PÉRIODE DES QUESTIONS — Les pêches et les océans
La pêche sur la côte Est
26 juin 2025
Ma question s’adresse au leader du gouvernement au Sénat.
Monsieur le leader, on raconte que, lorsque John Cabot a découvert Terre-Neuve, en 1497, les paniers descendus à l’eau par l’équipage du Matthew se sont immédiatement remplis de poissons. Quand le Canada a annexé Terre-Neuve, en 1949, le gouvernement de Terre-Neuve a cédé au gouvernement du Canada la responsabilité de gérer la plus grande ressource alimentaire au monde, aux termes des Conditions de l’union, ce qui, à mon humble avis, a constitué une grave erreur.
Au cours des années qui ont suivi, quelle que soit la couleur politique du gouvernement d’Ottawa, les poissons de Terre-Neuve ont servi de monnaie d’échange dans les négociations commerciales et, dans de nombreux cas, ils ont été cédés à des pays étrangers en échange de la création d’emplois dans diverses régions du Canada. C’est ainsi qu’en juillet 1992, John Crosbie a annoncé un moratoire sur la pêche à la morue, ce qui a fait en sorte que, du jour au lendemain, 40 000 Terre-Neuviens ont perdu leur gagne-pain, ce qui équivaudrait à 600 000 Ontariens.
Alors que nous commençons à travailler avec de nouveaux partenaires commerciaux, vu les droits de douane imposés par Donald Trump, le gouvernement peut-il garantir à la population de Terre-Neuve-et-Labrador que leurs poissons ne se retrouveront pas à la table de négociation cette fois-ci et qu’ils ne seront pas sacrifiés pour créer des emplois dans d’autres provinces?
Je vous remercie de la question. En tant que représentant du gouvernement au Sénat et ancien vice-président du Comité des pêches et des océans — où j’ai beaucoup appris et où j’ai eu le privilège de travailler avec vous, sénateur Manning —, je peux vous assurer que le gouvernement s’efforcera de protéger tous les secteurs de notre économie et toutes les régions lorsqu’il engagera des discussions avec ses partenaires commerciaux actuels et potentiels.
Je profite également de l’occasion pour souligner que j’ai appris que vous avez été nommé encore une fois président du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans. Je pense que c’est un record — 14 ans, si je ne me trompe pas, dans la même fonction —, en plus d’être la preuve des qualités que vous possédez pour occuper ce poste. Je l’ai d’ailleurs constaté directement en tant que vice-président. Merci de votre question.
On croirait entendre le renard parler au corbeau. Le moratoire sur la pêche à la morue de 1992 a non seulement causé la perte de 40 000 emplois du jour au lendemain, mais il a également entraîné la perte d’un mode de vie, d’une partie de notre culture et de notre patrimoine, dont nous, les Terre-Neuviens, sommes si fiers.
Monsieur le leader, demanderez-vous aux membres du gouvernement, à la ministre des Pêches et aux autres ministres concernés, d’inclure Terre-Neuve-et-Labrador dans les discussions lorsqu’il sera à nouveau question du poisson ou de tout autre dossier touchant notre province dans le cadre des négociations?
Monsieur le sénateur, je serai ravi de le faire, et j’ajouterai à ma demande qu’ils m’envoient à Terre-Neuve, à mes frais, afin de vérifier que c’est bien le cas.