DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages
L'honorable Raymonde Saint-Germain
6 octobre 2026
Honorables sénateurs, c’est un honneur pour moi de rendre hommage à la sénatrice Raymonde Saint-Germain au nom du Groupe des sénateurs indépendants.
Son parcours à la Chambre haute et le mien ont beaucoup en commun. En compagnie de sept autres sénateurs, nous avons formé la première cohorte de sénateurs nommés à titre d’indépendants à la suite du processus indépendant fondé sur la présentation de demandes.
Je débute mes hommages ainsi parce que le mandat que la sénatrice Saint-Germain a rempli avec distinction à la Chambre haute aura été marqué par son dévouement envers un Sénat plus indépendant et par ce qu’elle aura réussi à accomplir en ce sens. Lors de nos débuts comme facilitateurs du Groupe des sénateurs indépendants en 2017, notre groupe n’avait aucun statut officiel, aucun budget digne de ce nom et aucun traitement paritaire au niveau de ses dirigeants ou du groupe lui-même.
La sénatrice Saint-Germain s’est battue contre ces inégalités avec patience et détermination. C’est grâce à ses efforts que la Loi sur le Parlement du Canada a enfin été modifiée afin de reconnaître les groupes non partisans et leurs dirigeants.
Cela dit, ses efforts pour changer les choses ne se sont pas limités à la sphère législative. Raymonde s’est employée à réformer toutes les règles, les pratiques et les procédures du Sénat, du Comité du Règlement au Comité de la régie interne, des budgets et de l’administration en passant par le Conseil interparlementaire mixte. Aucun changement d’importance aux pratiques sénatoriales ne s’est opéré au cours de la dernière décennie sans qu’elle y ait eu son mot à dire.
Enfin, elle a participé activement à l’évolution du Groupe des sénateurs indépendants, qu’on pense aux modifications apportées à notre charte, aux changements apportés à la composition de l’équipe de direction ou à la manière dont les décisions sont prises. Bon nombre de ces changements demeurent en place, et je sais que la facilitatrice actuelle, la sénatrice Lucie Moncion, est reconnaissante envers sa prédécesseure du travail préparatoire qu’elle a effectué.
En, 2024, Raymonde a été élue sénatrice de l’année par ses collègues lors de la première édition des prix des parlementaires de l’année décernés par iPolitics. Bien sûr, ce n’était pas le premier prix qu’elle recevait, puisqu’elle a reçu des éloges pour son travail à titre de protectrice du citoyen du Québec, de sous-ministre du gouvernement du Québec et de défenseure des droits des patients traités en psychiatrie.
La sénatrice Saint-Germain aurait pu prendre sa retraite après des décennies passées dans la fonction publique du Québec, mais elle a plutôt choisi de poser sa candidature pour devenir sénatrice. C’est une décision dont nous — et tous les Canadiens — devons être très reconnaissants. Vous vous souviendrez peut-être qu’elle a même refusé une généreuse indemnité de départ du gouvernement du Québec parce qu’elle allait occuper un poste bien rémunéré au Parlement fédéral. Telle est l’intégrité de notre honorable collègue.
Enfin, je dirais quelques mots sur le bilinguisme. La sénatrice Saint-Germain a défendu avec ardeur les droits linguistiques des francophones, mais elle s’est montrée généreuse avec ses collègues anglophones qui ne parlaient pas français. Le fait qu’elle parle si bien anglais a bien sûr aidé. Elle employait souvent le mot « pedagogical » en anglais, qui me semble toujours très sophistiqué. J’ai appris que son équivalent français a une nuance différente même si le sens est presque identique. Dans le but de paraître plus savant, j’ai décidé d’utiliser ce mot plus souvent dans mon discours et je le ferai dès maintenant dans ma conclusion.
La sénatrice Saint-Germain est une leader inspirante qui fait preuve d’une grande pédagogie et dont l’approche pédagogique favorise l’autonomie des membres de son groupe. Au nom du Groupe des sénateurs indépendants, ou GSI, merci Raymonde. Nous vous offrons nos meilleurs vœux pour votre prochaine aventure.
