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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Conférence pour une transition hors des énergies fossiles

5 mai 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui à la suite de la première Conférence pour une transition hors des énergies fossiles, qui s’est tenue à Santa Marta, en Colombie, et a réuni des parlementaires, des ministres, des leaders autochtones, des scientifiques, des économistes, des organisations syndicales et des jeunes du monde entier.

Il ne s’agissait pas simplement d’une autre conférence sur le climat axée sur les cibles de réduction des émissions. Elle abordait une question que le monde évite depuis trop longtemps : comment organiser et gérer une transition juste et permanente vers l’abandon des combustibles fossiles?

Les 57 pays qui y ont participé représentent plus de la moitié du PIB mondial, 30 % de la population mondiale et 20 % de la production mondiale de combustibles fossiles. Ces pays ont envoyé un signal fort aux marchés, aux industries et aux investisseurs : l’avenir appartient aux énergies propres, aux économies résilientes et au développement sans combustibles fossiles.

Ce qui m’a le plus frappée, c’est que l’urgence n’est plus motivée par la climatologie et les défenseurs de l’environnement, mais par l’économie, la géopolitique et la sécurité.

L’instabilité causée par les conflits récents a encore une fois mis en évidence à quel point la dépendance aux combustibles fossiles est une faiblesse. Les pays qui ont investi dans les énergies renouvelables s’avèrent beaucoup plus résilients. La Chine mène la transition et l’énergie solaire se développe rapidement au Pakistan, en Inde et en Indonésie, tandis que l’Amérique latine, l’Europe et d’autres régions du monde investissent aujourd’hui massivement dans les énergies renouvelables. La sécurité énergétique passe de plus en plus par la souveraineté des énergies renouvelables.

Trois piliers ont été abordés : la réduction de la dépendance économique aux combustibles fossiles, la transformation des systèmes énergétiques grâce à l’électrification et aux énergies renouvelables, et la création de cadres de coopération et de gouvernance internationales plus solides.

La transition est une transformation ordonnée qui protège les travailleurs, les collectivités et les économies tout en évitant les actifs irrécupérables et l’instabilité future.

L’avertissement des banques centrales, des assureurs, des économistes et des régulateurs financiers est on ne peut plus sérieux : pour eux, la dépendance aux combustibles fossiles est de plus en plus un risque déstabilisateur majeur. Chers collègues, ces entités et ces institutions ne sont pas des militants; elles n’ont pas d’objectifs écologiques. Ce ne sont pas non plus des lobbyistes; leurs activités et leur expertise reposent sur l’évaluation et la gestion des risques financiers. La transition s’accélère.

La question n’est plus de savoir si le monde s’éloignera des combustibles fossiles, mais si le Canada suivra le mouvement ou paiera chèrement le prix d’un retard.

Merci. Meegwetch.

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