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Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport

Interpellation--Débat

10 février 2026


L’honorable Marnie McBean [ + ]

Conformément au préavis donné par la sénatrice Deacon (Ontario) le 4 décembre 2025 :

Qu’elle attirera l’attention du Sénat sur le rôle essentiel que jouent l’activité physique et le sport dans notre bien-être et celui de nos communautés ainsi que dans la trame de l’expérience canadienne.

 — Honorables sénateurs, les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina ont commencé. Partout au pays, dans les écoles, les centres communautaires et les foyers, les Canadiens se réunissent devant leurs écrans pour encourager, bien sûr, les athlètes portant l’unifolié, mais aussi ceux qui représentent plus de 90 pays. Nous serons là, captivés, alors qu’ils nous feront vivre des moments mémorables.

Pendant quelques semaines, le sport fera ce qu’il fait le mieux : inspirer, faire rêver et, surtout, unir au-delà des langues, des régions et des origines, en ravivant notre fierté et notre identité communes. Tout le monde peut faire du sport.

Le sport m’a offert certains des enseignements les plus précieux de ma vie. L’enthousiasme collectif suscité par les Jeux olympiques, les Jeux paralympiques et les championnats du monde nous rappelle que le sport et l’activité physique ont une grande importance pour les Canadiens et qu’ils représentent bien plus que de simples jeux.

Les Canadiens ne pratiquent pas tous un sport — même si j’aimerais qu’il en soit autrement — et ils ne s’intéressent pas nécessairement aux compétitions. Pourtant, la grande majorité d’entre nous est consciente des bienfaits du sport.

À Davos, juste avant que le premier ministre ne prononce un discours d’importance mondiale, il a été présenté comme un joueur de hockey capable de savoir où va la rondelle et de rester calme dans les moments intenses et stressants. Son passé d’athlète est un complément à ses réalisations professionnelles. Pourquoi? Qu’apportent le sport et l’activité physique aux Canadiens?

Le sénateur Deacon, la sénatrice Petitclerc et moi-même sommes à l’origine de cette interpellation parce que nous voulons attirer l’attention du Sénat sur le rôle essentiel que jouent l’activité physique et le sport dans l’amélioration du bien-être, le renforcement des liens communautaires et le façonnement du tissu social canadien, et parce que nous voulons entendre votre avis à ce sujet. Comment le sport et l’activité physique vous ont-ils façonné? Comment ont-ils façonné votre vécu de Canadien?

J’ai d’innombrables anecdotes à raconter pour montrer comment le sport a façonné ma vie. Celles qui m’ont le plus marquée ne sont pas forcément les moments forts. Ce sont souvent des moments qui ont précédé les courses, qui se sont passés dans les coulisses, loin des bateaux. Ce sont des moments qui sont arrivés l’air de rien, mais qui ont été pour moi de grandes leçons de vie. Pour les rameurs, participer à la course à Lucerne, en Suisse, c’est quelque chose de spécial. Nous vénérons le lac Rotsee; c’est notre Wimbledon.

Quand Kathleen Heddle et moi sommes arrivées là, l’année où nous commencions à gagner des courses, nous étions des inconnues. Notre première course éliminatoire à Lucerne a été terriblement injuste. Le tirage au sort nous a opposées aux médaillées d’or et d’argent ainsi qu’aux équipes qui s’étaient classées quatrièmes et cinquièmes lors des championnats du monde de l’année précédente. Or, nous avons surpris tout le monde en remportant cette course éliminatoire avec une facilité apparente.

En demi-finale, nous avons battu le reste des prétendantes au titre et nous sommes arrivées en finale le lendemain. On sentait l’effervescence près des abris à bateaux. Les gens parlaient de nous et nous sacraient d’avance non seulement championnes de Lucerne, mais aussi prochaines championnes du monde.

J’ai ressenti l’effervescence et j’ai tenté de garder mon sang-froid, et Kathleen aussi. Cependant, ce soir-là, alors que nous essayions de dormir, nous avons discuté dans l’obscurité de notre chambre d’hôtel. J’ai dit : « Nous avons déjà battu tout le monde. » Kathleen a répondu calmement : « Oui, je sais. » J’ai dit : « Les gens disent que nous allons gagner, que nous serons les prochaines championnes du monde. » Kathleen a répondu doucement : « Oui, j’ai entendu la même chose. » Puis, j’ai dit ce que les gens évitent d’admettre : « J’ai peur. » « Moi aussi », a répondu Kathleen.

