DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La patrouille de sauvetage des macareux d'Alderwood
27 mai 2019
Honorables sénateurs, aujourd’hui j’ai le plaisir de présenter le chapitre 57 de « Notre histoire ».
Des milliers d’oiseaux de mer qui planent au-dessus de nos têtes et bercent nos oreilles de leur symphonie, des baleines à bosse et des rorquals bleus qui fendent les flots, des icebergs majestueux aux formes fantastiques, les vagues qui viennent se briser sur le rivage, la brise océanique qui vous rafraîchit le visage : voilà quelques-unes des expériences magiques que vous pouvez vivre à quelques minutes de route à peine de la capitale, St. John’s, c’est-à-dire sur les quatre petites îles qui forment la Réserve écologique de Witless Bay.
Terre-Neuve-et-Labrador abrite une des plus importantes concentrations d’oiseaux de mer de la planète. La Réserve de Witless Bay, quant à elle, abrite la plus grosse colonie de macareux moines d’Amérique du Nord. Il s’agit à n’en pas douter d’une des grandes merveilles de la nature. Même si ces quatre îles sont trop fragiles pour tolérer la présence humaine, plusieurs entreprises offrent des excursions en bateau que vous n’êtes pas près d’oublier : sensations fortes garanties!
À Witless Bay, sur le rivage du havre surplombant la réserve se trouve le complexe pour aînés Alderwood Estates, et c’est ici que mon histoire commence à être intéressante. Dans ce complexe s’est formé un groupe composé d’une dizaine de personnes âgées de 71 à 99 ans, la patrouille de sauvetage des macareux d’Alderwood. Chers collègues, ces aînés sont une véritable source d’inspiration. Au lieu de rester assis à regarder la vie passer en même temps que les baleines et les macareux, ces gens exceptionnels enfilent leur gilet réflecteur, se saisissent de leur filet à papillons et de leur lampe-torche et foncent dans la nuit noire pour sauver des poussins macareux.
Le programme de la patrouille de sauvetage des macareux a vu le jour en 2004. Deux Allemands, Juergan et Elfie Schau étaient venus passer l’été dans leur résidence secondaire de Witless Bay. Ils ont alors aperçu des bébés macareux qui semblaient égarés. Comme les poussins sont attirés par la lumière, ils vont souvent s’écraser contre les immeubles ou heurtent un véhicule en mouvement. C’est là qu’entre en scène la patrouille de sauvetage des macareux d’Alderwood.
Ces personnes âgées qui fouillent les routes et les cours du quartier en s’appuyant sur une canne ou une marchette, c’est quelque chose à voir. Leur désir de continuer à contribuer nous offre une leçon précieuse et les histoires qu’elles ont à raconter sont incroyables.
M. Dave Melvin, 88 ans, originaire de la petite localité de La Manche, dit qu’à une époque, les macareux étaient une source de protéines pour les 21 membres de sa famille. Il fut un temps où il chassait les oiseaux et les macareux seulement pour pouvoir mettre de la nourriture sur la table. Il dit : « Si on m’avait dit il y a 70 ans que je me promènerais dans Witless Bay un filet à papillons rose à la main pour sauver des bébés macareux, je ne l’aurais pas cru. »
Autre membre de la patrouille : Mike Keiley, 84 ans, ancien pêcheur de Petty Harbour. Il dit s’être joint à la patrouille au départ pour le côté social de l’activité. « Avant cela, dit Mike, je n’avais pas un grand intérêt pour ces oiseaux, mais maintenant j’aime bien essayer de trouver des bébés macareux dans les fossés pour tenter de les sauver avec mon filet. »
À l’âge vénérable de 99 ans, Mme Nora Normore, originaire de St. Vincent’s, est reconnue comme étant la patrouilleuse la plus âgée au service des macareux. Elle compte aussi le plus grand nombre d’années de service au sein de cette patrouille. Elle a sauvé pour la première fois un macareux il y a plus de 25 ans, alors que, en compagnie de sa fille, sœur Ann Normore, elle rentrait chez elle en voiture après la messe du samedi soir. Elle raconte s’être arrêtée après avoir aperçu un bébé macareux sur le bord de la route, à Witless Bay. Elles ont emmitouflé l’oiseau dans un manteau, puis l’ont emmené chez elles, à Tors Cove. Agentes de conservation avant l’heure, elles ont même pris le temps d’acheter des vers sur le chemin du retour pour nourrir le macareux. Le lendemain matin, elles ont relâché l’oiseau, qui s’est aussitôt dirigé vers la mer. Depuis ce jour, Mme Normore ne peut plus s’empêcher de sauver des oisillons.
Je ne peux pas oublier ma bonne amie Mme Bride Martin, également originaire de St. Vincent’s, qui, à l’âge tendre de 90 ans, est très fière d’être membre de la patrouille de sauvetage des macareux.
Quant à Mme Jose Whalen, âgée de 88 ans, elle a été encouragée à se joindre à la patrouille par sa fille Carmel, sa petite-fille Wendy et son arrière-petite-fille Kate. Comme quatre générations de la famille Whalen font maintenant partie de la patrouille, c’est devenu une affaire de famille.
Je suis désolé, sénateur Manning, mais nous devons...
Sénateur, votre temps de parole est écoulé.
... Norman Vincent Peale a déjà écrit : « Vivez votre vie et oubliez votre âge. » Il ne fait aucun doute que c’est exactement ce que font les aînés qui font partie de la patrouille de sauvetage des macareux d’Alderwood, à Witless Bay. Nous les félicitons et les remercions de prendre soin des macareux et de nous en apprendre un peu plus au sujet des choses importantes de la vie.