vos plaidoyers et de vos réalisations qu’à la force de votre caractère intègre et intrépide, vous êtes une force incontournable.

Vous n’avez jamais été du genre à rester les bras croisés face à l’injustice. Je l’ai vu de mes propres yeux. Lorsqu’une cause vous tenait à cœur, vous vous investissiez pleinement, sans jamais reculer, même si, parfois, nous aurions préféré vous voir prendre la fuite! Vous avez contesté, vous avez fait pression, vous avez persévéré. Et lorsqu’il s’est agi des droits des femmes, vous n’avez jamais rien cédé. Vous saviez que ce n’est pas avec des politesses que l’on fait advenir le progrès, mais bien en refusant les injustices et les inégalités comme vous avez su le faire.

La lieutenante-gouverneure du Manitoba, l’honorable Anita Neville, connaît la sénatrice McPhedran depuis de nombreuses années, et voici ce qu’elle a à dire :

Je pourrais vous parler longuement de cette femme que l’on peut vraiment qualifier de femme de la Renaissance. Mais ce que je tiens surtout à souligner à son sujet, c’est que c’est une amie loyale et dévouée qui, comme j’ai pu le constater, ne vous laisse jamais tomber.

Par ailleurs, je sais que Marilou s’est souvent attaquée à des questions difficiles et controversées. Elle n’a jamais eu peur de dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir. Cela n’a pas toujours été avantageux pour son propre bien-être, mais elle a toujours été franche et obstinée lorsqu’elle savait qu’elle avait raison. L’amitié avec Marilou ouvre des portes et des fenêtres vers des mondes qui nous sont bien souvent inconnus.

Bref, la carrière de la sénatrice McPhedran nous rappelle que les droits de la personne sont bel et bien des droits et non des idéaux abstraits. Son héritage est une source d’inspiration pour qui souhaite diriger avec courage, empathie et conviction.

Marilou, au nom de vos amis du Groupe des sénateurs canadiens, je vous souhaite une excellente retraite du Sénat du Canada.

L’honorable Andrew Cardozo [ + ]

Honorables sénateurs, je suis très heureux de rendre hommage à la sénatrice Marilou McPhedran au nom du Groupe progressiste du Sénat.

Je suis les travaux de Marilou McPhedran depuis le début des années 1980. Elle a toujours été une féministe, une intellectuelle et une activiste avant-gardiste.

Faire inscrire le droit à l’égalité des femmes dans la Charte canadienne des droits et libertés fait évidemment partie de ses hauts faits, elle qui a participé activement au mouvement qui militait en ce sens. Après un vaste exercice de lobbying auprès du secteur privé, une conférence nationale et des manifestations publiques, l’article 28 a été ajouté à la Charte avant qu’elle entre en vigueur.

Chers collègues, en 1980-1981, le Parlement s’est doté d’un comité mixte spécial sur la Constitution du Canada. Ce comité, coprésidé par le sénateur Dan Hays et l’honorable Serge Joyal — qui a fini par se joindre à notre assemblée, mais qui était alors député — a tenu des audiences et il a formulé des recommandations sur le contenu de la Charte.

Longtemps avant d’arriver ici, la sénatrice McPhedran a contribué activement à l’élaboration de la Charte et elle a consacré de nombreuses années à faire progresser la cause de l’égalité hommes-femmes dans le secteur du bénévolat et dans le milieu de l’enseignement supérieur. Quelle drôle de coïncidence que, des années plus tard, elle se retrouve au Sénat à faire des pieds et des mains pour que les projets de loi d’initiative ministérielle fassent l’objet d’une analyse adéquate au titre de la Charte.

Il y a donc quelque chose d’émouvant au fait qu’une autre personne qui a contribué activement il y a maintenant 45 ans à l’élaboration d’un document aussi historique et important que la Charte quitte le Sénat du Canada.

Par un autre concours de circonstances intéressant, il s’avère qu’à l’époque où la jeune sénatrice McPhedran étudiait le droit à Osgoode Hall, sa professeure et mentore n’était nulle autre que Louise Arbour. J’aimerais citer les propos de deux amies que nous avons en commun et qui ont marqué deux époques de la carrière de la sénatrice. Magda Seydegart a dit :

Marilou McPhedran a toujours été une stratège avisée et une ardente défenseure de l’égalité entière et pérenne des femmes, des jeunes et de tous les groupes qui ont été, ou qui sont toujours, marginalisés.

