DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois national de l'histoire autochtone—La Journée nationale des peuples autochtones
20 juin 2024
Honorables sénateurs, le mois de juin est le Mois national de l’histoire autochtone, et ce sera demain la Journée nationale des peuples autochtones. La semaine dernière, plusieurs sénateurs autochtones — avec votre soutien, Votre Honneur — ont organisé un événement pour célébrer le Mois national de l’histoire autochtone. Un aîné des Premières Nations a prononcé des prières et un aîné inuit a allumé le qulliq pour apporter chaleur et lumière à la soirée. Le son des tambours et des chants a retenti. De talentueux chanteurs de gorge inuits et un formidable danseur de gigue métis ont clôturé les festivités. À la fin de la soirée, alors que les participants se restauraient et que les aînés pratiquaient la purification, un parfum de bannique, de saumon et de sauge embaumait la salle.
Une certaine ironie ne m’a pas échappé ce soir-là. Nous nous étions réunis pour célébrer le Mois de l’histoire autochtone dans l’édifice Sir John A. Macdonald, baptisé en l’honneur d’un homme qui a été le principal architecte des pensionnats indiens, qui a tenté d’assimiler les Autochtones de force et qui a voulu effacer l’histoire, la langue et les traditions des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
La première fois que j’ai pris la parole dans cette enceinte, je vous ai raconté l’histoire de mon père, à qui l’on a appris dès son plus jeune âge à ne pas parler sa langue. Par conséquent, il n’a jamais appris à mes frères et moi à parler le cri. Il voulait nous protéger. J’y pense encore aujourd’hui. Je ne vis pas dans la peur, comme lui, mais j’ai moi aussi perdu la possibilité de parler ma langue. Cela dit, il y a encore de l’espoir pour que je l’apprenne.
Comme bien d’autres, je suis préoccupée au sujet de la perte des langues et des conséquences que cela peut avoir pour le savoir et le mode de vie des peuples autochtones. Ces coutumes sont nées sur ce territoire et ne se trouvent nulle part ailleurs.
Malgré cela, je me suis jointe aux autres fils et filles de survivants des pensionnats et des externats autochtones pour célébrer nos cultures et nos langues et pour rendre hommage à la résilience dont nos communautés ont fait preuve face à l’adversité.
En pensant à cette soirée, je me suis rappelé que les commissaires qui ont rédigé le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones ont évoqué une « noble idée » :
[...] l’idée selon laquelle des peuples différents peuvent partager des terres, des ressources, des pouvoirs et des rêves tout en respectant leurs différences. L’histoire du Canada est celle de beaucoup de ces peuples qui, après bien des tentatives et des échecs, s’efforcent encore de vivre côte à côte dans la paix et l’harmonie.
Ce sera demain la Journée nationale des peuples autochtones. Le hasard a voulu que ce soit également l’anniversaire de mon fils, mais ce qui n’a rien d’un hasard, c’est la décision de célébrer la Journée nationale des peuples autochtones au solstice d’été, le jour le plus lumineux de l’année. Je profite donc de l’occasion pour souhaiter un brillant avenir à ceux qui marcheront sur nos traces en étant fiers de leur identité et de leur histoire commune et unique, et qui s’efforceront, comme je l’ai dit, de vivre dans la paix et l’harmonie, conformément à cette noble idée adoptée par le Canada.
Hiy Hiy.