Ce moment a été une véritable révélation pour moi. J’avais beaucoup de respect pour Kathleen Heddle, et, si elle avait peur, il n’y avait donc rien de mal à avoir peur.

J’ai appris que la peur n’était pas un problème. C’est une émotion qui fait partie du parcours, à l’instar de bon nombre de mes autres émotions, comme la fébrilité et la curiosité.

À ce jour, le conseil le plus important que je donne à quiconque entreprend une tâche difficile est que la peur et le doute sont des éléments normaux du parcours. Il n’est pas nécessaire de les faire disparaître, il suffit de les maîtriser.

Grâce à mon expérience dans le sport, j’ai compris ce qui est possible quand on reçoit du soutien et qu’on nous offre des occasions pour réaliser nos rêves. En tant que parlementaire, je peux affirmer que le sport et l’activité physique sont non seulement des loisirs, mais aussi des politiques publiques, sanitaires et sociales. De plus en plus, c’est une question d’équité, de sécurité et de confiance.

Les bienfaits du sport et de l’activité physique sont bien établis. La participation à une activité améliore la santé physique et mentale, réduit l’isolement social, maintient les jeunes à l’école et favorise le bien-être tout au long de leur vie. Elle renforce la confiance, le leadership et la résilience des jeunes. Elle renforce les collectivités, en particulier dans les régions rurales, nordiques et autochtones, où le sport et l’activité physique servent souvent d’infrastructures sociales et fournissent un espace civique commun. À la base, le sport nous rassemble d’une façon positive.

Il y a beaucoup de choses dans nos collectivités qui nous font vivre en vase clos : la culture, la foi, la politique, le statut économique et la géographie. Le sport et l’activité physique ont la capacité de nous lier et de nous rassembler, envoutés collectivement par le simple déroulement d’un match — qu’il soit professionnel ou pee-wee — ce que nous avons ressenti en le regardant, voire en le ressentant, ensemble.

Cette fierté collective m’a été inculquée lorsque je suis revenue au Canada après les Jeux olympiques de Barcelone avec mes deux premières médailles d’or. J’ai été époustouflée par la réaction des Canadiens. C’était fou de penser qu’on m’observait ramer et qu’on savait qui j’étais. Je ne m’attendais pas aux paroles qu’ils ont prononcées.

J’aurais pu m’attendre à ce que les gens nous félicitent, mais ce que nous avons entendu à maintes reprises, c’est « merci », comme dans « Nous sautions sur nos divans pour applaudir et nous avons eu tellement de plaisir ensemble. Merci. »

« Merci de nous faire sentir fiers d’être Canadiens. »

Je n’oublierai jamais un couple que j’ai rencontré, dont les deux membres venaient d’obtenir la citoyenneté canadienne. Ils m’ont dit que c’était la première occasion qu’ils avaient d’encourager le Canada, leur nouvelle patrie. Ils m’ont dit merci. Ils m’ont donné toute une perspective. Des décennies plus tard, je veux encore les remercier.

Ces expériences font écho à ce que notre ancienne collègue, la sénatrice Omidvar, a si bien décrit dans cette salle au sujet du rôle essentiel que le sport a joué dans le parcours d’intégration de sa famille au Canada. C’est sur le terrain de soccer, en regardant ses filles jouer, qu’elle a rencontré d’autres parents et familles et qu’elle a tissé des liens avec eux. Grâce à cette équipe, les Omidvar ont trouvé un sentiment d’appartenance, un objectif commun, un soutien mutuel et le sentiment d’être véritablement intégrés. C’est là le sport et l’activité physique à leur meilleur.

Mais les données disponibles montrent que cette expérience n’est pas universelle. Le rapport Le signal de ralliement publié par l’organisme Femmes et sport au Canada met en évidence un écart persistant entre les garçons et les filles en matière de participation, en particulier à l’adolescence. Certes, de nombreuses filles commencent à pratiquer un sport à un rythme similaire à celui des garçons, mais leur participation diminue fortement à l’adolescence. Les femmes restent sous-représentées dans les domaines de l’entraînement, de l’arbitrage, de la gouvernance et de la haute direction dans le sport canadien.

