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Le Jour du drapeau national du Canada et l'importance particulière que revêt le drapeau compte tenu de la situation géopolitique actuelle

Interpellation--Ajournement du débat

5 février 2026


L’honorable Andrew Cardozo [ - ]

Ayant donné préavis le 3 février 2026 :

Qu’il attirera l’attention du Sénat sur le Jour du drapeau national du Canada et sur l’importance particulière que revêt notre drapeau compte tenu de la situation géopolitique mondiale actuelle.

 — Honorables sénateurs, j’allais offrir à tous ceux qui restent si tard une bouteille de champagne, mais je pense qu’une bouteille de sirop d’érable serait plus appropriée.

J’invite ceux d’entre vous qui seront ici demain matin à participer à une table ronde sur le chômage des jeunes que nous tiendrons, moi et plusieurs autres sénateurs, de 9 heures à 11 heures, ici, dans l’édifice du Sénat du Canada.

Chers collègues, j’ai l’honneur aujourd’hui, en ce moment important, de lancer une interpellation sur l’importance du drapeau canadien et de réfléchir à ce que le drapeau canadien signifie pour nous, les Canadiens.

Le jour de ce débat a été choisi pour qu’il coïncide avec le Jour du drapeau, dans 10 jours, le 15 février. Je suis ravi de vous inviter, chers collègues, à présenter vos réflexions sur cette question aujourd’hui et dans les jours à venir.

Incidemment, cette interpellation est lancée pendant les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, dont la cérémonie d’ouverture officielle se tiendra demain.

De plus, dans les semaines à venir, l’astronaute canadien Jeremy Hansen participera à la mission Artemis II de la NASA, qui doit aller jusqu’à la Lune. Il sera le premier Canadien à marcher sur la Lune.

Ce sont de belles occasions de brandir le drapeau.

Qu’est-ce que le Jour du drapeau? Cette journée marque le 61e anniversaire du drapeau rouge et blanc à feuille d’érable, qui est devenu notre drapeau officiel le 15 février 1965, lorsqu’il a été hissé pour la première fois sur la tour de la Paix de l’édifice du Centre.

Il est intéressant de noter que cela faisait suite à un débat politique houleux lancé par le premier ministre de l’époque, Lester B. Pearson, qui avait proposé un nouveau drapeau, ce qui avait suscité la véhémente opposition du chef du Parti progressiste-conservateur et ancien premier ministre John Diefenbaker.

Comme le drapeau revêt une grande importance pour les citoyens, le changer provoque des réactions très vives.

Ce qui est remarquable dans cette histoire, c’est qu’à l’issue du débat, Diefenbaker s’est rendu avec Pearson à Londres, au palais de Buckingham, en décembre 1964, où la reine Elizabeth a donné sa sanction royale au nouveau drapeau.

C’était une époque où les partis qui s’opposaient pouvaient tenir des débats animés, voire houleux, mais où, en fin de compte, ils acceptaient le résultat et s’y ralliaient.

Nous arborons donc le drapeau pour diverses raisons. Toutefois, en cette période où notre souveraineté est menacée, c’est notre façon de montrer notre fierté. Que nous agitions vigoureusement le drapeau ou que nous le portions simplement discrètement à la boutonnière, c’est notre façon de dire : « Je suis Canadien, je crois en ce pays, je suis fier d’être Canadien et fier d’appeler le Canada ma patrie. »

En tant que parlementaires, nous avons pour la plupart le grand privilège de représenter le Canada lors de conférences et de sommets internationaux. Le drapeau canadien et notre citoyenneté canadienne sont une source de grande fierté.

Peu importe qui nous rencontrons, je trouve toujours très amusant de distribuer des épinglettes arborant le drapeau canadien. Dans une foule de parlementaires de toutes sortes de pays, les gens se bousculent pour en obtenir une. Parfois, offrir une épinglette arborant le drapeau canadien à quelqu’un est une belle marque d’amitié et un excellent moyen d’engager la conversation, une conversation qui est toujours amicale et constructive.

Soit dit en passant, j’ajouterais que l’un des aspects amusants de ces conversations est que nos homologues du monde entier sont impatients de nous dire qu’ils ont de la famille au Canada. C’est aussi ce que représente notre drapeau.

Chers collègues, je vous dirais que, dans le contexte géopolitique actuel, alors que le monde devient hostile, agressif et indifférent, notre fierté envers notre drapeau est plus importante que jamais.

Notre drapeau en dit long. Nous ne sommes pas une superpuissance qui cherche à étendre son territoire. Nous ne sommes pas intéressés par des agressions inutiles envers les autres. Nous n’intervenons pas dans les affaires des autres pays dans le but de les déstabiliser, d’étendre sournoisement notre influence sur leur territoire ou de nuire à leur économie.