Honorables sénateurs, certaines personnes passent leur carrière à apprendre comment fonctionnent les institutions. La sénatrice Saint-Germain, elle, a passé la sienne à se demander si elles fonctionnaient comme elles le devraient et, surtout, pour qui elles fonctionnaient. Ce souci a marqué tout son parcours. Au moment où elle s’apprête à quitter cette Chambre, c’est peut-être ce qui résume le mieux sa contribution.
Bien avant son arrivée au Sénat, cette conception du service public s’était imposée dans les plus hautes sphères de l’administration québécoise. Elle a été sous-ministre des Services gouvernementaux, sous-ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, sous-ministre adjointe aux Relations internationales, puis Protectrice du citoyen. C’est là où j’ai rencontré pour la première fois celle qui allait devenir la sénatrice Saint-Germain.
Elle connaît donc l’État de l’intérieur, ses règles, ses contraintes et ses responsabilités, mais elle n’a jamais perdu de vue ceux qui se trouvent de l’autre côté : les citoyens qui ont parfois bien peu de moyens de faire valoir leurs droits.
Comme protectrice du citoyen, cela signifiait écouter, établir les faits et, au besoin, dire aux autorités publiques ce qu’elles n’avaient pas envie d’entendre.
L’équité est facile à invoquer. Elle l’est moins lorsqu’elle oblige à revoir une décision, à reconnaître une erreur ou à changer de cap.
C’est cette même rigueur qu’elle a apportée au Sénat en 2016, alors que notre institution était elle-même en transformation.
Pendant que le Sénat se modernisait et s’adaptait aux changements apportés par l’ancien premier ministre Trudeau, la sénatrice Saint-Germain a fait partie des personnes chargées de veiller au bon déroulement de cette transformation. À titre de facilitatrice adjointe, puis de facilitatrice du Groupe des sénateurs indépendants, elle a contribué à façonner une nouvelle forme de leadership — moins de directives de la part des dirigeants et plus de persuasion, moins de discipline et plus de confiance ainsi qu’amplement d’espace pour le désaccord sans la division.
La sénatrice Saint-Germain a compris quelque chose d’essentiel : l’indépendance n’est pas l’absence de responsabilité. Elle en exige davantage. Elle suppose le discernement, la reddition de comptes et le respect du jugement des autres.
C’est le sens des responsabilités de la sénatrice Saint-Germain qui a façonné son travail au sein du Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration et à titre de présidente du Sous-comité sur les ressources humaines. Ce ne sont peut-être pas les dossiers les plus visibles du Sénat, mais ils sont au cœur de la crédibilité institutionnelle. Sommes-nous prêts à respecter les mêmes normes que les autres? C’est une question que la sénatrice Saint-Germain n’a jamais cessé de poser.
Elle est exigeante, directe, et préparée, et elle s’attend à ce que les autres le soient aussi. Les arguments approximatifs résistent rarement longtemps à son examen.
Or, derrière cette rigueur se cache un profond respect pour le service public, nourri par une conviction simple : lorsqu’une institution prend une décision qui touche la vie des gens, elle doit pouvoir l’expliquer, la défendre et l’assumer.
Cette manière de servir a été reconnue à plusieurs reprises. En 2016, l’Université Laval lui a décerné sa médaille d’honneur. En 2024, comme l’exprimait le sénateur Woo, ses collègues parlementaires l’ont élue sénatrice de l’année.
Ces distinctions comptent. Toutefois, il existe une autre mesure, peut-être plus révélatrice : ce qu’une personne apporte à ceux qui travaillent avec elle. Avec la sénatrice Saint-Germain, on sait que les questions difficiles seront posées, que les raccourcis seront repérés et, surtout, que la question à l’étude sera prise au sérieux.
