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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les survivants de l'Holocauste

21 octobre 2026


L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition)

Honorables sénateurs, aujourd’hui nous avons le privilège d’accueillir un groupe d’invités exceptionnels venus de Montréal : des survivants qui peuvent témoigner de l’Holocauste et qui ne cessent de faire connaître la vérité à ce sujet. Les histoires qu’ils m’ont racontées dans leurs propres mots resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

Certains survivants conservent aujourd’hui le souvenir vif et douloureux de ce qu’ils ont enduré. Quelques-uns sont nés dans des camps de travail en Europe. Une personne est née à Auschwitz. D’autres nous racontent avoir vu le canon d’une arme à feu pointé sur eux et ont cru qu’ils allaient être abattus par une patrouille nazie en Allemagne.

D’autres encore étaient trop jeunes à l’époque pour se souvenir de l’Holocauste. Ils n’en connaissent que les séquelles qui jonchent leur vie : des parents leur ont été arrachés trop tôt, sont restés infirmes ou se terrent dans le mutisme, incapables de parler des horreurs vécues.

Le fil conducteur de leur récit est la survie. Ils ont survécu aux atrocités les plus inconcevables que le régime nazi a commises pendant la persécution et le génocide de 6 millions de juifs, une entreprise démoniaque qui s’est poursuivie pendant trop longtemps, car trop de gens avaient décidé de détourner le regard.

Tout ce que ces gens remarquables ont fait de leur vie par la suite témoigne de la force de l’être humain. Plusieurs sont venus au Canada pour trouver refuge et ont redonné bien plus que ce qu’ils ont reçu. À Montréal, ils ont contribué à la création d’entreprises, de synagogues, d’hôpitaux et d’écoles, et ils ont fondé des familles. Ils sont devenus des piliers de la ville où j’ai grandi. Montréal est meilleur grâce à eux.

Chers collègues, tous les ans, il y a de moins en moins de survivants parmi nous. Le temps où nous pouvons encore écouter leurs récits, racontés dans leurs propres mots, touche à sa fin. C’est pourquoi leur visite aujourd’hui revêt autant d’importance.

Leur témoignage ne fait pas que s’inscrire dans l’histoire; il sert d’avertissement. Je m’imagine la signification que peut avoir l’époque actuelle pour eux. Après avoir vu la face la plus sombre de l’humanité, ils ne croyaient sans doute jamais devoir assister un jour l’horreur qui s’est produite 7 octobre, le pire massacre de juifs en un seul jour depuis l’Holocauste. À n’en pas douter, ils ne s’imaginaient pas qu’ils allaient de nouveau affronter l’antisémitisme et que ce fléau les pourchasserait dans les quartiers où ils se sont réfugiés autrefois, au Canada.

La peur qui habite bon nombre d’entre eux est bien réelle. C’est une peur qu’ils n’auraient jamais dû ressentir de nouveau — pas au Canada.

Rendons-leur hommage en faisant preuve de gratitude et de respect, mais aussi de détermination. Nous leur devons d’écouter leurs histoires et de nous engager fermement à répondre à la haine par le geste et pas seulement par la parole. « Plus jamais » est une promesse qu’il nous incombe de tenir.

Je tiens à remercier Tanya Toledano, conseillère municipale de Dollard-des-Ormeaux, ainsi que tous les bénévoles qui accompagnent les survivants aujourd’hui d’avoir organisé cette visite au Sénat. Je tiens à remercier aussi Son Honneur pour avoir eu la bonté de les recevoir. Je remercie également le sénateur Moreau, présent aujourd’hui, ainsi que les sénateurs et sénatrices Simons, Patterson, Quinn, K. Wells, Adler, Francis et le député Baber. Merci à tous.

À nos invités, je vous remercie d’avoir eu le courage de nous confier votre témoignage et pour tout ce que vous avez apporté à ce grand pays. Nous vous entendons, nous vous rendons hommage et nous ferons vivre vos histoires.

Merci.

Merci beaucoup.

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