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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les répercussions de l'intelligence artificielle

21 avril 2026


Honorables sénateurs, j’attire votre attention aujourd’hui sur un appel universel lancé par la Fédération mondiale des organisations d’ingénieurs, qui représente plus de 30 millions d’ingénieurs partout dans le monde.

Cet appel exhorte les entreprises d’intelligence artificielle à orienter leurs avancées vers l’atteinte des objectifs de développement durable. L’intelligence artificielle n’est pas une simple innovation technologique; c’est un levier de transformation majeur, capable de remodeler nos économies, nos sociétés et notre relation avec la planète.

L’intelligence artificielle, l’IA, n’est pas simplement une innovation comme les autres : c’est un levier offrant un effet multiplicateur. Elle peut nous aider à combler des lacunes critiques dans les systèmes de santé ou dans des domaines comme l’efficacité énergétique, le déploiement de l’énergie renouvelable, la résilience des infrastructures et la durabilité des filières alimentaires. Utilisée à bon escient, elle peut renforcer notre capacité à répondre à différentes crises interdépendantes, allant des changements climatiques à la perte de biodiversité, en passant par l’amélioration de la santé et de la sécurité humaines.

Le Canada a pris conscience de cette réalité. La semaine dernière, nous avons lancé une initiative nationale afin d’acquérir une capacité de calcul de pointe souveraine à grande échelle pour l’intelligence artificielle, car le gouvernement reconnaît que la puissance de calcul est désormais essentielle à l’innovation, à la compétitivité et au leadership scientifique. Des études, notamment celles menées par le Stockholm Resilience Centre, montrent que l’intelligence artificielle accélère déjà les avancées dans toutes les disciplines et améliore la prise de décisions au sein de systèmes complexes.

Néanmoins, chers collègues, nous devons garder les yeux grands ouverts. L’intelligence artificielle comporte également des risques considérables, tels que des coûts environnementaux, des préjugés inhérents, des inégalités d’accès et des menaces croissantes pour la sécurité humaine. Lors de discussions sur la sécurité dans l’Arctique qui se sont tenues la semaine dernière en Alaska, des inquiétudes ont été exprimées quant à l’intégration rapide de l’intelligence artificielle dans les opérations militaires, alors que les cadres de gouvernance sont à la traîne. Cet écart est trop dangereux.

Aujourd’hui, le développement de l’intelligence artificielle est principalement porté par des acteurs privés et guidé par les incitatifs du marché et les engagements volontaires. Si l’innovation est essentielle, le volontarisme à lui seul ne permettra pas d’atteindre l’ampleur, la rapidité ou le niveau d’éthique nécessaires pour garantir que cette technologie serve la paix et la prospérité humaine.

Voilà pourquoi le message est clair : nous avons besoin d’engagements publics de la part des principales entreprises du secteur de l’intelligence artificielle ainsi que de mécanismes internationaux visant à garantir la transparence, la responsabilité et des progrès mesurables.

En tant que parlementaires, nous avons le devoir de veiller à ce que l’intelligence artificielle serve l’intérêt public, protège la sécurité humaine et favorise une prospérité équitable et durable.

La question n’est pas de savoir si l’IA transformera le monde, mais si nous aurons la sagesse de gouverner cette transformation.

Le Canada pourrait être un chef de file en présentant, lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, en septembre, une résolution demandant aux entreprises d’intelligence artificielle de s’engager publiquement à redoubler d’efforts afin que l’on atteigne plus rapidement les objectifs de développement durable des Nations unies.

Merci, meegwetch.

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