Sur un ton plus personnel, avec le départ de la sénatrice Saint-Germain, j’ose dire que je vois partir du Sénat aujourd’hui une amie, une conseillère et une mentore, qui m’a aidé non seulement dans mes premiers pas ici au Sénat, mais dans mes premiers pas comme leader du gouvernement au Sénat avec l’expérience qu’elle avait à la table des leaders qui représentent si bien cette institution. Je la regretterai beaucoup, mais je sais cependant qu’elle aura de très beaux jours avec son conjoint Pierre, qui est aussi un ami. J’espère pouvoir garder un contact très serré avec elle pour pouvoir bénéficier encore longtemps de ses précieux conseils.
Merci, Raymonde.
Honorables sénateurs, demain, notre Sénat verra partir une personne d’exception, dont la distinction, l’intelligence et l’intégrité sont largement reconnues, alors que la sénatrice Saint-Germain prendra sa retraite. J’ai moi-même eu le privilège de siéger avec elle pendant près de dix ans. Son leadership dans cette enceinte restera gravé dans nos mémoires pour de nombreuses années.
La sénatrice Saint-Germain est arrivée au Sénat en étant déjà reconnue comme l’une des hauts fonctionnaires les plus éminents et respectés du Québec. Elle avait été sous-ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, puis des Services gouvernementaux.
Ceux qui ont travaillé avec elle ont connu une femme d’exception, qui comprenait le fonctionnement de l’État et, surtout, la population qu’elle était appelée à servir. Cette conviction l’a menée à l’un des postes les plus exigeants de la province, celui de protectrice du citoyen du Québec, où elle a défendu les citoyens avec sérieux, ce qui lui a valu la confiance des Québécois. Ce n’est pas une grande surprise que cette Québécoise ait été nommée au Sénat du Canada pour défendre les intérêts du Québec.
Lorsque la sénatrice Saint-Germain a pris ses fonctions au Sénat en 2016, ses collègues n’ont pas tardé à se rendre compte de ses compétences et, bien entendu, de ses qualités de cheffe de file. Ce sont des qualités innées, qui ne s’acquièrent pas. S’il existe une dirigeante née, c’est bien la sénatrice Saint-Germain.
Ce fut toujours pour moi un plaisir et un privilège de travailler avec elle au sein de divers comités. Je me souviens en particulier du jour où elle a commencé à siéger au Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration. C’est là que j’ai fait la connaissance de Raymonde. J’ai vu qu’elle se préoccupait énormément de la responsabilité financière de l’État envers les contribuables. Elle nous a montré qu’elle savait faire preuve d’une grande rigueur dans ses interventions au Sénat. Chaque fois qu’elle prenait la parole, nous l’écoutions attentivement, car je peux vous garantir que ses interventions nous apportaient toujours quelque chose. Elles étaient chaque fois pertinentes et substantielles. La sénatrice Saint-Germain inspirait le respect de ceux qui se trouvaient en sa présence, chers collègues. On ne saurait trop insister sur l’importance de son œuvre de cheffe de file au Sénat, et elle nous manquera énormément.
J’espère qu’elle me permettra de dire qu’à bien des égards, Raymonde Saint-Germain me rappelle une autre femme politique que j’aime et que je respecte vraiment : la Dame de fer. Raymonde Saint-Germain est vraiment la dame de fer de cette institution. D’une grande intelligence, aussi coriace que juste, elle a un cœur d’or et respire la compassion. D’aucuns pourraient être intimidés par son inflexibilité, mais je pense que nous en arriverons à apprécier son leadership et son style, car sa fermeté était toujours ancrée dans la conviction, et sa conviction venait d’une réelle bienveillance envers les gens qu’elle représente et cette institution.