Nous n’envahissons pas d’autres pays. Nous sommes Canadiens, ce qui signifie que nous croyons au droit de chaque pays d’exister. Nous croyons à un multilatéralisme sain, au fait de contribuer au développement international, à la primauté du droit international, au commerce équitable et au respect, ce qui ne nous empêche pas de le dire clairement quand nous ne sommes pas d’accord ou que nous devons faire pression sur d’autres pays pour qu’ils soient justes et équitables.

Voilà ce que représente le fait de porter le drapeau canadien. C’est l’affirmation de bien des choses : de qui nous sommes, de ce que nous défendons et des raisons pour lesquelles notre amitié est importante, que ce soit avec d’autres peuples ou d’autres pays.

Cela signifie également que nous sommes un pays introspectif, que nous examinons nos points positifs et négatifs et que nous essayons constamment d’améliorer le pays pour tous les Canadiens, parfois avec succès, parfois moins.

Chers collègues, pour souligner le Jour du drapeau en 2025, grâce au Groupe de travail consultatif sur les œuvres d’art et le patrimoine du Sénat et avec l’appui de la Présidente Gagné, nous avons inauguré le mur des drapeaux provinciaux et territoriaux dans le foyer de cet édifice.

C’est la première fois que nous avons une installation permanente de drapeaux grandeur nature de toutes les provinces et de tous les territoires au Sénat du Canada, que ce soit dans l’immeuble actuel ou, autrefois, dans l’édifice du Centre. Ces drapeaux s’ajoutent aux emblèmes qui existent déjà dans cette salle et sur les portes originales du Sénat.

Ces drapeaux nous rappellent que notre travail au Sénat concerne toutes les provinces et tous les territoires. Honorables sénateurs, permettez-moi de citer certains de nos anciens premiers ministres.

Il y a 61 ans, le 15 février 1965, l’ancien premier ministre Lester B. Pearson, le visionnaire à l’origine de ce drapeau, inaugurait un grand symbole. Permettez-moi de vous rappeler ses propos :

Puisse la nation sur laquelle flotte ce nouveau drapeau demeurer unie dans la liberté et la justice; un pays aux habitants pieux et honnêtes; justes et généreux dans toutes leurs entreprises; sensibles aux besoins de tous, tolérants et compatissants; travailleurs, énergiques, résolus; sages et équitables, garantissant la sécurité et des chances égales à toutes ses cultures; forts de leur adhésion aux principes moraux qui sont le seul guide sûr vers la grandeur.

Chers collègues, il y a deux jours, lors de la cérémonie de dévoilement du portrait officiel de l’ancien premier ministre Stephen Harper sur la Colline du Parlement, un événement auquel j’ai eu l’honneur d’assister, comme beaucoup d’entre vous, M. Harper a déclaré ce qui suit :

Il faut protéger le Canada, ce pays que nous a été légué par la providence, que nos ancêtres ont protégé et dont nous sommes fiduciaires pour nos descendants. Nous devons faire tous les sacrifices nécessaires pour préserver l’indépendance et l’unité de cette terre bénie.

En terminant, permettez-moi de paraphraser un extrait d’une lettre envoyée il y a un an par les cinq anciens premiers ministres toujours en vie — Joe Clark, Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper — pour souligner le 60e anniversaire du drapeau :

Ces dernières semaines, nous avons assisté à un élan de fierté et de patriotisme canadien. Face aux menaces et insultes [...], les Canadiens ont exprimé à l’unisson leur amour pour notre pays et leur détermination à défendre les valeurs du Canada et notre indépendance.

La lettre disait également ce qui suit : « En tant qu’anciens premiers ministres du Canada, nous saluons cet esprit national ».

Les anciens premiers ministres exhortaient leurs concitoyens canadiens à arborer le drapeau avec fierté « comme jamais auparavant » lors de la Journée du drapeau national du Canada. La déclaration commune disait également : « Montrons au monde que nous sommes fiers de notre histoire et fiers de notre pays ».

Issus tous les cinq de partis politiques différents, nous avons eu notre part de batailles dans le passé. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : le Canada est le meilleur pays au monde; il mérite d’être célébré et qu’on se batte pour lui.

Leurs sentiments sont aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient l’année dernière. Merci.

Honorables sénateurs, je crois être le dernier intervenant de ce soir, je vais donc faire de mon mieux pour vous laisser sur une note optimiste.

Honorables sénateurs, je suis honoré de prendre la parole à cette heure tardive dans le cadre du débat sur cette importante interpellation, et je remercie le sénateur Cardozo d’avoir lancé cette interpellation ce soir.

