DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le jour J et la bataille de Normandie
4 juin 2026
Honorables sénateurs, ce week-end, nous soulignons l’anniversaire du débarquement historique en Normandie et rendons hommage aux courageux hommes et femmes des Forces armées canadiennes. Il y a 82 ans cette année, 14 000 jeunes Canadiens se sont retrouvés aux portes de l’histoire. La plupart d’entre eux avaient à peine atteint l’âge adulte. Ces Canadiens venaient de villages, de fermes et de villes de tout le pays. Ils ont tout laissé derrière eux pour plonger dans ce qui était, littéralement, un véritable enfer sur terre.
Lorsque les rampes se sont abaissées sur la plage Juno, ils ont affronté le régime nazi — une machine incarnant le mal absolu fondée sur la tyrannie, la haine et l’anéantissement systématique de la dignité humaine. Ces jeunes hommes ont bravé les eaux glacées, les tirs directs et les obus de mortier parce qu’ils savaient ce qui était en jeu. Ils n’ont pas cherché la facilité. Ils n’ont pas choisi ce qui était politiquement opportun. Ils ont fait ce qui était juste, et ils ont payé de leur sang notre avenir.
Chers collègues, notre pays n’est pas le fruit du hasard; c’est un héritage précieux.
Nous avons reçu un trésor sacré : un pays fondé sur la liberté, la démocratie, la primauté du droit et les droits de la personne.
Si nos institutions existent encore aujourd’hui, si nous pouvons siéger dans cette Chambre, c’est uniquement parce que cette génération a refusé de reculer sur nos valeurs fondamentales. Cette tradition de service ne s’est pas arrêtée sur le sable de la Normandie. Depuis des décennies, les hommes et les femmes de nos forces armées portent le même flambeau.
Que ce soit dans le froid de la Corée, dans les missions de paix des Nations unies, dans les montagnes de l’Afghanistan, ou même ici, chez nous, pendant les crises à l’échelle locale, nos militaires ont toujours répondu présents.
Cependant, nous devons toujours garder à l’esprit, chers collègues, que la paix dont nous jouissons aujourd’hui n’est pas l’état naturel du monde. C’est une exception. Elle a été forgée au prix de sacrifices, et elle ne peut être préservée qu’avec de la volonté.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un monde en pleine mutation où les piliers fondamentaux de notre civilisation — la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit — sont confrontés à de nouveaux défis complexes. Il est facile, à l’ère du confort et de l’instantanéité, d’oublier la vigilance qu’il faut exercer à long terme pour préserver une société libre.
Ce week-end est l’occasion de nous rappeler que nous sommes les gardiens de ce que nos courageux héros ont bâti et nous ont légué. Puissions-nous préserver leur legs avec la même détermination stoïque que celle dont ils ont fait preuve sur les plages de Normandie, et toujours veiller à ce que le Canada pour lequel ils ont versé leur sang reste le Canada que nous transmettrons à nos enfants.
Merci, chers collègues.