Ces qualités étaient évidentes pour tous ceux qui ont eu le privilège de la croiser, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces murs. En fait, chers collègues, la sénatrice Saint-Germain n’a pas de plus grande admiratrice que mon épouse. Beaucoup d’entre vous savent peut-être que ma femme ne supporte pas la bêtise. La première fois que nous avons fait un voyage parlementaire, Demi s’est tournée vers moi après avoir vu la sénatrice Saint-Germain à l’œuvre et m’a dit : « Leo, la sénatrice Saint-Germain est gracieuse, élégante, éloquente et allumée; c’est une sénatrice exceptionnelle. » Elle avait tout à fait raison. Elle répond à tous ces critères.
Honorables collègues, de nombreux sénateurs vont et viennent dans cette enceinte, mais je peux vous dire ceci : le legs de la sénatrice Saint-Germain se perpétuera; personne n’oubliera qu’elle a rendu cet endroit meilleur et plus fort et qu’elle y a apporté une contribution importante au nom des Québécois et des Canadiens.
Au nom du conservateur au Sénat, l’opposition officielle, je vous offre mes meilleurs souhaits. Vous nous quittez beaucoup trop tôt; vous aviez encore tant à offrir. Nous vous souhaitons à vous et à votre famille santé et succès pour la suite des choses.
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à notre collègue, la sénatrice Raymonde Saint-Germain.
Peut-être êtes-vous surpris de m’entendre tenter de prononcer ces quelques mots en français. Si je le fais, c’est en raison de mon immense respect pour notre collègue et amie la sénatrice Saint-Germain.
L’un des aspects de mon travail aux côtés de Raymonde que j’ai le plus appréciés est nos conversations au sujet de la langue française. Elle m’a toujours encouragée à tenter de dire quelques mots, même lorsque je me contentais de n’utiliser que mon mot favori, « enchantée ». Je crois qu’elle a parfois été légèrement exaspérée par les limites de mon vocabulaire en français et par ma détermination à n’utiliser que le mot « enchantée », même lorsqu’il ne convenait pas dans le contexte. Mais elle n’en a jamais rien laissé paraître. Elle ne réagissait qu’avec patience, bienveillance et humour en tentant de m’expliquer le bon moment pour dire « bonne nuit » ou pour élargir mon vocabulaire au-delà d’« enchantée ».
Ces moments d’apprentissage et de franche rigolade — à mes dépens, je dois le dire — ont toujours été précieux. Ce sont des souvenirs que je chérirai toujours.
Pour la gouverne de mes collègues qui ne le sauraient pas, « enchantée » signifie qu’on est très heureux de rencontrer quelqu’un. Je crois que cela sied très bien à Raymonde. Elle a le don de mettre les gens à l’aise, de leur faire sentir qu’ils sont les bienvenus. Ce don a été mis bien en évidence au fil de sa longue carrière au service du public, y compris, bien entendu, pendant les années qu’elle a passées ici au Sénat.
Raymonde prend sa retraite en laissant derrière elle un bilan remarquable, dont une longue carrière dans la fonction publique, notamment comme protectrice du citoyen du Québec — un titre très impressionnant — et comme sous-ministre. Elle a fait profiter au Sénat de cette expérience depuis 2016 par son travail aux comités, par son leadership au sein de son groupe et par ses nombreuses responsabilités parlementaires et interparlementaires. Je crois qu’il est juste de dire que Raymonde n’a jamais été du genre à regarder passer la parade les bras croisés.
Je suis certaine que sa famille sera enchantée de la voir un peu plus souvent maintenant qu’elle quitte le Sénat. Au nom du Groupe progressiste du Sénat, Raymonde, je vous dis que ce fut un plaisir de travailler avec vous et je vous offre mes meilleurs vœux pour la suite des choses.
Bonne continuation, Raymonde. Et surtout, je suis enchantée d’avoir été ta collègue.
Merci.
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au nom du Groupe des sénateurs canadiens pour rendre hommage à notre collègue, la sénatrice Raymonde Saint-Germain.
Comme nous l’avons entendu aujourd’hui, la retraite de la sénatrice Saint-Germain marque la fin d’une carrière exceptionnelle dans la fonction publique, une carrière définie par une profonde détermination à protéger les droits des Canadiens et à renforcer les institutions publiques à leur service.
