Projet de loi sur l’oiseau national du Canada
Troisième lecture
11 juin 2026
Propose que le projet de loi S-221, Loi portant reconnaissance du mésangeai du Canada comme oiseau national du Canada, soit lu pour la troisième fois.
— Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui en tant que marraine du projet de loi S-221, Loi portant reconnaissance du mésangeai du Canada comme oiseau national du Canada, ou Loi sur l’oiseau national du Canada.
On décrit souvent un pays avec des statistiques, des grands titres, des discours et des livres d’histoire. Chaque pays choisit également les symboles qui le représentent, et ce choix est important.
Le choix d’un symbole national envoie un message aux générations futures. Ce choix leur indique que, parmi tout ce qui nous entoure, c’est ce symbole que nous avons jugé digne de représenter l’histoire de notre territoire et de nos peuples.
La feuille d’érable raconte une histoire. Il en va de même pour le castor. Aujourd’hui, en ce qui concerne le projet de loi S-221, je demande à mes collègues de laisser le mésangeai du Canada en raconter une autre.
De nombreux pays ont choisi un oiseau qui vole bien haut, qui domine le paysage ou qui capte l’attention dès qu’on l’aperçoit. Le mésangeai du Canada fait les choses autrement.
C’est un oiseau qui fait partie intégrante de la toile de fond de la vie canadienne. Il habite la forêt boréale qui s’étend d’un bout à l’autre de notre pays. Il est bien connu des randonneurs, des campeurs, des chasseurs, des naturalistes et des innombrables Canadiens qui s’aventurent dans les bois. Il est robuste, intelligent et fidèle. C’est un oiseau qui fait des réserves de nourriture pour les jours de disette, un oiseau qui reste à nos côtés pendant les hivers glacials, un oiseau si sociable qu’il s’approche des humains au lieu de s’en éloigner. De toute évidence, c’est un oiseau qui vit avec élégance et résilience, tout comme les Canadiens.
Il y a une sagesse discrète dans le choix d’un oiseau comme celui-là. Bien après que ce débat soit tombé dans l’oubli, les écoliers apprendront que le Canada a choisi un oiseau national qui symbolise nos valeurs. Ils ne liront peut-être jamais ce projet de loi. Ils ne connaîtront peut-être jamais nos noms. Ils sauront toutefois ce que nous avons choisi d’honorer.
Je pense que nous avons fait le bon choix en optant pour le mésangeai du Canada. Ce choix est appuyé par de nombreuses organisations représentant des centaines de milliers de Canadiens, dont 35 ont présenté des mémoires au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie au cours de l’étude. Même des personnalités canadiennes de renom comme Anne Murray, Roy MacGregor, James Raffan et Robert Bateman, pour n’en citer que quelques-unes, ont exprimé leur appui envers le mésangeai du Canada.
Je tiens à profiter de l’occasion pour remercier les personnes qui sont à l’origine de cette initiative, sans lesquelles je n’aurais pas travaillé sur ce projet de loi : Dan Strickland, Ryan Norris, Alain Goulet, Aaron Kylie, Mark Nadjiwan, Michel Gosselin, Colleen Archer et l’ancienne députée Brenda Shanahan.
Je veux aussi à remercier la sénatrice Duncan pour son esprit critique bienveillant. De plus, je saisis l’occasion de remercier le sénateur McNair de m’avoir offert une peluche chantante qui représente un mésangeai du Canada. Elle occupe désormais une place d’honneur dans l’arbre artificiel qui décore mon bureau, aux côtés de la peluche de mésange à tête noire que m’a également offerte le sénateur McNair. Elles semblent très heureuses de passer leurs journées ensemble à surveiller mon bureau, évaluant en silence ma charge de travail. Mon personnel arrive chaque matin en s’attendant à voir apparaître une troisième peluche qui formerait un gouvernement de coalition contre moi.
Enfin, je tiens à remercier tout particulièrement mon ami, David Bird. Les gens ont des passions diverses, et David et moi partageons une passion pour les oiseaux. David a toujours été passionné par les oiseaux et sa campagne en faveur du mésangeai du Canada dure depuis de nombreuses années.
La semaine dernière, j’ai été interviewée par un journaliste qui m’a demandé pourquoi j’avais choisi un oiseau.
Je lui ai répondu : « Parce qu’il peut voler. Il s’élève dans le ciel au-delà de ce que notre imagination peut atteindre, il plane dans le ciel comme s’il peignait une toile. »
Vous m’avez souvent entendue citer Rumi, qui est l’un de mes poètes préférés et qui utilise souvent les oiseaux dans des métaphores pour représenter l’âme humaine, la quête de liberté et le lien sacré entre l’humain et le divin.