Membre de la plus jeune génération, Donneton Brown a dit ceci :

La sénatrice McPhedran a toujours défendu les jeunes sans relâche au moyen d’initiatives telles que son conseil jeunesse, le Conseil canadien de jeunes féministes, et par ses efforts visant à faire passer le droit de vote à 16 ans.

Pour ma part, je vous dis merci, Marilou, d’avoir été une mentore pour moi lors de mon arrivée au Sénat, surtout lors de ma première participation à une conférence des Nations unies, et de m’avoir poussé à mettre de l’avant les questions qui sont importantes pour moi.

Votre carrière a été guidée par vos principes. En tant que sénatrice non affiliée dans un Sénat rempli d’indépendants, vous avez su être pleinement indépendante dans le meilleur sens du terme. Je vous félicite pour tout ce que vous avez accompli et je vous souhaite la meilleure des chances alors que vous vous apprêtez à entamer la deuxième moitié de votre carrière et à vous lancer dans de nouvelles campagnes.

L’honorable Paulette Senior [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole sur ce territoire non cédé pour rendre hommage à notre chère collègue, la sénatrice Marilou McPhedran.

En tant qu’ardente défenseure de la justice entre les sexes, la sénatrice McPhedran a consacré sa vie à renforcer la protection des droits de la personne à l’échelle nationale et mondiale.

En 1980, quand le Comité spécial des femmes canadiennes sur la Constitution s’est réuni, ce sont les conseils juridiques, le leadership et la fougue de la sénatrice McPhedran qui ont assuré le succès d’une campagne destinée à renforcer les protections en matière d’égalité des sexes dans la Constitution canadienne.

En 1985, cette réalisation révolutionnaire lui a valu l’Ordre du Canada, décerné par la gouverneure générale Jeanne Sauvé. C’était moins de 10 ans après l’admission de la sénatrice McPhedran au barreau.

Voici comment l’honorable Maryam Monsef, ancienne ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, la décrit :

Marilou est une force de la nature. Elle obtient des résultats. Son travail pour assurer l’inclusion des femmes dans la Charte n’est que l’une des nombreuses façons dont elle a fondamentalement amélioré la condition des Canadiennes.

Son mentorat soutenu auprès de jeunes femmes et d’autres personnes, au pays comme à l’étranger, en Afghanistan et dans d’autres régions où règne l’oppression fondée sur le genre, demeure inébranlable.

Sasha Banka, une étudiante de 11e année, a décrit son stage au symposium sur le virus de l’inégalité de la sénatrice McPhedran comme une expérience d’apprentissage inoubliable.

Depuis que je la connais, la sénatrice McPhedran est une figure inébranlable et assumée du secteur de la justice et de l’égalité. Elle défend la justice entre les sexes, ainsi que les droits des personnes handicapées, la justice raciale et les droits des Autochtones.

Michele Landsberg nous dit que la propension de la sénatrice McPhedran à être radicalement inclusive remonte aux premiers jours de sa carrière d’avocate, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Pendant cette période, elle a raconté à Michele Landsberg l’histoire d’un jeune homme qui avait été interné contre son gré dans un hôpital ontarien pour personnes handicapées. Il se battait pour quitter l’établissement et vivre dans un foyer d’accueil. La sénatrice McPhedran l’a défendu, et il a fini par avoir gain de cause, mais pendant toute cette lutte, elle est restée discrète, dans les coulisses.

Michele Landsberg nous dit que cette histoire est typique :

C’était tout à fait Marilou : elle ne menait pas ces combats pour faire la une des journaux, mais travaillait souvent d’arrache-pied en coulisses pour mobiliser les autres.

Au fil des ans, j’ai pu constater la même chose. J’ai vu à l’œuvre le génie stratégique et l’altruisme de la sénatrice McPhedran, par exemple, lorsqu’il a été sérieusement question de fermer le Women’s College Hospital à Toronto. Comme c’est le seul hôpital au Canada dédié aux femmes et à la défense de leurs intérêts dans les soins de santé et la recherche médicale, la perspective de sa fermeture était tout simplement catastrophique. C’est l’un des rares établissements médicaux voués à réduire les inégalités entre les sexes dans la recherche et les soins de santé.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la sénatrice McPhedran a réagi en créant la fondation Friends of Women’s College Hospital et a mené une campagne populaire pour éviter une fusion d’établissements qui aurait intégré l’hôpital à une autre entité. La sénatrice est intervenue non pas une, mais deux fois.