Dans une entrevue accordée en 2018 au magazine interne du Sénat, on a demandé à la sénatrice Saint-Germain quels étaient les plus grands problèmes de politique publique au Canada. Elle a souligné l’importance de voir au-delà du court terme : il fallait trouver un équilibre entre les considérations économiques, environnementales et sociales, atténuer les effets néfastes des politiques publiques et porter une attention particulière à la relation entre le Canada et les États-Unis. Il est frappant de constater à quel point sa réponse demeure pertinente aujourd’hui.
Dans la même entrevue, on lui a demandé pourquoi davantage de Canadiens devraient se soucier de ce qui se passe au Sénat. Elle a parlé de notre devoir, d’abord et avant tout, de légiférer, c’est-à-dire d’examiner attentivement les projets de loi dont le Parlement est saisi et d’envisager leurs répercussions sur les personnes, les organisations et les entreprises qui y seront assujetties au bout du compte.
Avec le recul, sa réponse se révélait plus qu’une réflexion sur le rôle du Sénat. Elle décrit de façon tout à fait remarquable l’approche qu’elle a adoptée dans son travail tout au long de son mandat ici.
Chère Raymonde, je vous remercie d’avoir donné un si bon exemple à ceux d’entre nous qui suivent vos traces.
Comme nouvelle sénatrice, je me souviens d’avoir observé la réflexion avec laquelle la sénatrice Saint-Germain intervient au Sénat. Elle écoute attentivement, pose des questions qui nous portent à réfléchir et elle apporte toujours une perspective nuancée à nos discussions.
Ces qualités — à savoir la considération, l’écoute attentive et un respect sincère pour le travail de notre institution — ont marqué sa contribution au Sénat.
Raymonde, au nom de mes collègues du Groupe des sénateurs canadiens, je vous remercie pour votre service, votre leadership et votre contribution à cette institution.
J’espère que, dans ce nouveau chapitre de votre vie, vous aurez plus de temps pour votre famille, vos amis et tout ce qui compte pour vous.
Je vous souhaite une très belle retraite. Merci pour tout, chère Raymonde.
Honorables sénatrices et sénateurs, aujourd’hui, nous rendons hommage à une grande dame. C’est à la fois avec tristesse et appréciation que je dois prononcer ces quelques mots en quelques minutes seulement.
Quoique le mois de novembre apporte des journées plus sombres, la sénatrice Saint-Germain arrive au Sénat le 25 novembre 2016 et devient assez rapidement une source de lumière dans notre désir d’offrir à la population une institution moderne, évolutive et efficace.
Sa brillante carrière comme fonctionnaire au gouvernement du Québec lui avait bien appris le fonctionnement parlementaire et les interactions nécessaires afin d’arriver à des résultats qui, la plupart du temps, sont des compromis ou des étapes.
Les sénateurs McCoy, Demers, Wallace, Rivard, Bellemare et moi-même avions déjà formé, en mars 2016, le Groupe des sénateurs indépendants. Quelques mois plus tard, de nouveaux sénateurs et sénatrices sont arrivés, faisant en sorte que le Groupe des sénateurs indépendants, premier groupe sans caucus partisan, fut reconnu officiellement au Sénat le 2 décembre 2016. Raymonde faisait partie de cette nouvelle cohorte.
Rapidement, elle a pu analyser la situation et les objectifs de modernisation. Toutefois, le véritable défi consistait à savoir comment procéder. Après réflexion, en septembre 2017, le groupe a assigné le sénateur Woo et la sénatrice Saint-Germain pour guider nos démarches. Quelques années plus tard, la sénatrice Saint-Germain prenait le leadership. En somme, Raymonde, tu as été la pierre angulaire de la réussite de notre groupe et de la réussite de l’indépendance de notre institution.