Les coûts, les contraintes de temps, le manque d’environnements sûrs et accueillants, l’accès limité à des entraîneuses et les cultures sportives qui privilégient la performance au détriment du plaisir contribuent tous à ce déclin. Il ne s’agit pas d’un échec des femmes et des filles. C’est un échec des systèmes que nous avons mis en place autour d’elles.

La méthode d’inclusion moderne repose sur la souplesse. Nous devons cesser de nous attendre à ce que les gens contribuent et se comportent exactement comme nous. Le sport nous apprend que les équipes fortes ne sont pas le résultat d’un compromis. Il s’agit de créer de l’espace, d’ajuster nos approches et de progresser ensemble vers un objectif commun.

C’est ma partenaire d’aviron Kathleen Heddle qui m’a appris cela. Kathleen était introvertie, ce qui n’est pas mon cas. Elle était calme et posée. Je me suis dit que je devais lui montrer comment être compétitive et agressive comme moi. Oh là là, c’était une erreur. Je pourrais en raconter beaucoup plus, mais je dirai simplement que, lorsque j’ai commencé à vraiment prêter attention, j’ai constaté que Kath était la compétitrice la plus redoutable et la rameuse canadienne la plus agressive de tous les temps. Kathleen n’avait pas besoin de me faire la démonstration ou de communiquer avec moi comme je communiquais avec elle. Ce n’était tout simplement pas sa façon d’être.

J’ai appris que les relations ne reposent pas sur un partage moitié-moitié; nous donnons 100 % de ce que nous avons et nous recevons la même chose de la part de ceux qui nous entourent. Nous nous concentrons sur les forces des gens et nous protégeons leurs faiblesses.

Quand nous avons cessé d’essayer de nous changer l’une et l’autre et que nous nous sommes plutôt appuyées sur ce que chacune d’entre nous apportait naturellement, nous sommes devenues plus fortes et plus rapides et nous avons gagné en cohésion comme équipe. Notre succès n’est pas venu de notre similitude, mais de notre complémentarité, et de notre conviction que nos personnalités, nos approches et nos instincts différents pouvaient se combiner pour former quelque chose de plus grand que chacune de nous seule. C’est ce que l’on apprend dans le sport et que l’on applique à tout le reste.

Le rapport Le signal de ralliement le confirme : inclure les gens dans les sports et les activités physiques, et donc les maintenir actifs, signifie les inclure selon la manière dont ils veulent s’exprimer, qu’ils soient introvertis ou extrovertis. La façon dont une personne exprime sa foi et la façon dont elle se coiffe, se maquille ou se fait les ongles ne font pas d’elle un compétiteur moins féroce. La tenue vestimentaire d’une personne est bien moins importante que le fait qu’elle participe.

Parallèlement, d’autres rapports, tels que le rapport préliminaire de la Commission sur l’avenir du sport au Canada et le rapport intitulé La situation des sports destinés aux jeunes au Canada de l’organisme Bon départ, mettent en évidence les obstacles structurels qui limitent l’accès au sport. Ils confirment que, si le sport chez les jeunes comporte une valeur physique, sociale et émotive énorme, les contraintes financières et le manque de temps pèsent de plus en plus sur les familles, et cela détermine trop souvent qui peut s’adonner à un sport.

Le sport et l’activité physique sont plus qu’un jeu. Nous devons nous souvenir de leur valeur, les protéger, et faire des choix qui les maintiendront à la portée de tous.

Pourtant, même si les données indiquent que les sports et les activités sont sous-financés, que l’accès demeure difficile et que la participation est en baisse dans certains cas, le milieu du sport et de l’activité physique nous demande de croire qu’une victoire est possible.

Ce qui ressort du rapport préliminaire de la Commission sur l’avenir du sport au Canada, c’est une orientation claire pour une réforme qui place la participation au cœur du système sportif, qui reconnaît le sport communautaire comme le fondement de l’excellence et qui considère le bien-être des athlètes comme fondamental plutôt que facultatif. C’est une orientation qui demande aux gouvernements, aux organisations sportives et aux communautés d’aller de l’avant ensemble.