Sur cette note, permettez-moi de conclure mon discours en citant Rumi, qui a dit : « Je veux chanter comme chante l’oiseau, sans me soucier de ceux qui m’entendent ou de ce qu’ils pensent. » Ces mots évoquent les qualités qui font des oiseaux des symboles intemporels à travers les cultures : la liberté, la confiance et l’indépendance.
Alors que le Canada continue de se redéfinir, choisissons un symbole qui reflète bien ces qualités. Choisissons un oiseau qui nous rappelle ce que nous sommes : résilients, confiants et résolument canadiens. Choisissons le mésangeai du Canada comme oiseau national du Canada.
Merci. Mahsi’cho.
Honorables sénateurs, je tiens à remercier la sénatrice Ataullahjan de son dévouement sans faille à l’égard de ce projet de loi. Je souhaite maintenant prendre la parole en tant que porte-parole à l’étape de la troisième lecture du projet de loi S-221. Comme l’a souligné la sénatrice Ataullahjan, il s’agit d’une loi visant à reconnaître le mésangeai du Canada comme oiseau national de notre pays.
Cela fait un an et un jour que j’ai parlé pour la première fois de cette initiative. Permettez-moi de citer ce qu’a dit l’ornithophile du Sénat, la sénatrice Ataullahjan, qui est la marraine du projet de loi, lors des audiences du comité.
Elle a dit :
Chaque pays [...] choisit des symboles qui reflètent ses valeurs, ses croyances et ses aspirations [...] Il ne s’agit pas seulement d’une image de marque, mais aussi de l’édification d’un pays [...]
[...] toutes les provinces et tous les territoires ont un oiseau officiel [...]
[...] il est essentiel d’opter pour un oiseau qui ne représente pas seulement notre géographie, mais aussi notre caractère.
Nous avons entendu l’autre jour, dans cette enceinte, Son Excellence la très honorable Louise Arbour dire : « Nous ne prétendons pas être parfaits, mais nous avançons dans cette direction. »
Lorsqu’il s’agit de choisir notre symbole national, il est essentiel de faire ce choix judicieusement, afin qu’il reflète qui nous sommes et ce que nous pouvons devenir.
M. Bird, professeur émérite de biologie de la faune à l’Université McGill, a déclaré :
[L]es membres des Premières Nations vénèrent le whisky jack comme un présage de bonne fortune et un avertissement de danger dans la forêt […] il n’est ni chassé ni tué comme espèce nuisible et n’est pas non plus une espèce menacée […] il est sans doute l’un des oiseaux les plus intelligents de la planète […] cet oiseau intelligent fait preuve d’une impressionnante habileté économique en cachant et en déplaçant jusqu’à 100 000 morceaux de nourriture en une seule saison.
[…] étant une espèce extrêmement robuste et résistante, cet oiseau choisit en fait de ne pas quitter notre pays pendant nos hivers canadiens rigoureux.
Le point le plus important pour moi et ce qui fait du mésangeai du Canada ou whiskey jack, appellation vernaculaire répandue en anglais, le symbole parfait du Canada, c’est qu’il se reproduit dans chaque province et territoire.
Il y a un an, j’ai exhorté les sénateurs à adopter le projet de loi S-221 pour montrer à nos collègues de l’autre endroit que nous pouvons écouter et agir dans un esprit de collégialité pour répondre à la simple demande de millions d’ornithologues amateurs canadiens et, en fait, de Canadiens, qui souhaitent que le mésangeai du Canada soit reconnu comme oiseau national du Canada.
Encore une fois, chers collègues, en cette période d’édification du pays où nous bâtissons un Canada fort, ajoutons un autre symbole parfait pour refléter la force de notre nation. J’exhorte les sénateurs à appuyer le projet de loi S-221, la désignation du mésangeai du Canada comme oiseau national du Canada.
Merci.
Honorables sénateurs, je remercie les sénatrices Duncan et Ataullahjan. Le mésangeai du Canada symbolise la résilience. On le retrouve partout, comme on l’a dit, dans toutes les provinces et tous les territoires. C’est vrai qu’il aime bien la compagnie des humains. Autrefois, il était le compagnon de tous les bûcherons qui ont défriché nos terres pour créer le Canada.
Je ne sais pas s’il comprend le français et l’anglais, les langues officielles du Canada, mais je peux vous dire que, chaque fois que je me suis aventuré dans la nature, que j’ai sorti quelques miettes de la barre tendre qui traînait dans ma poche et que j’ai tendu ma main, il est venu manger dedans. Il n’a pas fait de différence en ce qui concerne la langue.
Je vous encourage à accepter cet oiseau comme symbole pour le Canada.
Merci.
Vous plaît-il, honorables sénateurs, d’adopter la motion?
Des voix : D’accord.
(La motion est adoptée et le projet de loi, lu pour la troisième fois, est adopté.)