Ce soir, je prends la parole pour parler d’un des symboles les plus faciles à reconnaître au monde, un symbole synonyme de prospérité, de possibilités et de résilience, qui a inspiré des générations d’immigrants à s’installer au Canada, et j’ai nommé le drapeau du Canada.

C’est le 15 février que nous célébrons la Journée du drapeau national du Canada. Je remercie le sénateur Cardozo d’avoir présenté encore cette année cette interpellation à ce sujet et de nous donner l’occasion de parler de ce que le drapeau canadien représente pour nous.

En 2024, à l’occasion d’une intervention sur le même sujet, j’ai souligné la fierté que j’avais ressentie, en tant que jeune garçon montréalais, en agitant le drapeau canadien pendant la Série du siècle de 1972. Ce moment restera gravé à tout jamais dans ma mémoire.

Aujourd’hui, j’aimerais m’arrêter sur le symbolisme du drapeau canadien pour les immigrants et, au-delà de l’image elle-même, sur le sens profond de la feuille d’érable rouge pour les nouveaux Canadiens.

Depuis plus de six décennies déjà, notre drapeau représente une histoire commune, tissée par des générations de personnes qui ont choisi ce pays comme foyer et ont trouvé, dans une simple feuille d’érable, une promesse puissante.

Cela surprendra peut-être certains sénateurs, mais je suis en fait plus âgé que notre drapeau national. Vous êtes tous surpris, n’est-ce pas? Je fais rire tout le monde à cette heure tardive. C’est pas mal.

Même si le drapeau tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas encore lorsque mes parents ont pris la difficile décision de quitter l’Italie, la feuille d’érable — que ce soit sur une pièce de monnaie, un timbre, une carte postale ou un passeport — avait déjà une importance et une influence considérables pour eux, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Pour d’innombrables familles immigrées, la feuille d’érable a toujours symbolisé la chance, la stabilité et l’espoir que leurs enfants puissent grandir dans un pays où tout est possible, un endroit sûr où règnent la liberté et la démocratie, un pays où le travail est valorisé et où la diversité est célébrée.

Pour les familles fuyant un conflit, un climat d’incertitude ou un avenir aux perspectives limitées, le drapeau canadien a toujours été un phare, un endroit où les rêves peuvent renaître et où l’espoir peut prendre racine, tout comme les racines d’un robuste érable.

En tant qu’immigrant de deuxième génération, je sais que les immigrants ne viennent pas seulement au Canada : ils deviennent le Canada, ils bâtissent le Canada et ils incarnent le Canada.

Comme mes parents, mes frères et sœurs et moi-même, ils apprennent la langue, ils adoptent les valeurs canadiennes et ils apportent leur contribution à l’économie, à la culture et à la vie civique d’ici. Ils fondent des entreprises, ils travaillent dans les hôpitaux et les écoles, ils construisent des maisons et des autoroutes, et ils enrichissent notre société d’idées et de traditions nouvelles. L’immigration est indissociable de la réussite du Canada. Nous sommes une nation d’immigrants. Que l’on pense au passé, au présent ou à l’avenir, les nouveaux arrivants renforcent notre pays, non pas en renonçant à leur identité, mais en apportant leurs talents et leurs expériences à la grande famille canadienne.

Tout au long de ma carrière, j’ai participé à de nombreux événements multiculturels partout au Québec et au Canada. Que ce soit avec les communautés italienne, hellénique, libanaise, juive, tamoule, portugaise ou d’innombrables autres encore, il y avait toujours un dénominateur commun fièrement affiché à l’occasion de ces événements communautaires et collectes de fonds, à savoir le drapeau canadien. J’ai été témoin de cette réalité à d’innombrables reprises. Nous sommes tous fiers d’être Canadiens.

La feuille d’érable rouge nous rappelle que même si nos origines sont différentes, nous sommes tous unis par notre attachement au Canada. Elle symbolise la coexistence pacifique, la responsabilité partagée et la conviction que la diversité n’est pas une faiblesse, mais une force.

Alors que nous célébrons l’anniversaire de notre drapeau national, rendons hommage aux générations d’immigrants qui ont cru en la promesse du Canada et qui ont contribué à bâtir le pays dont nous sommes fiers qu’il soit le nôtre. Renouvelons notre engagement envers les valeurs que représente notre drapeau et veillons à ce que le Canada demeure une terre de possibilités, un endroit sûr et accueillant où les familles peuvent s’épanouir.

Nous en avons le devoir envers nos parents et nos grands-parents qui ont tant sacrifié, mais nous en avons surtout le devoir envers nos petits-enfants qui, un jour, brandiront le même drapeau avec fierté et contentement.

Joyeux Jour du drapeau, Canada.

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