Au fédéral, cela signifie qu’il faut utiliser les outils que nous avons déjà de manière à tenir compte de ces priorités. Plus d’un ministre pourrait reconnaître l’effet positif qu’une augmentation de l’activité physique aurait sur son portefeuille. Le financement de Sport Canada peut être structuré de manière à valoriser la participation, le maintien en poste et l’équité, en plus de la haute performance.

Les ententes fédérales, provinciales et territoriales peuvent soutenir les infrastructures sportives communautaires, la formation des entraîneurs et les programmes inclusifs, ce qui contribue à atténuer les pressions financières et à renforcer les capacités locales, en particulier dans les collectivités rurales, nordiques et mal desservies.

Mon cheminement sportif m’a amenée à monter sur le podium aux Jeux olympiques — des moments vraiment formidables —, mais j’ai également joué dans des écoles, entraîné de jeunes enfants et encouragé ma fille. Le legs le plus important que nous laisse le sport ne se trouve pas dans les médailles, mais dans la participation, le sentiment d’appartenance et les communautés que le sport contribue à construire chaque jour.

Si nous prenons au sérieux les leçons du rapport Le signal de ralliement, de la Commission sur l’avenir du sport au Canada et du Rapport sur la situation des sports destinés aux jeunes au Canada, nous pourrons bâtir un système sportif plus sain, plus inclusif et davantage digne de confiance.

Souvenez-vous des paroles du roi Charles III :

Nous devons à la présente génération ainsi qu’à celle qui suivra de réfléchir et d’agir en faveur du bien commun.

Nous pouvons construire ce que j’ai décrit, mais nous devons agir ensemble. Il ne s’agit pas seulement d’une bonne politique sportive : c’est aussi un projet d’édification de la nation.

Je conclurai avec des remerciements.

Merci aux athlètes, aux entraîneurs et aux familles d’Équipe Canada qui participent aux Jeux olympiques et paralympiques. Vous ne faites pas que poursuivre vos rêves aux jeux : vous donnez aux gens de toute une nation l’occasion de vibrer d’un espoir et d’une fierté partagés.

Je remercie les athlètes des prochains Jeux d’hiver de l’Arctique, qui se dérouleront à Whitehorse en mars prochain. J’assisterai à ces jeux et j’ai très hâte de voir les athlètes des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon, du Groenland, de l’Alaska et d’autres nations de l’Arctique montrer l’excellence du monde circumpolaire dans les sports, la culture et la coopération. À une époque où les tensions s’intensifient à l’échelle de la planète, ces jeux nous rappellent que le sport peut être un médiateur silencieux et puissant de la paix.

Chers collègues, merci d’avoir écouté mon discours. Au cours des prochaines semaines, j’écouterai avec plaisir vos histoires sur l’importance et la valeur du sport et de l’activité physique pour façonner notre expérience canadienne et renforcer les liens qui nous unissent. Allez, le Canada!

Honorables sénateurs, je prends la parole à propos du rôle essentiel que l’activité physique et le sport jouent pour améliorer notre bien-être, renforcer les collectivités et façonner le tissu de l’expérience canadienne.

Je tiens à remercier les sénatrices Deacon, McBean et Petitclerc d’avoir lancé cette interpellation. Selon moi, personne n’est mieux placé pour lancer cette discussion nationale que ces trois sénatrices exemplaires, compte tenu de leurs réalisations sportives et de leur engagement permanent à l’égard d’un mode de vie sain.

Chers collègues, bien que je demeure humble et profondément privilégié de siéger au Sénat du Canada, personne ne sera surpris de m’entendre dire que, lorsque je n’étais qu’un jeune adolescent, j’avais parfois l’impression d’être destiné à une autre Chambre rouge. À l’époque, je m’imaginais au Forum de Montréal en train de patiner aux côtés de Guy Carbonneau, Larry Robinson, Bob Gainey et Chris Nilan. La vie me réservait toutefois d’autres projets.

Il va sans dire que le legs des Canadiens de Montréal a façonné mon enfance. J’ai eu la chance de grandir à Montréal pendant la dynastie des Canadiens dans les années 1970. Imaginez : lorsque j’ai terminé mes études à l’Université Concordia au début de la vingtaine, la Coupe Stanley avait déjà défilé 10 fois dans les rues de Montréal. Elle y a aussi défilé 12 fois au cours de ma vie et 24 fois dans l’histoire de la franchise.

