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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'hommage à Demasduit

1 octobre 2024


Honorables sénateurs, je suis heureux de vous présenter aujourd’hui le chapitre 82 de « Notre histoire ».

Chers collègues, hier, une cérémonie très spéciale a eu lieu dans la municipalité historique de Botwood, à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette cérémonie avait pour but de franchir un pas de plus sur la voie de la réconciliation. On a procédé au dévoilement de deux statues de bronze dans un jardin de la guérison au sommet de Blueberry Hill, qui surplombe la magnifique baie des Exploits. Ces statues nous rappellent que cela fait maintenant 200 ans que la dernière représentante connue des Béothuks de Terre-Neuve-et-Labrador est décédée. Ces statues représentent Demasduit, son mari et leur bébé.

À l’automne 1818, un petit groupe de Béothuks a capturé un bateau et du matériel de pêche près de l’embouchure de la rivière des Exploits. Le 1er mars 1819, John Peyton Jr et huit hommes armés ont remonté la rivière jusqu’à Beothuk Lake à la recherche des Béothuks et du matériel. Les choses ont terriblement mal tourné lorsqu’ils ont trouvé un petit groupe de Béothuks.

Une dizaine de Béothuks ont fui leur campement. Demasduit était parmi eux. Mère allaitante, elle a supplié d’être épargnée au moment de sa capture. Nonosabasut, son mari et le chef du groupe, a été tué en tentant de négocier la libération de Demasduit. Leur bébé est décédé deux jours après la capture de Demasduit.

Demasduit a été emmenée à Twillingate où, pendant un certain temps, elle a vécu avec le révérend John Leigh, un prêtre anglican. Le révérend l’a rebaptisée Mary March, en l’honneur de la Vierge Marie et du mois où elle a été enlevée. Finalement, elle a été transférée à St. John’s par le révérend Leigh et son ravisseur, John Peyton Jr. C’est là que Lady Hamilton a peint son portrait.

Au cours de l’été 1819, après que les habitants de St. John’s et de la baie Notre Dame ont réuni la somme d’argent requise, plusieurs tentatives ont été entreprises pour ramener Demasduit auprès de son peuple, sans succès. Le capitaine David Buchan devait se rendre par voie terrestre au lac Beothuk en novembre. Malheureusement, Demasduit a attrapé la tuberculose et est décédée le 8 janvier 1820 à Ship Cove, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Botwood, à bord du Grasshopper, le navire de Buchan. Son corps a été placé dans un cercueil et déposé sur la rive du lac, où il a été trouvé par ses compatriotes béothuks, qui l’ont ramené dans leur village. Sa dépouille a d’abord été placée dans une hutte funéraire, aux côtés de son mari et de son bébé. Plus tard, William Cormack a transféré sa dépouille et celle de son mari en Écosse, où elles ont été conservées au musée national de l’Écosse.

En 2015, le chef Mi’sel Joe a piloté une campagne afin que les dépouilles de Demasduit et de son mari soient rapatriées à Terre-Neuve. Au début, certains s’y sont opposés, mais quiconque connaît le chef Joe sait très bien qu’il est dévoué à chacune des causes qu’il défend. En 2020, après avoir passé 191 années en Écosse, les dépouilles ont été rapatriées au Canada et elles sont désormais entreposées au centre culturel The Rooms, à St. John’s.

En 2022, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé les plans d’un nouveau centre culturel au lac Beothuk, qui allait servir de lieu de repos final aux dépouilles. Hier, lors du dévoilement de la statue, Morgan Macdonald, un sculpteur bien connu, a dit ceci au sujet de son dernier projet : « Nous avons l’énorme responsabilité de rendre justice à cette partie du patrimoine de la province. »

Il a ajouté qu’il avait pris soin de faire des recherches sur la famille et de la représenter le plus fidèlement possible.

James Sceviour, le maire de Botwood, a déclaré que le lieu choisi pour la statue est tout indiqué, car le site surplombe l’endroit où Demasduit serait morte. Il a ajouté que les ancêtres de Demasduit auraient emprunté la rivière qui coule depuis la baie des Exploits comme voie de migration saisonnière pour se déplacer entre leurs campements hivernaux et leurs lieux de pêche estivaux.

Selon le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, le dévoilement de la sculpture marque un pas sur la voie de la réconciliation. D’après lui, les statues et les esprits qu’elles représentent seront désormais un monument en l’honneur du passé, un lieu de rassemblement et de réflexion ainsi qu’un symbole d’espoir sur la voie de la réconciliation.

Je félicite toutes les personnes qui ont participé à ce projet mémorable. Voilà une raison de plus pour venir dans notre superbe province, Terre-Neuve-et-Labrador.

Merci.

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