Comme dans le cas de Justin Clark, elle a toujours mis les autres à l’avant-plan pendant qu’elle travaillait dans l’ombre. Il n’y a peut‑être pas de plaque qui commémore ces efforts, mais aujourd’hui, cet hôpital de renommée mondiale est un espace consacré à la recherche et à la défense des droits des femmes en matière de soins de santé.

Elle a joué un rôle de premier plan pour bon nombre de ces institutions essentielles aux droits et à la justice, y compris la Fondation canadienne des femmes, le Fonds d’action et d’éducation juridiques pour les femmes. Bien des dirigeants ont d’ailleurs apprécié son militantisme féministe qui a mené à leur création.

Sénatrice, je suis reconnaissante d’avoir siégé à vos côtés dans cette auguste enceinte et j’ai hâte de voir ce que vous entreprendrez dans la prochaine étape de votre cheminement vers la justice et l’égalité pour tous.

L’honorable Bernadette Clement [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à la sénatrice McPhedran, mais je pense aussi aux sénateurs Dasko, Busson et Al Zaibak. Je me sens émotive cette semaine, parce qu’il n’est pas facile de perdre de bons collègues.

Puisque d’autres ont déjà parlé du parcours impressionnant de la sénatrice, je vais plutôt parler de ce qu’elle m’inspire, car c’est toujours ce dont on se souvient le plus chez les autres.

Ma première impression de la sénatrice McPhedran, c’est quand elle s’est décrite comme une vieille combattante féministe. J’ai pensé : « Oui, ma reine. » Je me suis aussi dit : « Wow, je dois en apprendre davantage sur cette femme. »

Depuis lors, je n’ai cessé d’être impressionnée par la manière dont elle se défend, elle, mais surtout les autres, tout en restant fidèle à ses valeurs malgré les objections. La sénatrice McPhedran est une femme de caractère. Elle est extrêmement dévouée à son travail sur l’égalité et les droits de la personne. C’est une avocate, une communicatrice et une militante très compétente. Voir une telle chose ici, au Sénat, a revêtu une grande importance pour moi.

J’ai vu ma collègue agir selon ses valeurs, défendre l’élargissement du droit de vote des jeunes, organiser un symposium sur les inégalités et parler des difficultés associées à son statut de sénatrice non affiliée au sein d’une institution qui est déjà assez difficile en soi.

Sénatrice McPhedran, je prononce votre nom chaque fois que j’entre dans une classe de niveau secondaire, c’est-à-dire très souvent. Je parle aux élèves de la Loi sur le vote à seize ans et je les invite à débattre de cette idée. Ces conversations figurent parmi mes moments préférés depuis que je suis sénatrice, car elles me permettent d’échanger avec les élèves pendant qu’ils débattent de l’âge requis pour voter et de constater à quel point la discussion peut être fascinante et intelligente et prendre une tournure inattendue.

Grâce à la sénatrice McPhedran, j’ai pu tisser des liens plus forts avec les jeunes, mais aussi leur faire connaître le processus politique canadien ainsi que le travail que fait le Sénat, et ça, c’est énorme. Je vous suis reconnaissante.

Le discours prononcé cette semaine par la nouvelle gouverneure m’a particulièrement émue, et il m’a aussi fait penser à la sénatrice McPhedran. Je ne savais pas que vous aviez été son étudiante. La gouverneure générale Louise Arbour a dit ceci :

La polarisation extrême est dangereuse, mais le consensus excessif l’est tout autant.

C’est à travers nos différences, et notre droit fondamental de les exprimer, que nous cultiverons l’esprit critique, la créativité et l’innovation.

Écouter et regarder aller la sénatrice McPhedran, c’est observer quelqu’un qui n’a pas peur de la différence. C’est difficile de sortir de sa zone de confort. Je suis contente qu’elle soit aussi brave. Elle dit des choses difficiles, même si cela risque de nous mettre mal à l’aise. C’est souvent elle qui a joué ce rôle au Sénat. Cette mentalité nourrit la pensée critique, élève le débat, facilite notre travail à nous sénateurs et contribue au présent et à l’avenir du pays.

Merci, sénatrice McPhedran, d’avoir toujours travaillé sans relâche, et merci aussi pour votre bienveillance et votre leadership au féminin. La femme noire, l’avocate et la sénatrice que je suis est ravie d’avoir pu apprendre à vous connaître, et vous allez me manquer.

Merci.

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