Pour beaucoup d’entre nous, le sport a toujours été plus qu’un simple divertissement. C’était un rituel commun, un sentiment d’appartenance et une langue parlée dans tous les quartiers et toutes les générations.

L’impact de nos Glorieux sur notre conscience collective est difficilement mesurable. Ce n’est pas pour rien qu’on parle des Canadiens comme d’une véritable religion au Québec; ils ont nourri un sentiment d’appartenance, de fierté et de discipline, des valeurs qui dépassent largement la patinoire. Que ce soit à la radio, à la télévision ou dans les gradins, nous regardions nos idoles avec admiration. Nous voulions les imiter. Cette volonté de participer, de bouger, de faire partie de l’action a poussé toute une génération vers le sport organisé et les patinoires de quartier.

Les athlètes professionnels ne se rendent pas toujours compte de l’ampleur de leur influence. Des légendes comme Guy Lafleur, Yvan Cournoyer, Ken Dryden et Serge Savard ont inspiré d’innombrables jeunes, y compris des enfants de mon quartier, à prendre leurs patins et leur bâton pour aller jouer au hockey dehors pendant des heures. C’était plus que de la compétition; c’était des moments d’amitié et de travail d’équipe qui nous ont inculqué de saines habitudes que nous avons gardées toute notre vie. Voilà l’un des plus grands cadeaux du sport.

L’activité physique améliore la santé cardiovasculaire, développe la force et la coordination et favorise la mobilité tout au long de la vie. Fait tout aussi important, elle renforce la santé mentale, réduit le stress, améliore l’humeur et favorise la résilience. Je peux moi-même témoigner des bienfaits pour la santé mentale que quelques heures de conditionnement physique peuvent apporter.

Des programmes comme Play On!, une initiative nationale dont je suis un ardent défenseur, montrent comment le sport peut contribuer énormément à la cohésion sociale. Il favorise l’engagement des jeunes, renforce le bien-être mental et physique et stimule les économies locales.

Plus important encore, il permet à des gens de toutes origines et de diverses communautés de se réunir dans un but commun. Je vous invite à découvrir Play On! et à soutenir, dans votre collectivité, l’organisation du plus grand festival de hockey de rue au monde.

Bien sûr, on ne saurait parler du sport au Canada sans mentionner notre amour pour les Jeux olympiques et paralympiques. Ces jeux symbolisent l’excellence, l’amitié et le respect, des valeurs qui transcendent les frontières. À une époque où le monde semble souvent clivé, ils nous rappellent que nous pouvons nous rassembler pour célébrer le dépassement humain. Les jeux nous inspirent avec leur devise : « Plus vite, plus haut, plus fort — ensemble ».

Chaque cycle olympique et paralympique ravive les rêves des jeunes Canadiens. Je trouve profondément émouvant d’écouter les athlètes parler de leur responsabilité en tant que modèles. Au fil des décennies, ils ont inspiré d’innombrables jeunes Canadiens à chausser une paire de skis ou de patins, ou encore à saisir un bâton de hockey ou un balai de curling. Je n’ai jamais pris un balai de curling, mais il n’est jamais trop tard.

Comme on le sait, cette année marque le 50e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal, un moment qui a permis à ma ville et à notre pays de faire leur marque. Ces jeux ont mis en évidence l’ambition du Canada tout en semant les graines qui allaient donner naissance à des générations d’exploits sportifs.

J’ai eu 14 ans l’année où Montréal a accueilli le monde entier. J’ai l’impression que c’était hier, mais le temps passe sacrément vite quand on s’amuse. Je me souviens très bien de la médaille d’argent remportée par le Canadien Greg Joy au saut en hauteur.

Que dire de la performance historique de Nadia Comaneci, qui a obtenu une note parfaite de 10? Sa grâce, son talent artistique et ses prouesses athlétiques ont inspiré des millions de personnes. Même moi, j’ai été inspiré, même si j’ai rapidement compris que la gymnastique n’était pas ma vocation. J’étais incapable de faire le grand écart et les saltos, sans parler d’arriver à atterrir sur mes pieds.

Des années plus tard, je suis plutôt devenu politicien, un domaine où réussir sa réception au sol est facultatif, où l’exercice d’équilibre est constant, où la flexibilité est principalement verbale et où la véritable poutre d’équilibre, c’est l’opinion publique. On espère toujours obtenir un bon score à la fin; j’espère que vous m’en accorderez un après ce discours.