Évidemment, Raymonde et moi étions d’accord sur les objectifs. Cependant, c’était une autre histoire pour ce qui est des procédures et de l’échéancier. Nous avons eu des conversations houleuses auxquelles elle ne tournait jamais le dos, au contraire. Comme bonne chef de file, elle retenait le tout, y retirait les meilleurs éléments, et fonçait.
Raymonde, merci du fond du cœur pour ton leadership, ta contribution à la modernisation du Sénat et ton amitié.
Tu es géniale.
Tu es une grande dame. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec la grandeur physique.
Sénatrice Saint-Germain, nos conversations ne sont pas terminées. Même si tu dois prendre ta retraite du Sénat, sache que, dans ma tête et dans mon cœur, tes dix ans passés au Sénat témoignent de tes habiletés naturelles et incontournables. Pour moi, tu seras toujours à l’avant-plan.
Bonne retraite, mon amie. J’anticipe impatiemment tes prochains chapitres en compagnie de ton conjoint Pierre, toujours à tes côtés. Grâce à sa nouvelle hanche, il pourra lui aussi marcher rapidement.
Merci mon amie. Bonne aventure.
Honorables sénateurs, souligner le départ à la retraite d’une collègue est toujours très délicat, mais lorsqu’il s’agit d’une amie, c’est un défi encore plus grand sur un si court laps de temps.
Lorsqu’on demande à Raymonde d’où vient son engagement, elle répond que ce n’est pas un événement précis qui l’a déterminé, mais une succession de petits gestes de solidarité vécus dans son enfance. Cette réponse résume bien sa philosophie voulant que les grandes carrières se construisent souvent à partir de profondes valeurs humaines enracinées dans les gestes du quotidien.
À titre d’exemple, toute jeune, elle préparait avec sa famille des paniers de Noël qu’elle livrait par l’entremise de la Société de Saint-Vincent de Paul. Ces moments lui procuraient à la fois la joie d’aider et un profond sentiment d’injustice devant les inégalités de notre société.
Nous connaissons tous sa rigueur. Raymonde mesure ses mots avec une grande précision. Lorsqu’elle parle, nous savons que chaque mot a été pesé et que chaque nuance compte. Cette rigueur n’a jamais été froide, elle s’accompagne toujours d’écoute, de respect et de bienveillance.
Raymonde peut défendre une position avec fermeté — elle l’a démontré à de nombreuses reprises —, sans jamais diminuer la personne qui se trouve devant elle. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles elle a gagné le respect de collègues de toutes les allégeances, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de cette Chambre.
Son parcours est aussi jalonné de rencontres remarquables. En 1986, elle a accompagné mère Teresa lors de son passage au Québec. Elle a été marquée par son humilité et sa force tranquille.
Elle a également rencontré la reine Elizabeth II à six reprises.
Chère Raymonde, tu laisses derrière toi bien plus qu’une liste de réalisations. Tu laisses une manière de servir. Tu nous as montré que l’indépendance n’exclut pas la collaboration, que l’exigence peut aller de pair avec la bienveillance et que l’autorité véritable repose moins sur le prestige d’une fonction que sur la confiance que l’on inspire. Pour ma part, je veux surtout te remercier pour ton amitié, ta franchise, tes conseils et tous ces moments où ta présence a rendu le travail plus intelligent, mais aussi plus humain.
La retraite sera sans doute un nouveau chapitre. Je te souhaite du bon temps avec Pierre et ta famille, beaucoup de lecture, du temps au bord du fleuve St-Laurent que tu apprécies tellement, quelques crèmes glacées, comme dans le temps, et beaucoup d’huîtres que je pourrai t’ouvrir à l’occasion. Je te souhaite surtout la joie de mesurer tout ce que tu as apporté au Québec, au Canada, au Sénat et à tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à tes côtés.
Merci, Raymonde, pour ta carrière exceptionnelle. Merci pour ton sens du devoir. Merci, tout simplement, d’avoir toujours placé l’être humain au cœur du service public. Merci et bonne retraite, chère Raymonde.