DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de l'acceptation de l'autisme
15 avril 2026
Honorables sénateurs, comme beaucoup d’entre vous le savent, le mois d’avril est le Mois de l’acceptation de l’autisme. Des familles, des chercheurs et des leaders de la communauté autiste se sont à nouveau réunis dans la capitale nationale à l’occasion du Forum canadien des experts en autisme.
Ce fut un honneur de prendre la parole au forum ce matin, de voir des visages familiers et de réaffirmer la responsabilité qui nous incombe, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de cette enceinte. Comme je l’ai dit aux délégués, nous avons réussi à faire évoluer la conversation nationale, passant de la sensibilisation à l’acceptation. C’est une victoire durement acquise pour la dignité et les droits de la personne. Nous ne considérons plus la neurodiversité comme un défaut à corriger, mais comme un élément fondamental du tissu social canadien.
Cependant, comme je l’ai dit au forum, l’acceptation ne peut pas être le but ultime. Une acceptation dépourvue de la capacité d’agir ou des outils nécessaires à une vie autodéterminée reste incomplète.
Plusieurs d’entre nous se souviennent de ce moment où nous avons voté en faveur du projet de loi S-203 il y a trois ans. Il s’agissait d’un moment historique où le Parlement s’est exprimé d’une seule voix pour établir un cadre national de coordination qui n’existait tout simplement pas auparavant. Cependant, nous devons être clairs sur ce qu’il reste à faire.
La communauté des autistes a fait sa part : elle a établi les plans et s’est mobilisée avec célérité. Le gouvernement doit maintenant faire de même. Les paroles ne suffisent plus. Nous devons agir pour que l’aide dont les personnes autistes ont besoin ne disparaisse pas lorsqu’elles atteignent l’âge de 18 ans et trouver une solution au taux de chômage de 67 % chez les adultes autistes, qui est ridiculement élevé. C’est à nous de demander quand les mesures nécessaires seront mises en œuvre.
Nous, sénateurs, sommes la voix de ceux que le système oublie trop souvent. Je continuerai d’être le partenaire le plus enthousiaste du gouvernement lorsqu’il joindra le geste à la parole. D’ici là, il nous incombe d’être les partenaires de l’ensemble des personnes autistes au chapitre de la surveillance, de la défense des droits et de la reddition de comptes. Nous devons continuer à faire pression sur le gouvernement jusqu’à ce que toutes les familles du pays puissent bénéficier directement de la promesse du projet de loi S-203, jusqu’à ce qu’une mère à Montréal ne passe plus ses nuits à se débattre dans de la paperasserie simplement pour obtenir une évaluation de base pour son enfant; jusqu’à ce qu’un adulte autiste à Calgary possède enfin la clé de son propre logement supervisé; et jusqu’à ce qu’une jeune personne à Halifax voit son avenir professionnel s’ouvrir devant elle à sa sortie du secondaire plutôt que de frapper un mur parce qu’on lui a retiré le soutien qu’elle recevait.
Chers collègues, poursuivons cette discussion. Je vous invite à vous joindre à moi, au sénateur Boehm et à nos collègues Mike Lake et Michael Coteau à la réception que nous tiendrons ce soir. J’espère vous y voir en grand nombre.
Surtout, j’espère qu’à pareille date l’an prochain, nous ne parlerons plus de promesses, mais de résultats concrets et mesurables pour les Canadiens autistes d’un bout à l’autre de ce grand pays.
Merci.