Blague à part, les jeux de Montréal ont laissé un héritage profond. Ils ont montré comment le sport peut inspirer la fierté, élever les aspirations et rassembler les communautés dans la célébration. Même si je n’ai jamais porté le maillot des Canadiens ni participé à une compétition olympique, ma passion pour le sport s’est transformée en engagement. Comme beaucoup de parents dans cette Chambre, mon parcours a commencé par le soutien aux équipes de mes enfants. Ce qui était au départ un moment en famille s’est transformé en engagement durable envers le sport communautaire.

Quiconque a déjà assisté à la pratique d’un sport par des jeunes sait que cela constitue en soi un entraînement complet : faire les cent pas, crier des encouragements, transporter l’équipement et faire parfois semblant de comprendre les décisions de l’arbitre. Il s’avère que le sport communautaire permet également aux parents de développer leur endurance cardiovasculaire. L’une des expériences dont je suis le plus fier dans ma vie, c’est d’avoir été président du club de soccer élite Montréal-Concordia, l’équipe AAA de Montréal. Nous avons formé des joueurs qui se sont joints à des équipes nationales et professionnelles. Certains vivent aujourd’hui de ce sport. Nos équipes ont remporté des titres nationaux, mais nos véritables victoires ont toujours été collectives. Les championnats étaient remportés non seulement par les athlètes, mais aussi par les parents, les entraîneurs, les bénévoles et toute la communauté qui les soutenait. Je reste profondément reconnaissant à toutes les personnes qui ont contribué à faire de ce club ce qu’il était. Merci.

L’amour de Montréal pour le soccer est bien connu. J’ai eu l’honneur de contribuer à la création du premier programme de soccer féminin AAA de la ville. En tant que fier papa d’une fille, je croyais — et je n’ai pas changé d’avis — que le sport est un puissant vecteur de potentiel, de confiance et d’égalité. Lorsque les filles ont un accès égal au jeu, ce sont des communautés entières qui en bénéficient. Mais mes moments les plus mémorables n’ont jamais eu à voir avec des trophées : ce sont les moments que je vis aujourd’hui lorsque je vois les citoyennes et les grandes Canadiennes que ces jeunes joueuses sont devenues. Beaucoup d’entre elles communiquent encore avec moi de temps en temps, et nous revivons ces moments inoubliables. Parfois, je suis très ému en y repensant.

Nous les traitions comme des professionnels, nous parcourions le pays pour participer aux nombreux championnats provinciaux et nous veillions à ce que les athlètes se sentent toujours valorisés par le sport.

Nous nous sommes également donné comme mission de trouver les jeunes qui profiteraient le plus de l’occasion offerte. Nous nous rendions dans les parcs de quartier et, lorsque nous repérions des joueurs talentueux qui n’avaient pas les moyens de payer les frais, nous les admettions au programme. Nous avons aidé bien des jeunes à ne pas se retrouver dans la rue, en leur donnant une structure, un but et un sentiment d’appartenance. Faire partie du club de soccer d’élite Concordia de Montréal leur donnait une grande fierté. Grâce au sport, nous leur avons appris la discipline, le travail d’équipe et la persévérance nécessaires pour réussir dans la vie.

Certains joueurs venaient même d’autres villes uniquement pour participer à notre programme, ce qui en dit long sur l’environnement que nous bâtissions.

Ces dernières années à Concordia ont contribué à façonner ce que plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui : des personnes confiantes, disciplinées, résilientes et soucieuses de leur communauté. C’est finalement cela qui a toujours compté : pas les médailles ni les bannières, mais plutôt les gens. C’est le véritable héritage du sport, et je reste profondément reconnaissant d’avoir pu participer à cette aventure.

C’est le véritable héritage du sport, et je reste profondément reconnaissant d’avoir pu participer à cette aventure.

Mon rôle a ensuite évolué et j’ai aidé le Canada dans l’organisation de la Coupe du monde de la FIFA en Amérique du Nord, qui aura lieu cette année. Cela nous rappelle que le sport peut rassembler des villes, des pays et des cultures du monde entier sur la scène internationale.

Nous ne pouvons pas parler du sport sans tenir compte de l’écosystème qui le soutient. Les parents font des sacrifices et encouragent leurs enfants, et les entraîneurs les mentorent et leur enseignent la discipline. Les partisans — camarades de classe, voisins, membres de la famille élargie — créent un sentiment d’appartenance. Cet écosystème transforme les entraînements en leçons de vie, les matchs en souvenirs communs et les défis en possibilités de croissance. Le sport devient une salle de classe communautaire où le travail d’équipe, la résilience et le respect s’apprennent par l’expérience.

Les olympiens et les paralympiens ont des histoires semblables. Leurs accomplissements ont été rendus possibles grâce à des réseaux de soutien à l’image des communautés qui les encouragent. Qu’ils défendent les couleurs du Canada à l’international, qu’ils représentent une équipe locale ou qu’ils jouent pour leur école secondaire, les athlètes de tous les niveaux incarnent les espoirs et la fierté de leur entourage.

Alors, aux jeunes de notre pays, je dis ceci : pratiquez un sport, bougez votre corps, profitez du plein air et délaissez vos téléphones.

Honorables sénateurs, le sport va bien au-delà de la compétition et des loisirs. Il s’agit d’un bien commun qui renforce notre corps, qui favorise notre bien-être psychologique et qui unit nos collectivités. Il enseigne la discipline, la résilience et le respect. Il donne aux jeunes un but — un but, c’est tout ce dont on a besoin dans la vie; tout le monde a besoin d’un but —, il crée des liens entre les familles et il donne aux habitants d’un quartier un sentiment de fierté partagé. Sur les terrains tout comme dans les arénas, les parcs et les centres communautaires du pays, les Canadiens ne se contentent pas de jouer : ils tissent des liens, ils gagnent en confiance et ils bâtissent un avenir plus sain.

Si la perspective de collectivités fortes et d’une nation saine nous tient vraiment à cœur, alors la promotion de l’accès au sport et à l’activité physique doit demeurer une priorité collective. Les retombées vont bien au-delà du tableau de pointage. Elles façonnent les citoyens, elles renforcent la cohésion sociale et elles reflètent le meilleur de ce que nous sommes en tant que Canadiens.

Continuons à valoriser le sport, non seulement pour les médailles ou les victoires, mais aussi pour sa capacité à nous rassembler, à nous élever et à nous rappeler que lorsque les Canadiens bougent ensemble, nous avançons ensemble.

Merci, meegwetch. Allez, Équipe Canada!

Son Honneur la Présidente [ + ]

Sénateur Smith, nous nous réunissons en comité plénier à 18 h 30.

L’honorable Larry W. Smith [ + ]

Je ne parlerai pas très longtemps, Votre Honneur, peut-être cinq minutes.

Son Honneur la Présidente [ + ]

Pardon, pouvez-vous répéter?

Le sénateur Smith [ + ]

Cela prendra environ cinq minutes, Votre Honneur. Cela vous irait?

Son Honneur la Présidente [ + ]

C’est très bien; je vous cède la parole.

Le sénateur Smith [ + ]

J’ai subi trop de coups dans ma vie et cela devient difficile pour moi de me souvenir de certaines choses.

Honorables sénateurs, je prends la parole au sujet de l’interpellation présentée par les sénatrices Deacon, Petitclerc et McBean, qui attire l’attention du Sénat sur l’importance de l’activité physique et du sport ainsi que sur leur incidence sur notre bien-être et, plus largement, sur la façon dont ils améliorent notre société.

J’aimerais vous faire part de mon point de vue sur l’influence du sport dans ma vie. De plus, j’aimerais partager mon expérience personnelle sur la façon dont le sport et l’activité physique rassemblent les communautés et renforcent les individus à tous les niveaux.

En 1975, alors que j’en étais à ma quatrième année dans la Ligue canadienne de football et à ma deuxième année à la faculté de droit de l’Université McGill, je me suis retrouvé au stade McMahon de Calgary, par un froid glacial de -32 degrés Fahrenheit, pour disputer la 63e Coupe Grey contre les puissants Eskimos d’Edmonton.

Le match s’est joué sur un placement de 19 verges dans les dernières secondes du quatrième quart. Notre botteur, Don Sweet, surnommé « M. Automatique », s’est aligné pour ce qui aurait dû être un botté de routine. Devinez quoi? Il a raté le placement. Nous avons été battus 9 à 8. Ça a été dur.

Je n’ai pas eu le temps de réfléchir à cette défaite crève-cœur. Quelques heures plus tard, j’étais dans l’avion pour Montréal pour aller réviser en vue de mes examens de droit. Pensez-vous que j’avais révisé pendant la semaine de la Coupe Grey?

Ce moment m’a fait comprendre qu’il faut accepter la défaite. Il faut en tirer des leçons et continuer avec détermination.

Deux ans plus tard, nous avons battu Edmonton 41 à 6 au Stade olympique devant 58 000 personnes. Cela montre bien comment les choses peuvent se passer dans la vie.

C’était une leçon que seul le sport pouvait m’enseigner. Pour moi, cependant, cette leçon n’a pas commencé lors d’une soirée glaciale à Calgary. Elle a commencé bien avant.

Tout a commencé dans les rues glacées de Baie-D’Urfé, une petite ville située à l’extérieur de Montréal. J’avais 9 ans et je jouais au hockey avec mon grand frère, Ron, et ses amis. Ils étaient de trois ans mes aînés, ils étaient plus grands, plus rapides, et j’avais toujours du mal à les suivre. C’est cette compétition contre des joueurs plus forts que moi qui m’a appris la discipline, la concentration et la force mentale. Mon frère était un modèle pour moi, et son exemple m’a poussé à me surpasser.

Admirer des sportifs, qu’il s’agisse de mon frère aîné Ron ou de joueurs de football que je regardais jouer au stade Molson, à Montréal, a alimenté ma passion pour le sport et m’a poussé à travailler fort et à faire preuve de discipline tout au long de ma carrière ainsi qu’à laisser un héritage dont les jeunes pourraient s’inspirer.

Ces leçons sont restées gravées dans ma mémoire longtemps après que j’ai eu arrêté de jouer. En tant que président des Alouettes de Montréal, je me suis donné pour mission de me rendre dans les petites villes du Québec avec nos vedettes. Le fait de voir de jeunes enfants rencontrer les joueurs qu’ils admiraient à la télévision ou au stade m’a rappelé à quel point le sport était pour moi une source d’inspiration. Ces moments m’ont prouvé que l’impact réel du sport professionnel va bien au-delà du stade ou de l’aréna.

Plus tard, en tant que commissaire de la Ligue canadienne de football, j’ai porté le même engagement dans tout le pays en visitant des villes, des localités et des communautés autochtones et en utilisant le football comme moyen d’établir des liens avec les gens et d’encourager les jeunes Canadiens à rêver grand.

Quand j’étais au Conseil des jeux du Canada, j’ai constaté la même chose. Les Jeux du Canada rassemblent des milliers de jeunes sportifs de toutes les provinces et de tous les territoires. Ils leur offrent de nombreuses possibilités qui vont bien au-delà du sport : ils donnent de l’assurance, enseignent le leadership et aident à grandir en tant que personne. Les Jeux du Canada ont aussi un impact durable sur les collectivités qui les accueillent.

Pour moi, malgré tout cela, une chose est restée constante : le sport n’est jamais l’affaire d’une seule personne. Il faut des familles qui font des sacrifices, des entraîneurs qui encadrent les jeunes, des bénévoles qui donnent de leur temps et des communautés qui croient en eux.

Lorsque je pense à l’avenir et que je vois les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2026 se dérouler en Italie, je sais que les jeunes de tout le Canada regarderont leurs athlètes préférés avec enthousiasme et fierté. Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, les athlètes qui portent la feuille d’érable du Canada ont l’occasion d’inspirer la prochaine génération. Je le sais personnellement, car quand j’étais enfant, j’ai été inspiré par les grands athlètes qui m’ont précédé et j’aspirais à leur ressembler grâce aux sports.

Honorables sénateurs, les sports et l’activité physique enseignent la discipline, l’effort, le respect, le travail d’équipe et l’inclusion. Les sports unissent les collectivités par une passion commune. En encourageant les sports et l’activité physique, nous favorisons non seulement des sociétés plus saines, mais aussi des sociétés plus fortes mentalement et plus résilientes.

Je remercie les sénatrices Petitclerc, McBean et Deacon pour leur dévouement envers les sports et pour avoir attiré l’attention sur ce sujet important.

Merci.

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